Kidal aux mains de l'armée malienne
Après des semaines de frappes et de mouvements de convois, la bataille de Kidal annoncée par plusieurs acteurs n'a pas eu lieu, selon le FLA. Le mouvement annonce un « repli stratégique et maîtrisé » de la ville, tandis que l'armée malienne et ses partenaires russes en ont pris le contrôle, selon plusieurs sources contactées par i-Sahel. Au moment de la publication, ni l'armée, ni le gouvernement, ni Africa Corps n'avaient communiqué.

L'armée malienne et ses partenaires russes ont pris le contrôle de Kidal, selon plusieurs sources contactées par i-Sahel.
Au moment de la publication de cet article, ni l'armée malienne, ni le gouvernement malien, ni Africa Corps n'avaient communiqué sur la reprise de la ville. La dernière communication de l'état-major remonte à ce matin : dans un communiqué daté du 6 octobre, il annonçait que les Forces armées maliennes (FAMa) et « leurs partenaires Russes » avaient engagé des « opérations aéroterrestres d'envergure dans la région de Kidal », sans annoncer la prise de la ville.
Un « repli stratégique et maîtrisé », selon le FLA
Le Front de libération de l'Azawad (FLA) a lui-même annoncé son départ. Dans un communiqué, daté de Kidal le 6 octobre et signé de son porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, le mouvement indique que son commandement militaire « décide de procéder à un repli stratégique et maîtrisé de ses forces de la localité de Kidal ».
Le FLA justifie cette décision par « les risques croissants pesant sur les rares populations civiles encore présentes dans la ville », du fait de « l'utilisation disproportionnée de vecteurs aériens » par ce qu'il appelle « les mercenaires russes de l'Africa Corps et les Forces terroristes de la junte militaire de Bamako ». Il affirme que les frappes aériennes ont « détruit l'essentiel des infrastructures publiques et civiles » et « compromettent des vies humaines innocentes, systématiquement visées par le régime de Bamako ».
Un retrait « sans combat direct », selon le mouvement
Le FLA présente ce retrait comme « une mesure opérationnelle temporaire », destinée aussi à « préserver intactes ses capacités humaines et logistiques ». Il affirme que le retrait « s'est opéré sans qu'aucun combat direct n'ait encore opposé ses forces à l'ennemi », et accuse l'armée d'éviter « des contacts terrestres immédiats ».
Le mouvement assure que sa lutte « se poursuivra avec constance et détermination » et que « les mercenaires russes seront confrontés à la détermination des fils de l'Azawad ». Il se dit « résolu à poursuivre son combat politique de libération de l'Azawad ». Le communiqué ne mentionne pas le JNIM, pourtant présenté comme un partenaire lors de la reconquête de la ville le 25 avril dernier. La coalition jihadiste n'a pas encore réagi à la reprise de Kidal par Bamako.
Une issue que laissaient entrevoir plusieurs sources
Cette issue était évoquée par certaines des sources contactées ces dernières heures par i-Sahel. Une source proche du FLA se disait résignée à la perte de la ville et jugeait que faire face à ce convoi « composé à 80 % de Russes » n'était « pas stratégique ». Une autre estimait que prendre Kidal ne serait pas « une promenade de santé » et que les combattants du FLA et du JNIM étaient bien en place pour la défendre. Le porte-parole du FLA avait lui-même déclaré que, même si l'armée malienne et les Russes « parviennent à y entrer prochainement, ils la quitteraient de la même manière qu'ils l'ont quittée le 25 avril dernier ».
L'armée avait multiplié les opérations aériennes dans la région. Dans une série de communiqués diffusés entre le 25 septembre et le 5 octobre, dans le cadre de l'opération Dougoukoloko, l'état-major général des armées avait annoncé plusieurs frappes menées dans la région de Kidal.
Kidal avait été reprise en novembre 2023 par l'armée malienne, appuyée par Wagner, après dix ans d'absence. À la faveur des attaques coordonnées du 25 avril 2026, le FLA et ses « partenaires » du JNIM avaient repris la ville, chassant l'armée et Africa Corps, qui a remplacé Wagner depuis 2025. Plus de cinq mois plus tard, la ville change de mains sans que la bataille annoncée n'ait été livrée, selon le FLA.
i-Sahel






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