L'EIS revendique 400 morts dans les rangs du JNIM dans la région des trois frontières
L’État islamique au Sahel affirme avoir tué plus de 400 combattants du JNIM lors d’affrontements dans le nord du Burkina Faso. Ces combats interviennent dans la zone des trois frontières, où les deux organisations s’affrontent également au Mali, notamment dans le secteur de Tessit.

L’État islamique au Sahel (EIS) affirme avoir infligé de lourdes pertes au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, lors de violents affrontements dans la province de l’Oudalan, dans la région du Sahel, au nord du Burkina Faso.
Dans un compte rendu relayé par son agence de propagande Amaq, le groupe fait état d’au moins 400 combattants du JNIM tués, dont des commandants de terrain.
Selon cette version, les combats se sont déroulés vendredi dernier dans le village de Ganadaouri. Les combattants de l’EIS auraient repoussé une offensive de grande ampleur du JNIM, au terme d’affrontements d’environ une heure et demie.
Le groupe affirme que les pertes les plus importantes ont été enregistrées pendant la poursuite des combattants en fuite. Amaq fait également état d’importantes pertes matérielles.
Selon le bilan revendiqué, l’EIS aurait incendié 300 motos et saisi un véhicule, plus de 460 mitrailleuses de différents types, 13 lance-roquettes et 104 autres motos.
A noter que pour illustrer sa revendication, diffusée par son agence Amaq, l’EIS a utilisé une image datant de 2019.
Des affrontements dans plusieurs secteurs de la zone des trois frontières
L’Oudalan, dans le nord du Burkina Faso, se situe dans la zone des trois frontières, théâtre des affrontements entre le JNIM et l’EIS. Les combats annoncés dans cette province interviennent alors que les deux organisations s’affrontent également dans le secteur de Tessit, dans la région de Gao, au nord-est du Mali.
Dans notre article Mali : que sait-on des affrontements entre le JNIM et l’EIS dans la zone de Tessit ?, nous rapportions une importante mobilisation des deux organisations, sur la base de témoignages recueillis auprès de plusieurs interlocuteurs. Les informations disponibles ne permettaient alors ni d’établir un bilan des pertes ni de déterminer lequel des deux camps prenait l’avantage.
Selon des sources d’i-Sahel, des affrontements avaient également été signalés au-delà du secteur de Tessit, dans au moins deux autres localités dont les noms n’ont pas été précisés. Ces informations suggèrent que les combats ne se limitent pas au seul secteur de Tessit.
Un observateur des conflits sahéliens évoquait notamment le déploiement de plusieurs katibas du JNIM, dont celle de Serma, ainsi que de combattants venus du Burkina Faso et du nord de Kidal. Une source proche du Front de libération de l’Azawad (FLA) indiquait également que les combats se poursuivaient, tout en soulignant le peu d’informations disponibles sur leur déroulement.
Une rivalité suivie par i-Sahel depuis plusieurs mois
Les affrontements dans l’Oudalan s’inscrivent dans une rivalité plus large entre les deux organisations, documentée par i-Sahel dans son enquête JNIM–EIS : les secrets d’une guerre dans une guerre. Le recensement des communiqués des deux groupes entre août 2025 et août 2026 avait permis d’identifier 11 revendications de l’EIS contre le JNIM et cinq du JNIM contre l’EIS dans le corpus étudié.
Cette confrontation s’est également manifestée dans la région de Dori, au Burkina Faso, où les rivalités entre les deux groupes ont notamment été marquées par des affrontements entre cadres et des représailles, comme le détaille cette analyse de i-Sahel.
Le 27 septembre 2026, l’EIS avait également revendiqué une attaque contre une « milice d’Al-Qaïda » près d’Adiora, dans la région de Tombouctou, au Mali. L’organisation affirmait avoir tué un combattant adverse, mis les autres en fuite et récupéré du matériel.
À ce stade, le JNIM n’a pas encore communiqué sur les combats annoncés dans l’Oudalan par l’EIS ni dans la.zone de Tessit.
i-Sahel






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