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Mali : la Semaine de la Réconciliation face au défi de la sécurité

il y a 6 jours
3 min de lecture


Le Mali a lancé la 5ᵉ édition de la Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE), placée sous le thème « Éducation, culture et réconciliation: bâtir une citoyenneté résiliente pour une paix au sein de l’AES et de la sous-région ».


Cette célébration intervient alors que Bamako continue de mettre en avant le dialogue inter-Maliens, après avoir rompu avec le processus issu de l’Accord d’Alger de 2015, tout en ayant renoué ces dernières semaines avec Alger.


La cérémonie de lancement de la SENARE s’est tenue sous la présidence du Premier ministre Abdoulaye Maïga, qui s’exprimait au nom du président de la Transition, le général Assimi Goïta.


Dans son discours, le chef du gouvernement a présenté la réconciliation comme une « exigence nationale » et une responsabilité collective. Il a appelé les Maliens à placer l’intérêt du pays au-dessus des divisions.


« La réconciliation ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se vit. Elle se transmet. »


Éducation, culture et citoyenneté


Cette 5ᵉ édition met l’accent sur l’éducation et la culture. Les autorités maliennes ont annoncé que les années 2026-2027 seront consacrées à ces deux domaines.


Selon Abdoulaye Maïga, investir dans l’éducation revient à construire les consciences, tandis que la culture permet de préserver ce qui unit les Maliens.


Le Premier ministre a également insisté sur le rôle de la jeunesse dans la construction de l’avenir du pays.


La paix, a-t-il rappelé, ne se construit pas uniquement dans le domaine sécuritaire. Elle doit également prendre forme dans les écoles, les familles, les communautés et les esprits.


Du processus d’Alger au dialogue inter-Maliens


Cette célébration de la réconciliation intervient dans un contexte politique particulier.


Bamako a rompu avec le processus issu de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, signé en 2015 à Alger. Les autorités maliennes ont depuis privilégié le dialogue inter-Maliens, présenté comme le cadre devant permettre de traiter les questions liées à la paix et à la réconciliation à l’intérieur du pays.


Cette orientation s'inscrit dans le discours des autorités en faveur d'un processus conduit par les Maliens eux-mêmes.


Le rapprochement avec Alger


Après une période de forte tension, Bamako et Alger ont toutefois renoué le dialogue.


Dans son suivi de la relation Mali-Algérie, i-Sahel a rapporté que les deux pays avaient annoncé, le 10 juillet 2026, le retour de leurs ambassadeurs respectifs et la réouverture de leurs espaces aériens, mettant fin à quinze mois de rupture diplomatique.


La crise entre les deux capitales avait notamment été déclenchée par la destruction, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, d’un drone de reconnaissance malien à Tinzaouaten. Bamako avait dénoncé un acte d’agression et saisi la Cour internationale de Justice en septembre 2025.


Pendant cette période, le Niger et le Burkina Faso avaient, de leur côté, maintenu et approfondi leurs relations avec Alger. i-Sahel avait notamment relevé la visite d’État d’Abdourahamane Tiani en Algérie en février 2026 ainsi que la poursuite des coopérations entre Alger et Ouagadougou.


Le 24 août, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga s’est ensuite rendu à Alger, nouvelle étape de ce rapprochement. Cette séquence a précédé la visite à Bamako de son homologue algérien, Sifi Ghrieb, le 14 septembre.


Le rapprochement diplomatique avec Alger intervient donc alors que Bamako continue de mettre en avant sa propre approche de la réconciliation nationale et du règlement des différends maliens.


L’AES mise en avant


Dans son discours de lancement de la SENARE, Abdoulaye Maïga a également placé la réconciliation dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES).


Il a évoqué les liens historiques, culturels et sociaux entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ainsi que les défis communs auxquels les trois pays sont confrontés.


Le thème de cette édition associe ainsi directement éducation, culture, réconciliation et paix au sein de l’AES et de la sous-région.


Un appel aux médias et aux réseaux sociaux


Le Premier ministre a par ailleurs appelé les médias et les utilisateurs des réseaux sociaux à faire de la vérité, de la responsabilité et de l’apaisement des exigences permanentes.


Cet appel intervient dans un contexte où la situation sécuritaire reste marquée par des affrontements et par une forte circulation de récits contradictoires.


i-Sahel a notamment suivi les combats d’Anéfis, au cours desquels le JNIM a confirmé sa participation aux côtés du FLA. Les différentes communications des parties n’avaient alors pas pu être vérifiées de manière indépendante.


Dioura, dernier épisode sécuritaire


Le 10 septembre, une position des Forces armées maliennes (FAMa) à Dioura, dans la région de Mopti, a également été attaquée.


Le JNIM, à travers Az-Zallaqa, a revendiqué l’opération et affirmé avoir pris le contrôle de la caserne.


La même position avait déjà été attaquée en mai 2025.


Ces événements interviennent alors que la SENARE entend remettre la réconciliation, la cohésion sociale et la citoyenneté au centre du débat national.


i-Sahel

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