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Après Kidal, le Mali veut consolider son partenariat sécuritaire avec la Türkiye

il y a 1 heure
4 min de lecture

Le Mali veut approfondir sa coopération sécuritaire avec la Türkiye, notamment dans les domaines de la formation, du renseignement, du maintien de l’ordre et des équipements destinés aux forces de sécurité.


Cette volonté a été exprimée jeudi 22 octobre 2026 à Bamako, lors d’une rencontre entre le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Daoud Aly Mohammedine, et l’ambassadeur turc, Efe Ceylan.


Les échanges interviennent après la reprise de Kidal par l’armée malienne au début du mois, dans un contexte où les équipements turcs occupent une place croissante dans les capacités militaires du pays. La rencontre porte toutefois plus largement sur le renforcement des moyens des forces de sécurité et la protection des populations.


Formation, renseignement et maintien de l’ordre


Selon le compte rendu du ministère malien de la Sécurité et de la Protection civile, l’ambassadeur turc a réaffirmé le soutien de son pays au Mali dans sa lutte contre le terrorisme. Il a également présenté ses condoléances à la suite des pertes en vies humaines enregistrées parmi les populations civiles et les forces armées et de sécurité.


Efe Ceylan a salué les efforts des autorités maliennes face aux défis sécuritaires. Il a notamment félicité le ministre pour la gestion de la crise du carburant et les mesures prises pour sécuriser les convois de camions-citernes. Le diplomate a également salué le retour de l’armée malienne à Kidal, qu’il a présenté comme un symbole du rétablissement de l’autorité de l’État.


De son côté, Daoud Aly Mohammedine a souligné l’importance de l’expérience et de l’expertise turques pour renforcer les capacités opérationnelles des forces armées et de sécurité maliennes. Il a cité plusieurs domaines dans lesquels Bamako souhaite intensifier les échanges avec Ankara : la formation, le renseignement, le maintien de l’ordre, les équipements ainsi que la protection des personnes et de leurs biens.


Ces priorités concernent directement les missions du ministère de la Sécurité et de la Protection civile. Elles couvrent aussi bien les moyens opérationnels que les compétences nécessaires pour prévenir les menaces, recueillir du renseignement et assurer la sécurité des populations.


L’ambassadeur turc a, par ailleurs, exprimé le souhait de voir le ministre malien effectuer prochainement une visite officielle en Türkiye. Une telle visite pourrait permettre de préciser les perspectives de coopération entre les deux pays, dont le partenariat couvre déjà plusieurs domaines civils et militaires.


Les drones turcs dans les opérations autour de Kidal


La coopération entre Bamako et Ankara comprend également un volet consacré aux équipements militaires. Le Mali a acquis des drones turcs Bayraktar TB2 et Akıncı, également utilisés par d’autres pays du Sahel.


Les autorités maliennes ont réceptionné des drones Akıncı à Sévaré en juillet 2026, alors que l’armée malienne et ses partenaires russes faisaient face à des assauts répétés dans le nord du pays, notamment à Aguelhoc et Anéfis. En avril, une offensive menée par le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) avait notamment conduit au départ des forces maliennes et russes de Kidal, passée sous le contrôle de cette coalition.


Début octobre, les forces maliennes et leurs partenaires russes sont revenues dans la ville, après plusieurs mois de contrôle par le FLA et le JNIM. Des drones Akıncı ont été employés dans la campagne aérienne précédant cette reprise, aux côtés d’autres moyens militaires. Ces appareils ont contribué aux opérations menées pour reprendre cette ville stratégique du nord du Mali.


Les frappes aériennes menées par l’armée malienne font toutefois l’objet de contestations de la part des organisations ciblées. Le FLA et le JNIM accusent les forces maliennes de viser des installations civiles plutôt que leurs positions combattantes.


L’utilisation des drones turcs illustre ainsi la place prise par ces équipements dans les opérations militaires maliennes, dans un contexte où les moyens aériens sont de plus en plus mobilisés et où la question des cibles visées demeure contestée.


Après le Burkina Faso, Ankara poursuit ses échanges au Sahel


La rencontre de Bamako intervient deux jours après les consultations entre la Türkiye et le Burkina Faso, tenues le 20 octobre à Ankara et rapportées jeudi par i-Sahel. À cette occasion, les autorités burkinabè ont plaidé pour un renforcement des partenariats avec les pays de la Confédération des États du Sahel (AES), tandis que la partie turque a exprimé le souhait de conclure un accord de défense et de sécurité avec Ouagadougou.


Les discussions entre Ankara et Bamako se distinguent par l’accent mis sur les missions du ministère malien de la Sécurité et de la Protection civile, notamment le renseignement, la formation, le maintien de l’ordre et la protection des personnes et de leurs biens. Elles s’inscrivent néanmoins dans une dynamique régionale de développement des relations sécuritaires entre la Türkiye et les pays sahéliens.


Pour Bamako, l’enjeu est de renforcer les moyens et les compétences de ses forces de sécurité, alors que les autorités poursuivent leurs efforts pour répondre aux menaces terroristes et améliorer la protection des populations.


i-Sahel

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