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Mali : que sait-on des affrontements entre le JNIM et l’EIS dans la zone de Tessit ?

il y a 2 jours
4 min de lecture


De violents combats opposent depuis plusieurs jours le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) à l’État islamique au Sahel (EIS) dans la zone des trois frontières. Des sources interrogées évoquent une importante mobilisation des deux camps, sans pouvoir établir de bilan ni déterminer lequel prend l’avantage. Les deux organisations revendiquent la victoire de manière officieuse.


Les informations disponibles sur ces affrontements restent fragmentaires. Les combats se concentreraient notamment dans le secteur de Tessit, dans la région de Gao, au nord-est du Mali, à proximité des frontières avec le Niger et le Burkina Faso.


Les témoignages recueillis font état d’une mobilisation importante, mais les détails opérationnels demeurent difficiles à vérifier. Plusieurs récits circulent, parfois contradictoires, sans permettre d’établir précisément l’évolution de la situation sur le terrain.


Plusieurs katibas du JNIM mobilisées


Un observateur des conflits sahéliens affirme que le JNIM a déployé plusieurs katibas dans la zone des trois frontières. Il cite notamment la katiba de Serma, des unités venues du Burkina Faso et des combattants proches d’Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM, arrivés du nord de Kidal.


Selon cette source, les combattants du groupe seraient fortement présents dans le Gourma et disposeraient d’équipements importants. Leur mobilisation concernerait notamment le secteur de Tessit, au Mali, tandis que Tin-Akoff se situe de l’autre côté de la frontière, au Burkina Faso.


L’observateur précise toutefois que les informations disponibles ne permettent ni d’établir le nombre de combattants engagés, ni de dresser un bilan des pertes, ni de déterminer quel camp domine actuellement les affrontements


Une mobilisation importante, peu d’informations vérifiables


Une source proche du Front de libération de l’Azawad (FLA) indique que les combats se poursuivent, mais que peu d’informations filtrent sur leur déroulement. Selon cette source, les deux camps continueraient de tenir leurs positions.


Un autre interlocuteur estime qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Il évoque la présence de nombreux combattants des deux côtés et n’exclut pas que les affrontements se prolongent.


À ce stade, aucun des groupes n'a fait de communication officielle sur ces affrontements.


L’absence du JNIM lors de la reprise de Kidal alimente les interrogations


L’absence du JNIM lors de la reprise de Kidal par les forces maliennes en octobre 2026 suscite également des interrogations. Certains interlocuteurs estiment que le groupe, qui a été très prolifique en revendications lors de la prise de Kidal en avril dernier avec des partenaires de la rébellion du Nord, concentre une partie de ses moyens dans les combats contre l’EIS autour de la zone des trois frontières.


D’autres considèrent que Kidal ne présente pas un intérêt stratégique suffisamment important pour justifier une intervention du JNIM.


Le JNIM moins actif sur ses autres fronts ?


Un interlocuteur relève une baisse apparente des revendications du JNIM ces dernières semaines. Il y voit un possible effet des combats contre l’EIS et affirme qu’un nombre important de combattants aurait convergé vers Tessit.


L’EIS constitue depuis plusieurs mois un adversaire direct du JNIM dans plusieurs secteurs du Sahel. Selon certaines sources, l’organisation affiliée à l’État islamique intensifierait ses attaques contre le groupe d’Al-Qaïda lorsque celui-ci accentue la pression sur les armées nationales.


Certains interlocuteurs estiment que le JNIM aurait décidé d’engager une bataille d’ampleur contre son rival. Cette hypothèse n’est toutefois pas confirmée. Une diminution des revendications publiques ne suffit pas, à elle seule, à démontrer un redéploiement massif de combattants ni à établir que les affrontements de Tessit expliquent une éventuelle baisse d’activité sur d’autres fronts. Elle peut relever d'une stratégie du groupe.


Une rivalité documentée


Les affrontements actuels s’inscrivent dans une rivalité suivie depuis plusieurs mois, notamment dans l’enquête de i-Sahel « JNIM–EIS : les secrets d’une guerre dans une guerre ». Entre août 2025 et août 2026, le recensement des communiqués des deux organisations a permis d’identifier 11 revendications de l’EIS contre le JNIM et cinq du JNIM contre l’EIS. Ces chiffres correspondent aux revendications recensées dans le corpus étudié et ne constituent pas un décompte exhaustif de tous les affrontements.


Cette confrontation s’est également manifestée dans la région de Dori, au Burkina Faso, où les affrontements ont notamment été marqués par des rivalités entre cadres et des représailles, comme le détaille cette analyse de i-Sahel.


Plus largement, les rapports consacrés à la situation sécuritaire au Sahel soulignent la complexité des relations entre les groupes jihadistes et l’évolution de leurs affrontements. Le rapport des Nations unies sur le JNIM, le FLA et la menace jihadiste apporte notamment un éclairage sur ces dynamiques. Au Burkina Faso, la question d’une éventuelle priorité accordée par l’EIS aux attaques contre le JNIM a également fait l’objet d’une enquête de i-Sahel.


Le 27 septembre 2026, l’EIS a revendiqué une attaque contre une « milice d’Al-Qaïda » près d’Adiora, dans la région de Tombouctou. L’organisation a affirmé avoir tué un combattant adverse et mis les autres en fuite. Elle a également déclaré avoir incendié une moto et capturé deux autres motos, une mitrailleuse moyenne et deux fusils, avant de regagner ses positions sans pertes.


i-Sahel


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