CEDEAO : les principales décisions du 69e Sommet entre intégration régionale, sécurité et réforme institutionnelle
Réunis le 19 juillet 2026 à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont adopté une série de décisions couvrant les domaines économique, sécuritaire, institutionnel et politique. Du lancement de la monnaie unique ECO à la lutte contre le terrorisme, en passant par les relations avec l'Alliance des États du Sahel (AES), le communiqué final fixe les grandes orientations de l'organisation pour les prochains mois.

Les dirigeants ouest-africains ont adopté, dimanche 19 juillet à Lungi, le communiqué final de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO. Le document, particulièrement dense, définit les principales priorités de l'organisation en matière d'intégration économique, de paix, de sécurité, de gouvernance et de coopération régionale.
Parmi les décisions les plus attendues figure la confirmation du lancement de la monnaie unique ECO en 2027. La Conférence a précisé que cette première phase concernera les États membres satisfaisant aux critères de convergence, tandis qu'un accompagnement sera assuré aux autres pays afin de faciliter leur adhésion ultérieure. Les chefs d'État ont également demandé la poursuite des consultations entre les banques centrales et l'enregistrement de la marque « ECO » auprès des organismes internationaux compétents.
Sur le plan financier, les États membres ont été exhortés à régulariser les arriérés liés au prélèvement communautaire, principale source de financement de la CEDEAO. La Commission a reçu pour mandat de proposer des mécanismes destinés à garantir un financement durable des programmes et institutions de la Communauté.
Face aux défis alimentaires, la Conférence a appelé au renforcement des mécanismes régionaux de sécurité alimentaire et à l'accélération de la feuille de route sur le développement de la filière rizicole, avec l'objectif de réduire la dépendance aux importations et de renforcer la souveraineté alimentaire de l'Afrique de l'Ouest.
Les chefs d'État ont également réaffirmé leur attachement au principe de libre circulation des personnes et des biens, présenté comme l'un des acquis majeurs de l'intégration régionale. Dans ce contexte, ils ont insisté sur la nécessité de préserver la mobilité régionale dans le cadre des discussions engagées avec les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES).
En matière de commerce et d'infrastructures, la Conférence a demandé aux États membres d'éviter la conclusion d'accords commerciaux susceptibles de fragiliser l'union douanière de la CEDEAO. Elle a également chargé la Commission d'élaborer un portefeuille de projets régionaux prioritaires dans les domaines des transports, de l'énergie, des infrastructures hydrauliques et de la connectivité numérique afin d'attirer davantage d'investissements.
Le volet numérique occupe également une place importante dans les décisions adoptées. Les dirigeants ont approuvé un Acte additionnel révisé sur la protection des données à caractère personnel ainsi que la création d'un mécanisme régional de coordination de la cybersécurité. Une déclaration présidentielle sur la promotion de la représentation politique des femmes au sein des États membres a également été adoptée.
Sur le plan politique, la Conférence a examiné plusieurs situations nationales, notamment en Guinée-Bissau et en Sierra Leone, tout en réaffirmant son engagement en faveur de processus électoraux inclusifs, transparents et conformes aux principes démocratiques de l'organisation.
La sécurité est demeurée l'un des principaux sujets du Sommet. Les chefs d'État ont exprimé leur préoccupation face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. Ils ont confirmé l'accélération du processus de mise en service de la force régionale de lutte contre le terrorisme, approuvé une feuille de route pour la brigade antiterroriste et demandé un approfondissement du dialogue avec les pays de l'AES afin de mettre en place un mécanisme pragmatique de coopération sécuritaire.
Concernant les relations avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, les dirigeants ont prorogé jusqu'en décembre 2026 le mandat du négociateur en chef de la CEDEAO, Lansana Kouyaté. Ils ont également réaffirmé que les échanges avec les trois pays se poursuivront exclusivement avec l'AES en tant que bloc unifié, invitant les États membres à ne pas conclure d'accords bilatéraux susceptibles de compromettre la cohésion de l'organisation.
Enfin, le Sommet a approuvé plusieurs nominations au sein des institutions communautaires pour le mandat 2026-2030, dont celle du général sénégalais Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO. Les chefs d'État ont également élu le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement pour un mandat d'un an.
i-sahel





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