Niger : près d’une semaine après la mutinerie, Tiani brise le silence
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- il y a 1 jour
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Près d'une semaine après la mutinerie qui a secoué Niamey dans la nuit du 28 au 29 août, le général Abdourahamane Tiani a publié sur Facebook son premier message personnel semblant faire directement écho à cette séquence. Sans évoquer explicitement les affrontements, le chef de l'État nigérien place sa réaction sous le signe de la souveraineté et de la résistance aux pressions extérieures.
« Notre indépendance dérange. Le Niger ne cédera pas », écrit-il dans une publication accompagnée d'une affiche le montrant en uniforme.
L'affiche reprend également une déclaration du président nigérien sur le prix de la souveraineté : « La souveraineté, ce sont des sacrifices, des sacrifices sans limites. Et ce sont ces sacrifices-là que nous sommes prêts à consentir pour réfléchir en hommes libres et souverains. »
Cette première prise de parole personnelle intervient après plusieurs jours durant lesquels la crise a été racontée principalement à travers des communiqués officiels, des témoignages d'officiers, des accusations d'implication extérieure et des réactions diplomatiques.
Une crise qui a rapidement dépassé le cadre militaire
Les événements des 28 et 29 août ont d'abord mis en lumière une crise interne aux forces armées nigériennes.
Les affrontements ont notamment opposé des éléments du Bataillon spécial de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales (BSR-COS) à la Garde présidentielle autour de la base aérienne 101.
Mais les circonstances précises de la mutinerie, sa chaîne de commandement et les responsabilités des différents officiers restent encore largement à établir.
La crise a ensuite pris une dimension régionale après le témoignage du capitaine Roger Gabriel, officier du 1er bataillon parachutiste, diffusé sur la Radio-Télévision du Niger.
Dans son récit, il a évoqué plusieurs informations faisant état de possibles soutiens extérieurs aux militaires impliqués dans les événements. Son témoignage mentionnait notamment le Bénin, la Côte d'Ivoire, la France, le Tchad, ainsi qu'un prétendu feu vert de la CEDEAO.
Ces affirmations n'ont toutefois pas été corroborées publiquement par des preuves indépendantes.
Le Bénin et le Nigeria ont rejeté toute implication
Les accusations ont rapidement suscité des réactions à l'extérieur du Niger.
Le gouvernement béninois a rejeté toute implication dans une tentative de déstabilisation du pays. Son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, a affirmé que Cotonou ne considérait pas le Niger comme un ennemi et souhaitait une normalisation des relations entre les deux voisins.
Le Nigeria a également officiellement démenti tout soutien à une tentative de coup de force, rejetant les récits associant Abuja ou la CEDEAO aux événements de Niamey.
Ces démentis interviennent dans un contexte diplomatique particulièrement sensible, alors que Niamey et Cotonou avaient amorcé un prudent rapprochement après plusieurs mois de tensions.
Dans l'intervalle, Alger s'est engagé aux côtés de Niamey
La publication de Tiani intervient également après une séquence qui a marqué un changement d'échelle dans la coopération militaire entre l'Algérie et le Niger.
Dès les lendemains des événements, Niamey a sollicité le soutien d'Alger. Le 30 août, quatre chasseurs algériens Su-30 ont été déployés à Niamey, accompagnés d'un avion de transport Il-76 et d'un ravitailleur Il-78.
Lors d'un entretien téléphonique avec son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, le 31 août, Abdourahamane Tiani avait exprimé sa « gratitude » pour le soutien apporté par Alger durant les « événements malheureux de la nuit du 28 au 29 août ».
Selon les autorités nigériennes, le président a particulièrement salué la décision de l'Algérie d'engager son armée aux côtés du Niger, à la demande de Niamey.
Ce déploiement est intervenu après un précédent renforcement de la coopération militaire entre les deux pays, notamment avec la remise, début août, de plusieurs hélicoptères et d'équipements à l'armée nigérienne.
La Russie, à travers Africa Corps, avait également apporté son soutien aux forces nigériennes pendant la crise, selon les informations communiquées par Moscou.
« Notre indépendance dérange »
C'est dans ce contexte que le message publié par Tiani prend une dimension politique particulière.
Depuis le coup d'État de juillet 2023, la souveraineté est devenue l'un des axes centraux du discours des autorités nigériennes. La rupture avec certains partenaires militaires occidentaux et la recherche de nouveaux partenariats ont été présentées comme des instruments de cette politique.
La crise de Niamey a remis ce discours au centre de l'actualité.
i-Sahel




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