DPG : le Sénégal muscle sa défense face à une menace qui se rapproche de sa frontière

Lors de sa Déclaration de politique générale devant les députés, mardi 8 septembre 2026, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a fait de la défense, de la sécurité et de la protection des infrastructures critiques des axes importants de la feuille de route de son gouvernement.
Il a notamment mis l'accent sur l'évolution de l'environnement sécuritaire régional, la modernisation des capacités militaires, le renforcement de la sécurité intérieure et la protection des infrastructures stratégiques.
Une nouvelle programmation militaire
Le Premier ministre sénégalais a évoqué un environnement régional marqué par « la progression de la menace djihadiste et les trafics transfrontaliers ». Dans ce contexte, une loi de programmation militaire actualisée doit être soumise au Parlement.
Cette nouvelle programmation doit porter sur plusieurs priorités : la modernisation et le maintien en condition des équipements, le renseignement, la mobilité des unités ainsi que la condition des personnels.
Le Sénégal n'a, à ce jour, jamais été directement touché par une attaque jihadiste sur son sol. Le pays n'en demeure pas moins exposé, en raison notamment de sa frontière commune avec le Mali, régulièrement visé par des groupes armés jihadistes.
En juillet 2025 puis en janvier 2026, le JNIM, l'un des principaux groupes jihadistes actifs au Mali et dans l'ensemble du Sahel, a revendiqué deux attaques à Diboli, localité malienne située à quelques kilomètres seulement de la frontière sénégalaise. C'est dans ce contexte de proximité directe avec un foyer d'instabilité actif que s'inscrit la mention, par le Premier ministre, de « la progression de la menace djihadiste » comme élément structurant de l'environnement régional.
Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a également souligné le rôle de la base industrielle et technologique de défense. La loi d'orientation relative à cette base a été adoptée en Conseil des ministres en mai 2026. Le recrutement direct d'ingénieurs et d'experts doit également contribuer à la modernisation du secteur de la défense.
Fin des emprises militaires étrangères
Le Premier ministre a rappelé que, depuis juillet 2025, « plus aucune emprise militaire étrangère n'est établie sur le sol sénégalais ». Cette évolution doit ouvrir la voie à une coopération de défense reposant sur des « partenariats choisis, transparents et conformes à nos intérêts ».
Le départ des militaires français, dont les dernières emprises ont été rétrocédées en juillet 2025, était intervenu à la demande du gouvernement dirigé à l'époque par le Premier ministre Ousmane Sonko, aujourd'hui président de l'Assemblée nationale.
Il n'a toutefois pas détaillé la nature ou le nombre des futurs partenariats de défense. Il a plutôt fixé le principe devant guider cette coopération.
Renforcement de la sécurité intérieure
Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a également annoncé un renforcement des outils de la sécurité intérieure et de ses capacités opérationnelles, ainsi que de la sécurité civile et de la résilience territoriale.
Cette approche élargit la question de la sécurité au-delà des seules capacités militaires, en intégrant notamment la protection des populations et la capacité du territoire à faire face aux crises.
Les infrastructures stratégiques au cœur du dispositif
Le Premier ministre a identifié plusieurs infrastructures comme critiques. Il s'agit notamment des installations pétrolières et gazières en mer, des câbles sous-marins, des centrales et du futur réseau de gazoducs.
La zone économique exclusive (ZEE) doit par ailleurs faire l'objet d'une surveillance renforcée afin de prévenir les atteintes aux installations ainsi que la pêche illicite.
Le chef du gouvernement a ainsi établi un lien direct entre la politique de sécurité et la protection des infrastructures énergétiques et maritimes stratégiques du pays.
La dimension numérique
La protection des infrastructures critiques concerne également le domaine numérique. Le Premier ministre a affirmé que l'État doit « sécuriser les données publiques et les identités numériques » et « protéger les infrastructures critiques ». Il a également insisté sur la maîtrise nationale des données et des infrastructures.
Dans le volet consacré à la défense et à la sécurité, le cloud souverain, les données de l'État et les systèmes essentiels doivent être protégés « comme des actifs de défense nationale ».
Frontières et protection civile
Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a également annoncé la poursuite de la délimitation concertée des frontières avec les pays voisins.
Le génie militaire, la protection civile et les sapeurs-pompiers doivent, de leur côté, contribuer davantage aux opérations de secours, à la lutte contre les inondations et aux grands travaux d'intérêt public.
Le service à la Nation
Enfin, le Premier ministre a annoncé différentes formes de service à la Nation destinées aux jeunes. Il leur assigne notamment un objectif de transmission de discipline, de compétences et de métiers.
Au total, dans sa Déclaration de politique générale devant les députés, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a présenté une approche de la sécurité associant défense militaire, renseignement, sécurité intérieure, protection civile, surveillance maritime, contrôle des frontières et protection des infrastructures énergétiques et numériques.
i-Sahel





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