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Mali : un ancien de Wagner affirme que des prisonniers étaient utilisés comme « cobayes » médicaux

il y a 2 jours
3 min de lecture


Un ancien combattant russe supposé ex-membre de Wagner, se présentant comme Vladimir Andreïevitch, également appelé « Alexandre », ou « Sania », affirme, dans une interview diffusée sur la chaîne Telegram ukrainienne « Agent Apostol » (Dmytro Karpenko), un canal fort d'environ 79 000 abonnés, ouvertement engagé dans la guerre psychologique et la collecte de renseignement contre la Russie, avoir été déployé au Mali entre fin septembre 2023 et avril 2024. Sur plus d'une heure d'entretien, dix-sept minutes sont consacrées à son passage au Mali, avec un récit particulièrement détaillé d'exercices de médecine de combat menés, selon lui, sur des prisonniers vivants.


Un détour par la Syrie avant le Mali


Dans son récit, Alexandre indique avoir d'abord transité par une base militaire en Syrie, surnommée « Tank », où lui et d'autres recrues seraient restés deux semaines sans mission, avant de rejoindre le Mali. Il situe ce passage syrien en septembre 2023, au moment de la mutinerie du groupe Wagner, évoquant la brève panique suscitée parmi les combattants après leur qualification temporaire de « terroristes » par Vladimir Poutine, une décision annulée dès le lendemain selon lui.


Il affirme être arrivé au Mali fin septembre 2023 par avion jusqu'à Bamako, où les recrues auraient été réparties entre différents détachements après quelques heures de transit près de l'aéroport.


Un témoignage antérieur à la bascule vers l'Africa Corps


Le passage au Mali décrit par Alexandre se situe à une période où Wagner constituait encore le dispositif russe présent dans le pays même si sa présence n'était pas reconnue officiellement par Bamako. Ce n'est qu'ultérieurement, précisément en 2025 que le groupe s'est officiellement retiré du Mali, cédant la place à l'Africa Corps, structure directement rattachée au ministère russe de la Défense. Son témoignage documente donc la période Wagner proprement dite, antérieure à cette transition institutionnelle.


Des exercices de médecine de combat menés sur des prisonniers


Selon son témoignage, la formation initiale combinait acclimatation et exercices classiques, avant d'aborder un volet de médecine de combat qu'il qualifie lui-même de particulièrement éprouvant. Il affirme que des prisonniers présentés comme des « terroristes » y étaient utilisés comme sujets d'entraînement, sans recours à aucun mannequin.


Il décrit trois cas distincts. Dans le premier, un prisonnier aurait eu la jambe arrachée par une charge explosive avant de recevoir un tir dans l'artère sous l'aisselle ; deux recrues désignées auraient alors dû lui prodiguer les premiers secours, garrot et pansement, sous la supervision des instructeurs. Selon Alexandre, l'homme serait finalement mort de ses blessures après l'exercice, les recrues étant appelées à passer à l'exercice suivant avant l'issue.

Le deuxième cas concernerait un homme présenté comme « à moitié vivant » sous l'effet d'une drogue, sur lequel deux volontaires auraient été invités à démontrer, au couteau, comment atteindre le cœur d'un adversaire. Le troisième prisonnier aurait eu la jambe sectionnée à la hache par les instructeurs eux-mêmes, avant que les recrues ne pratiquent un garrot ; il serait mort d'une hémorragie selon le même récit.


Interrogé sur l'absence de mannequins, Alexandre répond de façon catégorique que les exercices se déroulaient sur des personnes vivantes, et affirme ne pas avoir personnellement participé aux gestes les plus extrêmes, se bornant à observer. Il indique également que ce sujet n'était jamais abordé entre recrues le soir, y compris par ceux qu'il décrit comme des « gars ordinaires » ayant occupé auparavant des emplois civils.


Des missions d'escorte marquées par des pertes


Au-delà de la formation, Alexandre évoque des missions d'escorte de convois des forces locales maliennes, qu'il décrit comme peu armées et dépendantes de l'appui russe face aux engins explosifs artisanaux posés sur les routes. Il rapporte la mort de deux membres de son unité tombés dans une embuscade, ainsi que le suicide d'un autre combattant près de la base, sans en préciser les causes.


Un départ deux mois avant l'embuscade de Tinzaouatène


Alexandre affirme avoir quitté le Mali en avril 2024, à l'expiration de son contrat, après avoir décliné une prolongation. Son départ précède ainsi de deux mois la bataille de Tinzaouatène, survenue fin juillet 2024, au cours de laquelle des combattants du JNIM et du CSP-DPA (devenu depuis le FLA) avaient tendu une embuscade meurtrière ayant fait plusieurs dizaines de morts dans les rangs de Wagner, aux côtés des forces maliennes.


Selon son témoignage, il gagnait environ 240 000 roubles par mois à son arrivée au Mali, puis 260 000 roubles mensuels après être devenu chef de calcul d'un AGS, soit environ 3 000 dollars selon son propre calcul. Il affirme également avoir perçu une indemnité de 100 dollars par mois, et avoir reçu au total environ 2 millions de roubles en liquide à son retour en Russie, remis via un proche mandaté pour transmettre son salaire à sa famille, à qui il avait fait croire qu'il travaillait sur des installations pétrolières, une version maintenue jusqu'à ce que ses parents découvrent ultérieurement la réalité de son déploiement.


i-Sahel

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