Niger : ce que Tebboune révèle sur l’envoi des Su-30 après la mutinerie
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a expliqué, dans un entretien diffusé le 3 octobre, les circonstances ayant conduit Alger à envoyer quatre chasseurs Su-30 au Niger le 30 août, au lendemain de la mutinerie survenue à la base aérienne 101 de Niamey.

Dans un entretien avec la presse nationale, Abdelmadjid Tebboune revient sur la décision d’envoyer des avions de combat algériens au Niger.
Le président algérien rappelle que le Premier ministre nigérien Mahamane Lamine Zeine se trouvait en Algérie quelques jours avant les événements des 28 et 29 août. Zeine avait effectué une visite à Alger avant de regagner Niamey.
Évoquant ensuite les événements de Niamey, Tebboune déclare : « Le Premier ministre nigérien était en Algérie », avant d’ajouter : « Les choses sont claires, c’est une provocation contre nous. Moi aussi, je vais envoyer des avions. »
Quatre Su-30 à Niamey
Le 30 août, le ministère algérien de la Défense avait annoncé l’envoi de deux patrouilles de Su-30, soit quatre appareils, accompagnées d’un avion ravitailleur.
Alger indiquait que cette décision intervenait « suite aux événements » survenus à Niamey et « en réponse à la demande des autorités nigériennes ».
Les appareils étaient engagés dans une « mission de soutien à l’armée nigérienne » face à une tentative de déstabilisation.
Le Premier ministre Mahamane Lamine Zeine avait assisté à leur arrivée à l’aéroport de Niamey et remercié le président Tebboune pour ce soutien.
Cette opération intervenait après une première livraison de matériel militaire. Le 9 août, Alger avait annoncé la remise au Niger de quatre hélicoptères — deux Mi-24V et deux Mi-171 — ainsi que de munitions, de pièces de rechange et de matériel de maintenance.
Une mutinerie à la base aérienne 101
Dans la nuit du 28 au 29 août, une mutinerie avait éclaté au sein de la base aérienne 101 de Niamey.
Des militaires avaient pris leurs camarades en otage avant que des affrontements n’opposent les insurgés aux forces restées loyales.
L’Alliance des États du Sahel avait qualifié les événements de « tentative de déstabilisation », une formulation également reprise par Alger.
Deux jours plus tard, les quatre Su-30 étaient envoyés à Niamey dans le cadre de la mission de soutien annoncée par le ministère algérien de la Défense.
Un rapprochement progressif et dans presque tous les domaines entre Alger et Niamey
Au cours des derniers mois, les deux pays ont multiplié les échanges officiels et renforcé leur coopération, notamment dans les domaines sécuritaire, militaire et économique.
La visite de Mahamane Lamine Zeine à Alger s’inscrivait dans cette dynamique.
Les relations algéro-nigériennes s’étaient déjà renforcées depuis 2023, alors que Niamey réorganisait ses partenariats sécuritaires et que les relations avec plusieurs partenaires occidentaux se dégradaient.
La coopération porte également sur la sécurité de leur frontière commune et sur les échanges à travers la région d’In Guezzam.
Le rapprochement ne se limite plus aux questions sécuritaires. En mars 2026, la deuxième session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne, réunie à Niamey, avait débouché sur plusieurs accords et mémorandums dans des secteurs allant de l’énergie aux infrastructures, en passant par l’industrie, l’agriculture, la santé, la formation, les start-up et les télécommunications. Les deux parties avaient également affiché leur volonté d’accélérer les projets structurants et de renforcer les échanges commerciaux.
Le secteur énergétique occupe une place particulière dans cette coopération. En septembre, le ministre algérien d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, s’est rendu au Niger pour suivre plusieurs projets de partenariat. Les discussions ont notamment porté sur les activités d’exploration de Sonatrach dans le bloc pétrolier de Kafra et sur le tronçon nigérien du gazoduc transsaharien (TSGP), avec la préparation des opérations de levés topographiques sur le tracé nigérien.
Le même mois, une délégation d’Algérie Télécom s’est rendue à Niamey et a signé deux conventions avec Niger Télécom et l’ESCEP-Niger, portant notamment sur les infrastructures optiques et le développement des compétences numériques.
Le 22 septembre, Mohamed Arkab a également été reçu par le président nigérien Abdourahamane Tiani. Il était porteur d’un message de Tebboune réaffirmant la volonté d’Alger de renforcer la coopération avec le Niger, particulièrement dans le secteur des hydrocarbures et autour de projets structurants.
i-Sahel






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