AES-Russie : derrière l’entente diplomatique à l'ONU, des défis sécuritaires persistants

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et leur homologue russe Sergueï Lavrov se sont rencontrés le 24 septembre à New York, en marge de la semaine de haut niveau de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
Les échanges ont notamment porté sur l’appui de Moscou aux armées de l’AES et sur l’accompagnement de la mise en place de la force unifiée de la Confédération.
Les responsables ont également réaffirmé leur volonté de « diversifier et renforcer » la coopération entre les deux parties et leur convergence de vues autour de la construction d’un ordre mondial multipolaire.
Les discussions ont également ont abordé les évolutions géopolitiques concernant les pays de la Confédération.
Moscou évoque une coopération dans plusieurs domaines
Dans son compte rendu, le ministère russe des Affaires étrangères indique que Sergueï Lavrov a reçu les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger dans le cadre du dialogue Russie-AES.
Selon la diplomatie russe, les discussions étaient axées sur un « large éventail de questions » dans plusieurs domaines prioritaires de la coopération politique, économique, financière, des transports, de la logistique et de l’information.
Moscou précise que ces échanges doivent notamment contribuer à la préparation des événements du troisième sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou.
Les participants ont également procédé, selon le ministère russe, à un échange de vues sur la situation dans la région Sahara-Sahel. Ils ont réaffirmé leur engagement à renforcer la coordination de leurs politiques étrangères aux Nations unies et sur d’autres plateformes internationales.
Au Mali, une présence russe confrontée à plusieurs attaques
Cette rencontre intervient alors que la situation sécuritaire reste tendue dans le nord du Mali, où opère Africa Corps, la structure rattachée au ministère russe de la Défense ayant pris le relais de Wagner après la mort d’Evguéni Prigojine en 2023.
Depuis le 25 avril 2026, une série d’attaques menées par le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a notamment permis au FLA de reprendre le contrôle de Kidal, perdu en novembre 2023 face aux forces maliennes et à leurs partenaires russes.
Début juillet, une nouvelle série d’attaques avait également touché plusieurs localités du nord du pays. Les combats avaient notamment concerné le secteur d’Anéfis, où les forces maliennes et leurs partenaires russes étaient engagés face à la coalition FLA-JNIM. À Kaka, plusieurs membres d'Africa Corps ont été dans une attaque revendiquée par le JNIM qui est également responsable de l'offensive meurtrière contre Dioula, dans la région de Mopti. Le bilan revendiqué par le groupe armé s'élève à plus de 100 morts dans les rangs de l'armée.
Un convoi logistique russe parti de Lomé avait alors transité par la zone pour ravitailler les positions maliennes et russes, après plusieurs jours d’affrontements.
La coopération avec Moscou demeure, pour Bamako, un élément important de son dispositif militaire face aux groupes armés actifs dans le nord et le centre du pays.
Au Niger, des attaques malgré le rapprochement avec Moscou
Au Niger, la présence d’Africa Corps a également marqué les développements sécuritaires récents.
L’enquête consacrée au BSR-COS, l’unité de forces spéciales impliquée dans la mutinerie des 28 et 29 août à Niamey, avait notamment documenté le rapprochement engagé entre Niamey et Moscou après le coup d’État de 2023 et le déploiement d’Africa Corps en remplacement de Wagner.
Le pays reste toutefois confronté à des attaques de groupes armés. Au cours de l’année, l’État islamique au Sahel et le JNIM ont revendiqué ou été impliqués dans plusieurs opérations visant notamment des positions militaires et des infrastructures sécuritaires nigériennes.
i-Sahel





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