CEDEAO : le Nigeria plaide pour une coopération sécuritaire et un dialogue renouvelé avec l'AES
À Freetown, le Nigeria a appelé la CEDEAO à maintenir le dialogue avec les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES), tout en défendant une approche plus offensive contre le terrorisme. Cette position intervient alors que plusieurs signaux témoignent d'un réchauffement progressif des relations entre l'organisation ouest-africaine et les trois États sahéliens.

Réuni le 15 juillet à Freetown, en Sierra Leone, à l'occasion de la 56ᵉ session du Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO, le Nigeria a appelé les États membres à conjuguer fermeté dans la lutte contre le terrorisme et maintien du dialogue avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
S'exprimant devant ses homologues, le ministre d'État nigérian aux Affaires étrangères, l'ambassadeur Sola Enikanolaiye, a défendu une stratégie de « guerre totale » contre le terrorisme, la criminalité transnationale, la piraterie et le banditisme. Il a également plaidé pour la mise en place de « mécanismes innovants et efficaces » afin de poursuivre les échanges avec les États de l'AES ainsi qu'avec la Guinée.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une évolution des relations entre la CEDEAO et les trois pays sahéliens, qui ont quitté l'organisation régionale pour former leur propre confédération. Depuis plusieurs semaines, plusieurs initiatives diplomatiques et sécuritaires traduisent un rapprochement entre certains États membres de la CEDEAO et les autorités de l'AES.
Le Bénin a notamment renoué les contacts avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Cette dynamique s'est récemment traduite par une patrouille conjointe entre les armées béninoise et burkinabè le long de leur frontière commune, une première depuis plusieurs années.
Parallèlement, le Nigeria et le Mali ont annoncé la relance de leur coopération bilatérale, tandis que le Niger et le Bénin poursuivent leurs discussions en vue de la réouverture de leur frontière commune.
Ces évolutions interviennent à quelques jours de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO, prévue le 19 juillet à Freetown. Selon plusieurs observateurs, ce sommet pourrait marquer une nouvelle étape dans la recomposition des relations entre l'organisation régionale et les États de l'AES, alors que plusieurs capitales privilégient désormais un dialogue pragmatique sur les questions de sécurité.
Au-delà de la question sahélienne, le chef de la diplomatie nigériane a réaffirmé l'engagement de son pays contre le terrorisme, mettant en avant les récentes opérations ayant permis la libération d'otages et l'arrestation de suspects grâce à une meilleure coordination entre les services de sécurité. Il a également confirmé les préparatifs des élections générales de 2027 et appelé la CEDEAO à adopter une position commune face aux violences visant des ressortissants africains en Afrique du Sud.
Par son intervention, Abuja apparaît comme l'un des principaux promoteurs d'une approche combinant coopération sécuritaire renforcée et maintien des canaux de dialogue avec les États sahéliens, dans un contexte où la lutte contre les groupes armés demeure un enjeu partagé de part et d'autre des frontières régionales.
i-sahel





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