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Après Anéfis, la bataille se déplace vers Tabrichat et Tarkint

Les événements survenus samedi à Tabrichat, dans la région de Kidal, donnent lieu à des versions contradictoires de la part d'Africa Corps, des Forces armées maliennes (FAMa), du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) et du Front de libération de l'Azawad (FLA). Si toutes les parties confirment qu'un affrontement a eu lieu le 18 juillet, elles en livrent des récits différents quant à son déroulement et à son issue, dans le prolongement des combats menés depuis le début du mois autour d'Anéfis.




Un convoi des Forces armées maliennes (FAMa) et d'Africa Corps, structure relevant du ministère russe de la Défense et déployée au Mali après le retrait progressif du groupe Wagner, a été la cible d'une embuscade samedi matin dans le secteur de Tabrichat, dans la région de Kidal.


Selon l'État-major général des Armées maliennes, le convoi des FAMa et de leurs « partenaires » a été attaqué par des « groupes armés terroristes » alors qu'il se trouvait dans cette zone située sur l'axe reliant Gao et Kidal. Dans ses communications officielles, l'armée malienne utilise le terme « partenaires » pour désigner les éléments d'Africa Corps qui accompagnent les forces maliennes dans leurs opérations.


L'État-major indique que les opérations de riposte étaient en cours au moment de la publication de son communiqué. Aucun bilan humain ou matériel n'a été communiqué par l'armée malienne, qui n'a pas précisé les circonstances exactes de l'attaque.


De son côté, Africa Corps a fait état d'une opération menée dans le même secteur contre des combattants du Front de libération de l'Azawad (FLA). Selon la structure russe, un drone d'attaque a été utilisé contre un groupe présenté comme préparant une embuscade dans la zone de Tabrichat.


Africa Corps affirme que la frappe a permis de neutraliser les combattants ciblés, qui auraient quitté les lieux en abandonnant des morts et des blessés. Aucun bilan chiffré n'a cependant été avancé.


Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), par l'intermédiaire de son organe de communication Az-Zallaqa, a également revendiqué une opération menée le même jour dans la région. Le mouvement affirme que ses combattants, en coordination avec le FLA, ont attaqué un convoi des FAMa et d'Africa Corps dans le secteur de Tabrichat, entre Gao et Anéfis.


Le JNIM affirme avoir infligé des pertes humaines et matérielles aux forces maliennes et russes engagées dans l'opération, sans fournir de bilan détaillé ni d'éléments permettant une vérification indépendante.



Parallèlement, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a annoncé une autre action militaire menée, selon lui, près de Tarkint, localité située sur l'axe reliant Anéfis à Gao via Téméra et Bourem.


D'après cette source, un convoi des forces maliennes et de leurs alliés, parti d'Anéfis et d'Aguel'hoc en direction de Gao, aurait été attaqué par les combattants du mouvement. Le bilan avancé fait état de morts, de blessés et de prisonniers dans les rangs adverses, ainsi que de véhicules détruits ou récupérés en état de fonctionnement.


Cette annonce intervient alors que les autorités maliennes avaient indiqué, quelques jours auparavant, avoir repris le contrôle d'Anéfis et mené des opérations dans le secteur d'Aguel'hoc. La circulation d'un convoi entre ces différentes localités souligne l'importance stratégique de cet axe dans les opérations militaires en cours dans le nord du Mali.


Dans le prolongement des combats d'Anéfis


L'incident de Tabrichat intervient dans le prolongement direct de la bataille d'Anéfis, qui s'est déroulée du 4 au 9 juillet autour de cette localité située sur l'axe stratégique reliant Gao, Kidal et Tessalit.


Les combats avaient opposé les Forces armées maliennes appuyées par Africa Corps à une coalition regroupant le Front de libération de l'Azawad et le JNIM.


Dès le 4 juillet, Africa Corps avait annoncé avoir mené une frappe contre une position du FLA présentée comme une tentative d'embuscade, ainsi qu'un tir de lance-roquettes multiples BM-21 « Grad » contre une colonne adverse composée, selon cette source, de plus de quarante éléments d'équipement militaire.


La structure russe avait également affirmé avoir neutralisé le colonel M'Barack Akli, présenté comme responsable militaire du FLA chargé de la défense d'Anéfis. Cette annonce avait été démentie par le mouvement azawadien, qui avait diffusé une vidéo montrant M'Barack Akli en vie, entouré de plusieurs officiers.


Le 10 juillet, les Forces armées maliennes avaient publié des images de leur entrée à Anéfis, sous le titre « l'heure du nettoyage a sonné ». Deux jours plus tard, l'État-major malien annonçait avoir repris le contrôle total de la localité et avoir mené des frappes dans le secteur d'Aguel'hoc.


Le même jour, le JNIM avait communiqué pour la première fois sur ces combats, revendiquant sa participation aux côtés du FLA dans les affrontements d'Anéfis, de Gao et d'Aguel'hoc. Le groupe armé avait également affirmé avoir abattu un hélicoptère Mi-24 de l'armée malienne, une information qui n'a pas pu être confirmée par des sources indépendantes.


Des versions différentes sur le bilan des combats


Le 13 juillet, le quotidien malien L'Indépendant rapportait un bilan faisant état de plus de 1 000 combattants tués entre le 4 et le 9 juillet, ainsi que de 30 soldats maliens morts, en citant le général Elisée Jean Dao.


Selon cet officier, le retrait des forces maliennes de Kidal en avril aurait constitué une manœuvre destinée à attirer les groupes armés avant de les frapper. Cette lecture avait été contestée par Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du FLA, qui avait évoqué une autre interprétation des événements et remis en cause le récit d'une opération préparée de longue date.


Depuis le début des affrontements autour d'Anéfis, les différentes parties engagées dans le conflit publient régulièrement des informations divergentes sur le déroulement des opérations, les pertes enregistrées et le contrôle des territoires.


Les événements de Tabrichat et de Tarkint confirment la poursuite des opérations militaires sur l'axe Gao-Kidal, malgré les annonces de reprise de contrôle de certaines localités par les autorités maliennes.


À ce stade, aucune source indépendante n'a permis d'établir les circonstances précises de l'embuscade de Tabrichat, le déroulement exact des combats signalés à Tarkint ou les bilans humains et matériels avancés par les différentes parties.


i-Sahel

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