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Kidal : la reprise racontée par ceux qui l’ont menée

il y a 12 minutes
4 min de lecture

Africa Corps affirme que ses unités et l’armée malienne, avec le soutien du GATIA, ont mené du 1er au 7 octobre une opération pour reprendre Kidal, tenue depuis avril par le FLA et le JNIM. Le gouvernement parle de « consolidation » et le FLA d’un « repli stratégique » sans combat direct. Des sources au sein du GATIA confirment l’entrée des forces loyales dans la ville ce mercredi.




La reprise de Kidal a désormais ses récits officiels. Africa Corps, le gouvernement, l’état-major et un organe de communication gouvernemental ont chacun raconté l’opération à leur manière. En face, le FLA conteste qu’il y ait eu bataille, ionisant sur les acteurs qui ont repris la ville nordiste.


L’armée malienne et ses partenaires russes ont pris position à Kidal, selon plusieurs sources contactées par i-Sahel. Selon des sources au sein du GATIA, qui fait partie du convoi des forces loyalistes dirigé vers la ville, ces forces y sont réellement entrées ce mercredi 7 octobre.


Elles ne l’ont fait qu’après que le génie militaire et les unités de déminage se sont assurés que les rebelles, qui avaient annoncé leur retrait mardi, n’avaient pas laissé de mauvaise surprise sur place. Des vidéos authentifiées par i-Sahel montrent par ailleurs des combattants du GATIA, fidèles au général El Hadj Ag Gamou, gouverneur de Kidal, hisser leur drapeau dans la ville.


Le récit d’Africa Corps




Dans une déclaration publiée le 7 octobre en fin d’après-midi, la structure russe qui se prononce pour la première fois depuis le début des opérations, affirme que des unités de l’armée malienne et d’Africa Corps, « avec le soutien du GATIA », ont mené du 1er au 7 octobre une « grande opération » pour reprendre la ville, qu’elle dit tenue par la « coalition terroriste FLA et JNIM » depuis avril.


Selon la déclaration accompagnée d’une photo de combattants d'AC posant devant le drapeau russes à Kidal, la formation alliée aurait avancé sur plus de 450 kilomètres à partir de Gao, à travers des zones minées et un relief accidenté, en prenant le contrôle de plusieurs localités. L’aviation militaire malienne, celle d’Africa Corps et les forces terrestres auraient infligé « des dommages importants » à l’adversaire à Kidal et dans ses bases arrière, dans les secteurs d’Abeïbara, de Tin-Essako, de Talahandak, de Tinzouatène et de Tessalit.


Africa Corps affirme que « l’alliance terroriste a subi de lourdes pertes et n’a pas pu tenir les positions occupées », et que ses unités de choc sont entrées à Kidal « depuis plusieurs directions, ne laissant aucune possibilité à l’ennemi d’organiser une résistance ». Elle présente la ville comme « l’un des principaux symboles de l’État malien » dans le Nord, et dit que des opérations se poursuivent pour la sécuriser, la déminer et aider la population civile.


Le récit de Bamako




Le gouvernement et l’état-major racontent une opération plus discrète dans ses mots. Dans une série de communiqués diffusés entre le 25 septembre et le 5 octobre, l’état-major avait annoncé plusieurs frappes dans la région de Kidal, dans le cadre de l’opération Dougoukoloko. Le 6 octobre, il parle d’une « offensive d’envergure » et d’opérations aéroterrestres dans la région.


Il évoque plusieurs terroristes « neutralisés » et des véhicules et dépôts logistiques détruits, sans bilan chiffré. Le communiqué du gouvernement, le même jour, parle d’une « consolidation » de la présence des FAMa, « appuyées par leurs partenaires russes », dans la région de Kidal.


Un texte publié le 7 octobre par le Centre d’information gouvernementale du Mali (CIGMA), est plus explicite. Images de soldats maliens, il situe le début de l’opération au dimanche 4 octobre et décrit des opérations aéroterrestres dans les secteurs de Kidal, d’In-Tassik, de Tin-Assalak et d’Abéïbara, qui auraient abouti à un « encerclement » de la ville sur certains de ses axes. Il parle d’un « siège brisé » et d’une « défaite sans appel pour les groupes terroristes », et affirme que Kidal est « plus que jamais sous le contrôle des FAMa ». C’est le seul de ces textes à parler de « reprise » de la ville.


La réponse du FLA


Après l'entrée des forces loyales, le porte-parole du FLA a réagi ce mercredi sur ses réseaux sociaux, dans deux publications. Dans la première, il écrit : « Après le retrait du FLA de Kidal, chacun cherche coûte que coûte à brandir son torchon », en visant un élément des Forces aérospatiales russes, « venu de Sibérie pour restaurer la soi-disant souveraineté malienne ».


Dans la seconde, accompagnée de plusieurs images de soldats russes d'Africa Corps à Kidal, il affirme que le mouvement est « confronté à l'armée de la deuxième puissance militaire mondiale » et que la force « se mesure aussi à la conviction, à la détermination, à l'endurance et à la parfaite connaissance de son propre terrain ». Il ajoute que « dans les batailles comme dans les retraits, nos hommes ont prouvé qu'ils savent rester maîtres de leur décision, préserver leurs forces et imposer leur propre rythme à l'adversaire ». Le message se conclut par une mise en garde adressée à « l'ennemi », invité à se « préparer à un lendemain difficile et obscur », avec l'avertissement que ses soldats pourraient être « évacués entassés dans des camions ».


Kidal avait été reprise en novembre 2023 par l’armée malienne, appuyée par Wagner, après dix ans d’absence de l’État. À la faveur des attaques coordonnées du 25 avril 2026, le FLA et ses « partenaires » du JNIM avaient repris la ville, chassant l’armée et Africa Corps, qui a remplacé Wagner depuis 2025. Cinq mois plus tard, la ville change de nouveau de mains.


i-Sahel

 

 

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