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Niamey menace de saisir la justice internationale après la mutinerie

Une semaine après la mutinerie qui a secoué Niamey dans la nuit du 28 au 29 août, les autorités nigériennes franchissent un nouveau cap.



Réuni vendredi 4 septembre sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, le Conseil des ministres affirme avoir constitué une « documentation conséquente » sur ce qu’il qualifie d’« agression » et menace de saisir la justice internationale.



Niamey accuse directement Paris


Dans son compte rendu, le gouvernement nigérien accuse la France d’Emmanuel Macron d’être à la tête d’un « vaste réseau de connivences » qui aurait, selon lui, « incité et entretenu » la tentative de déstabilisation du Niger.


Niamey accuse également certains pays africains d’avoir servi de « passerelles » à ces actions.


Ces accusations interviennent après plusieurs jours de récits contradictoires sur les événements. La mutinerie avait notamment impliqué des éléments du Bataillon spécial de renseignement du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS) autour de la base aérienne 101, face à la Garde présidentielle.


Le capitaine Roger Gabriel avait ensuite évoqué à la télévision nationale de possibles soutiens extérieurs, citant notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire, la France et le Tchad, ainsi qu’un prétendu feu vert de la CEDEAO. Ces affirmations n’ont pas été publiquement corroborées par des preuves indépendantes. Le Bénin et le Nigeria ont par ailleurs rejeté toute implication.


Une menace judiciaire encore sans précision


Le principal élément nouveau du Conseil des ministres réside dans la perspective d’une procédure internationale.


Le gouvernement affirme avoir rassemblé une « documentation conséquente » sur les événements et indique que le Niger se réserve le droit d’intenter des actions devant la justice internationale.


Aucune procédure précise, aucune juridiction et aucun calendrier n’ont toutefois été annoncés dans le compte rendu du Conseil des ministres.


Niamey affirme parallèlement ne vouloir « porter la guerre à aucun pays », tout en appelant la population à renforcer la vigilance et la « veille citoyenne ».


Tiani et ses alliés


Le gouvernement s’est également félicité de la mobilisation de la population et des forces de défense et de sécurité, notamment de la Garde présidentielle.


Il a exprimé sa reconnaissance aux États membres de l’AES, à l’Algérie et à la Russie pour leur soutien durant la crise. Le déploiement de moyens militaires algériens à Niamey, dès le 30 août, avait notamment marqué la réponse extérieure à la crise.


Le compte rendu du Conseil des ministres souligne en particulier le soutien apporté par ces partenaires « dès le début de ces événements ».


Dans ce contexte, le général d’armée Abdourahamane Tiani, président de la République et chef de l’État, a reçu en audience, dans l’après-midi du vendredi 4 septembre, Viktor Voropaev, ambassadeur de la Fédération de Russie au Niger. La rencontre s’est déroulée en présence de Bakary Yaou Sangaré, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur.


Cette audience intervient le même jour que la réunion du Conseil des ministres, au cours de laquelle Niamey a renouvelé sa reconnaissance à la Russie pour sa solidarité avec le Niger pendant la crise.


Une semaine après la mutinerie, Niamey transforme donc ses accusations en menace de recours international. Mais, à ce stade, les accusations portées contre Paris restent celles des autorités nigériennes et les éléments permettant de les établir indépendamment n’ont pas été rendus publics.


i-Sahel

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