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Mali : ce que pourrait signifier la présence d'un drapeau Wagner dans le raid du JNIM près de Diabaly

22 sept.
3 min de lecture



Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) affirme avoir repoussé, samedi soir, une patrouille russe à l'est de Diabaly, dans la région de Ségou, à l'aide de tirs de mortier. Le groupe affirme que les combattants russes ont abandonné trois véhicules, dont un blindé, ainsi que des munitions et divers équipements. Parmi les effets présentés comme récupérés figure un drapeau de Wagner.


Cet incident intervient dans une zone qui avait déjà été marquée par plusieurs épisodes de combats. Diabali se situe dans la région de Ségou, non loin de l'axe Bamako-Ségou où le JNIM a revendiqué, ces derniers jours, plusieurs opérations contre des positions maliennes, notamment à Kasséla et à Bla.


La localité avait déjà connu, par le passé, des combats significatifs, ayant été brièvement prise par des groupes jihadistes en 2013 avant l'intervention militaire française. Sa position en fait un point de passage stratégique entre le centre du pays et la capitale.


Wagner, officiellement remplacé par Africa Corps depuis 2025


La présence d'un drapeau de Wagner dans les effets présentés comme récupérés intervient toutefois dans un contexte où le dispositif russe au Mali a officiellement évolué.


Le groupe paramilitaire russe Wagner a officiellement annoncé avoir cessé ses opérations au Mali, son dispositif ayant été repris à partir de 2025 par l'Africa Corps, une structure présentée comme relevant directement du ministère russe de la Défense plutôt que d'une société militaire privée.


Selon des travaux consacrés à son organisation, la chaîne de commandement d'Africa Corps passerait notamment par le vice-ministre russe de la Défense Iounous-Bek Evkourov, tandis que le général Andreï Averianov, associé au renseignement militaire russe (GRU), est identifié par plusieurs sources ouvertes comme l'un des responsables de sa supervision opérationnelle.


Sur le papier, une patrouille russe engagée en 2026 dans la région de Ségou devrait donc relever de l'Africa Corps, et non de Wagner.


Le nom Wagner toujours utilisé par les groupes armés


Cette distinction entre les deux structures n'empêche toutefois pas le nom de Wagner de continuer à être utilisé par les groupes armés pour désigner les forces russes présentes au Mali.

Le JNIM et les rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA) continuent d'utiliser le nom de Wagner pour désigner les forces russes présentes au Mali, qu'il s'agisse ou non d'éléments de l'Africa Corps.


Cet usage a été observé après l'attaque de Kaka, dans la région de Mopti, au cours de laquelle plusieurs membres de l'Africa Corps avaient été tués : dans une vidéo diffusée par le JNIM après cette attaque, des combattants étaient entendus désigner les corps des combattants russes en disant « Wagner ».


Une communication russe plus offensive depuis le 25 avril


Parallèlement à cet usage persistant du nom de Wagner, la communication d'Africa Corps a elle-même évolué depuis plusieurs mois.


Selon une enquête publiée par i-Sahel le 6 septembre 2026, intitulée « Africa Corps : de la présence discrète à la communication assumée dans l'AES », la communication de la structure russe a changé de registre depuis les attaques coordonnées du 25 avril 2026, qui avaient visé simultanément Bamako, Kati, Gao, Kidal et Sévaré.


Avant cette date, Africa Corps communiquait de façon ponctuelle. Depuis le 25 avril, le groupe revendique ouvertement régulierement sur ses opérations.


Dans son communiqué consacré aux événements du 25 avril, Africa Corps affirmait avoir neutralisé plus de 1 000 combattants ennemis, répartis entre Bamako, Gao, Kati et Kidal, et avoir détruit plus d'une centaine de véhicules. Le communiqué affirmait également avoir empêché un « scénario syrien » au Mali, tout en accusant, sans en apporter la preuve, le FLA et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) d'avoir bénéficié du soutien de combattants ukrainiens et européens utilisant des systèmes antiaériens occidentaux de type Stinger et Mistral.


La même enquête relevait une évolution similaire de la communication d'Africa Corps au Burkina Faso, où une vidéo de formation de soldats burkinabè par des instructeurs russes avait été publiée le 16 août 2026, ainsi qu'au Niger, où la structure russe avait confirmé, par le biais de l'ambassadeur de Moscou, son implication dans la reprise de contrôle de la base 101 de Niamey, fin août 2026, après une mutinerie.


Une communication officielle malienne également plus assumée


Cette évolution de la communication d'Africa Corps s'accompagne également d'une progression notable dans la communication officielle malienne sur la présence de ces forces.


Pendant plusieurs années, les autorités maliennes n'avaient pas officiellement reconnu la présence de Wagner sur leur territoire. Les communiqués de l'État-major général des Armées désignent désormais couramment, et depuis plusieurs mois, les éléments de l'Africa Corps sous le terme de « partenaires ».


Ni les autorités maliennes ni les responsables de l'Africa Corps n'avaient réagi à l'annonce du JNIM sur l'incident de Diabaly au moment de la publication de cet article.


i-Sahel

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