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Niger : Tiani exclut toute hausse du carburant recommandée par le CCR

il y a 2 jours
2 min de lecture


Le président de la refondation nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, a instruit le gouvernement de ne procéder à aucune augmentation du prix du carburant à la pompe. Dans un message diffusé samedi, il a affirmé : « J’ai instruit le Gouvernement de ne procéder à aucune augmentation du prix du carburant à la pompe. Le litre de Super (essence) reste à 499 F et le litre de Gasoil à 618 F. Les richesses de notre pays doivent d’abord servir notre peuple. »


Cette prise de position confirme et prolonge les orientations arrêtées la veille par le Conseil des ministres, réuni le vendredi 9 octobre 2026 à Niamey sous la présidence du chef de l’État.


Le Conseil des ministres s’y était penché sur les recommandations formulées lors de la première session extraordinaire du CCR, tenue les 5 et 6 octobre, consacrée à la campagne agricole 2026 et à la sécurisation de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, recommandations qui incluaient une hausse des prix à la pompe, à laquelle le dirigeant nigérien a opposé une fin de non-recevoir.


Le gouvernement avait au contraire déjà acté une baisse des prix : le litre de Super est passé de 540 à 499 FCFA, et celui de Gasoil de 668 à 618 FCFA. Cette décision avait été présentée comme un moyen d’assurer « une certaine redistribution de la richesse » nationale, le gouvernement s’engageant à n’entreprendre « aucune action pour aggraver le coût de la vie ».


Sur le fond du problème d’approvisionnement, le diagnostic gouvernemental pointe des contraintes structurelles et de gouvernance affectant l’ensemble de la chaîne, production, transport, distribution, ainsi que le rôle des circuits informels et de la fraude dans les pénuries et les phénomènes de surenchère observés sur le marché.


Pour y remédier, un comité technique a été mis en place afin d’identifier les points de blocage et de proposer des mesures correctives, tandis que des instructions ont été données aux forces de contrôle pour traquer les auteurs de fraude.


En écartant la piste d’une hausse pourtant recommandée par le CCR, les autorités nigériennes choisissent de faire porter l’effort sur la lutte contre la fraude et les circuits informels, plutôt que sur le portefeuille des consommateurs.


L’ampleur de la fraude n’est pas anecdotique : selon la Sonidep, le carburant entré frauduleusement depuis le Nigeria a représenté jusqu’à 40 à 50 % des parts du marché nigérien, alimentant les régions frontalières de Zinder, Maradi, Tahoua et Dosso. La répression menée par les forces de défense et de sécurité a depuis fortement réduit ces flux illégaux.


i-Sahel

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