Sahel : que sait-on de l'échange de prisonniers entre le Mali, le Niger, le FLA et le JNIM ?
Des vidéos circulent depuis quelques heures ce vendredi, des sources proches du Front de libération de l'Azawad (FLA) se sont exprimées, mais Bamako et Niamey restent silencieux sur ce qui apparaît comme un échange de prisonniers d'ampleur impliquant le Mali, le Niger, le FLA et le groupe jihadiste JNIM. Voici ce qui est établi, ce qui est probable, et ce qui reste à vérifier.

Plusieurs séquences vidéo, transmises séparément à la rédaction, documentent une opération en zone désertique. On y voit un groupe d'une dizaine d'hommes en tenue sombre, encadré par des combattants armés au visage voilé, entre deux pick-up dont l'un porte un drapeau noir à inscription.
Le groupe est ensuite vu en marche, sous escorte, pendant qu'à proximité des hommes en tenue claire échangent des documents. Une séquence plus rapprochée montre des embrassades entre hommes en jellaba blancs portant des sacs à dos, et une seconde vidéo, diffusée par des canaux proches du FLA, montre un homme accueilli dans les bras de responsables du mouvement, présenté comme le retour d'Inkinane Ag Attaher.
Aucune de ces images ne permet cependant de confirmer formellement une date, un lieu précis ou l'identité des personnes filmées. Tout indique que la scène se déroule au Niger, mais rien ne le confirme officiellement.

Du côté du FLA, le porte-parole Mohamed Elmaouloud Ramadane a salué sur sa page Facebook la libération d'Inkinane Ag Attaher, cadre du mouvement détenu depuis deux ans à Niamey.
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Selon des propos attribués à Alghabass Ag Intallah, chef du HCUA, une composante du FLA aux côtés du MNLA, du MAA et d'une partie du Gatia, et rapportés par des sources internes jugées crédibles, des négociations avec le Niger ont duré environ deux mois et ont débouché sur la libération de 62 prisonniers des FAMa détenus par le FLA, en échange de celle d'Ag Attaher.
Toujours selon ces sources, un second volet aurait été négocié grâce à l'implication personnelle du président nigérien, le général Abdourahamane Tiani : la libération de 11 militaires nigériens et 7 militaires burkinabè détenus par le JNIM.
Des sources proches du régime de transition à Bamako ont confirmé à i-Sahel la tenue de l'échange, mais sans communiqué officiel à l'appui.
Plusieurs éléments restent donc à vérifier, à savoir le lieu exact de l'échange, seulement évoqué au Niger sans confirmation ; l'identité précise des quatre membres du JNIM visibles sur la vidéo ; le nombre exact de militaires nigériens et burkinabè réellement libérés ; et la nature de la « confirmation » de Bamako, qui pourrait relever du communiqué officiel comme du simple bouche-à-oreille de sources proches du régime.
Ce scénario n'est pas inédit. Le 23 août déjà, un échange similaire avait eu lieu près d'Anéfis, dans le nord du Mali : une vingtaine de militaires maliens avaient été libérés contre des détenus touaregs, sans communiqué officiel et avec des versions divergentes entre le FLA et des sources maliennes.
Un signe que ce type d'échange, discret et négocié par des réseaux internes aux mouvements armés plutôt que par la voie diplomatique classique, tend à devenir une pratique récurrente dans le nord du Mali.
Le contexte régional, lui, reste tendu. Le jour même de cet échange, le JNIM a revendiqué la prise d'un poste tenu par des supplétifs burkinabè près de Sollé, dans la province du Loroum au Burkina Faso.
L'État-major malien a par ailleurs publié le même jour un communiqué sommant les militaires en « situation irrégulière » au sein de groupes armés proches de l'État de rejoindre leurs unités avant le 6 septembre, sous peine de désertion, un texte sans lien apparent avec l'échange de prisonniers, mais qui illustre l'instabilité plus large du dossier sécuritaire malien.
i-Sahel





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