Algérie–Niger : un nouvel accord militaire dans une coopération en pleine accélération
L’Algérie et le Niger ont signé mercredi 21 octobre un protocole d’accord dans le domaine de la coopération militaire, à l’occasion d’une nouvelle visite à Alger du ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Modi. Cette rencontre intervient après plusieurs mois de renforcement des relations sécuritaires entre les deux pays, marqué notamment par la livraison d’équipements militaires et le déploiement de chasseurs algériens à Niamey.

Le général Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a reçu, mercredi, le général Salifou Modi au siège de l’état-major algérien, à la tête d’une délégation militaire de haut rang. Selon le ministère algérien de la Défense, cette visite s’inscrit dans le prolongement d’un précédent déplacement du responsable nigérien.
Saïd Chanegriha a réaffirmé la disponibilité de l’armée algérienne à examiner toute proposition nigérienne susceptible de renforcer la coopération militaire et sécuritaire bilatérale. Il a évoqué une volonté commune de relever les défis auxquels les deux pays sont confrontés. De son côté, Salifou Modi a salué le niveau de coordination entre les armées algérienne et nigérienne.
La signature du protocole d’accord constitue une nouvelle étape institutionnelle dans cette relation militaire.
Des livraisons militaires au soutien opérationnel
Le 9 août 2026, l’Algérie a remis à l’armée nigérienne quatre hélicoptères, deux Mi-24V et deux Mi-171, accompagnés de munitions, de pièces de rechange et d’équipements de maintenance et de soutien logistique.
Quelques semaines plus tard, le 30 août, quatre chasseurs algériens Su-30 sont arrivés à Niamey, avec un avion de transport Il-76 et un ravitailleur Il-78. Alger a présenté ce déploiement comme une mission de soutien à l’armée nigérienne, après les événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août sur la base aérienne 101. Les autorités nigériennes ont indiqué que cette assistance avait été sollicitée par Niamey.
Le président nigérien Abdourahamane Tiani avait ensuite remercié son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune pour le soutien apporté durant cette période.
Une coopération qui dépasse le domaine militaire
Le rapprochement entre les deux pays s’étend également à l’énergie, aux télécommunications et aux infrastructures.
En février 2026, Abdourahamane Tiani s’était rendu en Algérie. Cette visite avait été suivie, en mars, par la tenue de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne. En juin, une centrale électrique de 40 mégawatts financée dans le cadre de la coopération bilatérale avait été inaugurée au Niger.
Le 8 septembre, plusieurs conventions avaient été signées à Niamey dans le secteur des télécommunications, notamment entre Algérie Télécom et Niger Télécom. Elles prévoyaient entre autres un don de matériel de transmission et portaient également sur le développement de la liaison transsaharienne à fibre optique.
Le Niger a maintenu ses relations avec Alger malgré la crise avec Bamako
Cette intensification des relations algéro-nigériennes contraste avec la crise diplomatique qui a opposé Alger et Bamako à partir du printemps 2025, après la destruction d’un drone malien à Tinzaouaten. Les tensions avaient notamment conduit les pays de l’Alliance des États du Sahel à rappeler leurs ambassadeurs accrédités en Algérie en avril 2025.
Alors que les relations entre l’Algérie et le Mali se sont progressivement normalisées en juillet 2026, le Niger avait poursuivi ses échanges avec Alger pendant cette période.
La rencontre du 21 octobre et la signature du nouveau protocole militaire s’inscrivent ainsi dans une coopération algéro-nigérienne consolidée au fil des visites officielles, des transferts d’équipements et des initiatives économiques. Elles témoignent de la volonté des deux pays de poursuivre ce rapprochement dans un contexte régional marqué par les défis sécuritaires au Sahel.
i-Sahel






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