Burkina Faso : Ibrahim Traoré critique la « mauvaise compréhension » des religions
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- il y a 2 jours
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Lors de la Journée de l’Excellence, le président burkinabè Ibrahim Traoré a consacré une partie de son intervention à la foi, à la religion, au travail et à la connaissance. Il a appelé la jeunesse à « changer de paradigme » et a critiqué ce qu’il présente comme une « mauvaise compréhension » et un « mauvais enseignement » des religions.
« Moi, je crois en Dieu »
Le capitaine Ibrahim Traoré a commencé cette partie de son intervention en reconnaissant que le sujet pouvait être sensible.
Il a demandé aux croyants comme aux athées de l’écouter, estimant qu’aucun sujet ne devait être considéré comme tabou lorsqu’il s’agit de transmettre un message à la jeunesse.
« Moi, je crois en Dieu », a-t-il déclaré, affirmant croire que Dieu est à l’origine du monde et de la vie.
Pour développer son propos, il a évoqué notamment l’origine de la vie, la complexité de l’ADN et le LUCA (Last Universal Common Ancestor), le dernier ancêtre commun universel. Selon lui, ces éléments scientifiques conduisent à s’interroger sur l’existence de Dieu.
Une distinction entre foi et religion
Le président burkinabè a ensuite distingué la croyance en Dieu de la religion.
Il a critiqué « la mauvaise compréhension des religions » ainsi que « le mauvais enseignement des religions ». Il a également dénoncé l'utilisation de la religion à des fins politiques ou de domination.
Pour illustrer son propos, Ibrahim Traoré a cité une formule attribuée à l’ancien président kényan Jomo Kenyatta sur l’arrivée des Européens en Afrique.
Selon cette citation, les Africains disposaient des terres tandis que les Européens avaient la Bible. Après avoir appris aux Africains à prier les yeux fermés, les Européens auraient récupéré les terres tandis que les Africains auraient conservé la Bible.
Ibrahim Traoré a invité la jeunesse à réfléchir au sens de cette citation plutôt qu’à simplement la répéter.
« Il faut bosser »
Le chef de l’État burkinabè a également critiqué les enseignements qui, selon lui, conduisent à se concentrer exclusivement sur l’au-delà au détriment de la vie présente.
Il estime que les croyants doivent également travailler à améliorer leurs conditions de vie, leur environnement et celui de leur communauté.
« Il faut bosser », a-t-il lancé à l’adresse de la jeunesse.
Ibrahim Traoré a rappelé que, selon sa conception, Dieu a donné aux êtres humains un cerveau et des capacités physiques qu’ils doivent utiliser.
Il a appelé les jeunes à travailler, à rechercher la connaissance et à mettre leurs capacités au service de leurs familles et de leurs communautés.
Appel à rechercher la connaissance
Ibrahim Traoré a insisté sur la nécessité pour les jeunes de continuer à apprendre et à se perfectionner.
Il les a exhortés à ne pas attendre des miracles, mais à faire des efforts et à persévérer. « Tant que vous ne vous battez pas, Dieu ne vous accompagne pas », a-t-il déclaré.
Le président burkinabè a également estimé qu’une personne qui ne se rend pas utile à son entourage ne remplit pas le rôle qui lui a été donné.
Il a notamment affirmé que Dieu serait « fâché contre les Noirs », reprochant à ces derniers, dans son propos, de ne pas suffisamment utiliser leur intelligence et de ne pas assez travailler.
Un message aux responsables religieux
Ibrahim Traoré s’est également adressé aux responsables religieux.
Il a critiqué certains guides qui, selon lui, demandent aux jeunes d’attendre uniquement l’intervention de Dieu, alors qu’eux-mêmes bénéficient de conditions de vie confortables.
Il a toutefois salué les prêtres, imams et pasteurs qui travaillent et participent, selon lui, au développement de leurs communautés.
Le président burkinabè a appelé les responsables religieux à encourager les jeunes à travailler, à apprendre et à contribuer à la société.
« Changez de paradigme »
En conclusion de cette partie de son intervention, Ibrahim Traoré a appelé la jeunesse à « changer de paradigme ».
Il l’a exhortée à aimer son pays, à travailler pour lui, à rechercher la connaissance et à utiliser ses capacités pour contribuer au développement de la société.
i-Sahel




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