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EIS contre JNIM : à Dori, une guerre de cadres et de représailles

13 sept.
3 min de lecture

Dans son hebdomadaire Al-Naba, paru jeudi 10 septembre 2026, l’État islamique au Sahel (EIS) affirme avoir infligé de lourdes pertes au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, lors d’un affrontement à Dori, dans la province du Séno, région du Sahel, dans le nord du Burkina Faso.


Selon la publication de l’État islamique obtenue par i-Sahel, les combats auraient opposé des combattants de l’EIS à des éléments du JNIM. L’organisation affirme que les pertes de son adversaire auraient dépassé 200 morts, dont plusieurs responsables, auxquels s’ajouteraient des dizaines de blessés.


Al-Naba affirme également que plus de 30 combattants auraient été capturés puis tués au cours des affrontements. Les autres éléments du JNIM auraient pris la fuite, abandonnant derrière eux des véhicules, des motos et d’importantes quantités d’armes et de munitions.


L’EIS affirme avoir récupéré quatre véhicules tout-terrain équipés de mitrailleuses, ainsi que plusieurs dizaines de mitrailleuses et de fusils.


Le bilan matériel revendiqué par Al-Naba et exposé dans la revue, comprend notamment 8 mitrailleuses lourdes, 30 mitrailleuses moyennes, 242 fusils, 11 lance-roquettes et un mortier, auxquels s’ajouteraient des quantités de munitions.


L’organisation affirme également avoir saisi environ 200 motos, tandis qu’une centaine d’autres auraient été incendiées sur le lieu des combats.


Des commandants du JNIM auraient été capturés


Une information a par ailleurs fait état de l’arrestation, lors de ces affrontements, du fils de Djafar Dicko, le chef du JNIM au Burkina Faso.


Cette information n’est toutefois pas confirmée par une source contactée i-Sahel. A l'en croire, les personnes qui auraient été capturées sont plutôt deux commandants du JNIM, connus sous les noms de Jabir et Cheick. Notre source n’a pas fourni davantage de détails sur leur identité ou leur sort. Le JNIM n’a pas, à ce stade, communiqué sur ces derniers affrontements avec l’EIS.


L’organisation affiliée à Al-Qaïda avait pourtant communiqué sur plusieurs batailles précédentes l’ayant opposée à l’État islamique au Sahel, notamment pour présenter son propre bilan des combats.


La publication de ces revendications intervient dans un contexte de rivalité persistante entre l’EIS et le JNIM dans la zone des trois frontières et au nord du Burkina Faso. Les deux organisations se livrent depuis plusieurs années à des affrontements directs pour le contrôle des territoires, des populations et des ressources.


Selon plusieurs sources contactées par i-Sahel, l’EIS aurait également cherché, à travers cette nouvelle bataille, à venger plusieurs de ses cadres tués par le JNIM lors d’affrontements précédents.


Ces sources présentent ainsi les combats de Dori comme une opération qui aurait également une dimension punitive, visant notamment des éléments du JNIM impliqués dans les précédents affrontements. Cette lecture rejoint une tendance observée au cours de la rivalité entre les deux groupes, notamment la traque et l’élimination de cadres adverses occupent une place croissante dans leur confrontation.


Dans son récit, Al-Naba présente les combats de Dori comme une nouvelle victoire de l’EIS contre son rival affilié à Al-Qaïda. L’hebdomadaire utilise également cet épisode pour appeler les membres du JNIM à quitter ses rangs.


Les affirmations publiées cette semaine par Al-Naba sur les combats de Dori prennent une autre dimension lorsqu’elles sont replacées dans la dynamique documentée par i-Sahel depuis un an.


Entre l’été 2025 et l’été 2026, l’enquête i-Sahel a recensé 11 attaques revendiquées par l’EIS contre le JNIM, contre cinq dans l’autre sens, principalement dans le nord du Burkina Faso, notamment dans le Séno, le Yagha et l’Oudalan.


Cette rivalité dépasse désormais les grandes batailles : élimination de cadres, traque des transfuges et opérations ciblées occupent une place croissante.


Notre enquête sur cette guerre entre l’EIS et le JNIM, ainsi que le rapport de situation qui l’accompagne, restent disponibles pour les abonnés d’i-Sahel Plus. Ils permettent d’aller au-delà des revendications de chaque camp et de retrouver, sur une année, les lieux des affrontements, les évolutions du rapport de force, les méthodes utilisées, les trajectoires de plusieurs cadres et les analyses de spécialistes du jihadisme sahélien.


i-Sahel

 
 
 

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