Mali : après les libérations, le FLA renvoie Bamako à la question des prisonniers
- Infos du Sahel

- il y a 11 heures
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Quelques jours après plusieurs opérations de libération de militaires maliens, le Front de libération de l’Azawad (FLA) remet la question des détenus au centre de l’attention. Dans une vidéo de 4 minutes et 20 secondes publiée vendredi, montrant deux d'entre eux, des militaires maliens toujours détenus par le mouvement appellent directement les autorités de Bamako à poursuivre leurs démarches pour obtenir leur libération.
Parmi eux, Yaya Koulibaly, qui se présente comme commissaire divisionnaire de la Police nationale du Mali, affirme avoir été arrêté avec plusieurs de ses camarades le 25 avril 2026 à Kidal.
Cette date renvoie à une séquence militaire majeure dans le nord du Mali. Le 25 avril, le FLA et le JNIM avaient mené une attaque coordonnée contre les positions de l'armée malienne et de ses partenaires russes de l'Africa Corps à Kidal, permettant aux deux mouvements de reprendre le contrôle de la ville, perdue par les groupes armés en novembre 2023 après la reprise de Kidal par les FAMa et leurs partenaires russes.
L'opération de Kidal s'inscrivait dans une série d'attaques menées le même jour dans plusieurs localités maliennes. Cette offensive avait marqué une nouvelle étape dans la coopération entre le mouvement rebelle et le groupe jihadiste, jusque-là présentée de manière plus prudente dans leurs communications respectives.
La séquence avait également touché Kati, ville située à proximité de Bamako et abritant d'importantes installations militaires. L'attaque contre Kati avait notamment conduit à la mort du ministre malien de la Défense, Sadio Camara, selon les éléments rapportés sur cette offensive.
L'arrestation de Yaya Koulibaly et de ses camarades s'inscrit donc dans les conséquences directes de cette offensive du 25 avril, qui avait marqué un tournant dans le conflit en confirmant la capacité du FLA et du JNIM à mener des actions coordonnées contre les forces maliennes et leurs partenaires.
« Ne nous oubliez pas »
Plusieurs mois après cette offensive, le sort des militaires capturés reste ainsi lié à cette opération d'envergure.
Dans la vidéo, Yaya Koulibaly affirme que les détenus sont en vie, correctement traités, nourris et qu'ils reçoivent des soins lorsque cela est nécessaire.
Mais l'essentiel de son message porte sur leur souhait de retrouver leurs familles.
« Nous sommes des militaires maliens, des fils, des frères et des pères de famille qui souhaitent simplement retrouver les leurs », déclare-t-il.
La récente libération de leurs camarades a, selon lui, fait naître « un profond espoir » parmi ceux qui restent détenus.
Il adresse alors un appel direct aux autorités maliennes : « Ne nous oubliez pas. »
Les détenus demandent à Bamako de faire de leur libération une priorité et de renforcer son implication en utilisant « tous les moyens politiques, diplomatiques et humanitaires possibles ».
Une nouvelle pression sur le dossier des prisonniers
Cette prise de parole intervient après une série de libérations qui avait marqué les derniers jours.
Le FLA avait notamment annoncé la libération de 88 militaires maliens et de deux anciens combattants de Wagner, avant l'échange du 28 août ayant permis la remise en liberté de 62 autres militaires maliens, en contrepartie notamment du cadre du mouvement Inkinane Ag Attaher.
Ces opérations ne relevaient pas du même processus. Les 88 militaires avaient été libérés pour des motifs présentés comme « strictement humanitaires ». La libération des deux anciens combattants de Wagner était, elle, intervenue après une intervention impliquant le général Saddam Haftar, chef des forces terrestres de l'Armée nationale libyenne.
Malgré ces différentes opérations, plusieurs militaires maliens restent donc détenus.
En donnant directement la parole à certains d'entre eux, le FLA remet leur sort au centre de l'attention et rappelle que la séquence des libérations n'a pas réglé l'ensemble du dossier des prisonniers.
Il est difficile d'établir avec certitude l'objectif poursuivi par le mouvement à travers cette vidéo. Mais sa diffusion peut être interprétée comme une manière de maintenir la question des détenus à l'agenda de Bamako, après les démarches ayant permis les récentes libérations.
Les prisonniers, mais pas la guerre
Le contexte militaire donne une dimension particulière à cette nouvelle séquence.
Quelques jours seulement après les dernières libérations, le secteur d'Aguelhoc, dans la région de Kidal, a de nouveau été marqué par une activité militaire soutenue.
Le 31 août, le FLA a affirmé avoir frappé à l'aide de drones kamikazes et d'obus un camp abritant des éléments des FAMa et du Corps africain russe. Le même jour, le JNIM a revendiqué une attaque au mortier contre un camp situé au sud d'Aguelhoc.
L'État-Major général des Armées maliennes a, de son côté, annoncé des opérations à l'ouest d'Aguelhoc les 30 et 31 août.
Cette chronologie rappelle que les discussions et libérations concernant les prisonniers ne se sont pas accompagnées d'une trêve militaire clairement établie.
La situation illustre ainsi la coexistence de deux dynamiques : d'un côté, des démarches permettant la libération de militaires capturés ; de l'autre, la poursuite des opérations entre les forces maliennes et leurs partenaires et les groupes armés actifs dans le nord.
i-Sahel




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