Burkina Faso : entre progression du contrôle du territoire et pression jihadiste persistante
- Infos du Sahel

- il y a 5 jours
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Le gouvernement burkinabè fait état d'une amélioration de ses indicateurs sécuritaires à mi-parcours de l'année 2026, avec un taux d'occupation du territoire porté à 74,53 %. Dans le même temps, les groupes armés poursuivent leurs opérations dans plusieurs régions, illustrant une guerre d'usure qui continue de marquer le paysage sécuritaire du pays.

Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a lancé vendredi 24 juillet l'évaluation à mi-parcours des contrats d'objectifs assignés aux membres du gouvernement. Premier à être auditionné, le ministre d'État, ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général Célestin Simporé, a présenté un bilan faisant état d'un taux d'exécution de 53,14 % de son contrat d'objectifs au terme du premier semestre 2026.
Parmi les principaux indicateurs mis en avant figure l'évolution du taux d'occupation du territoire national, passé de 73,56 % en décembre 2025 à 74,53 % au 30 juin 2026. Selon les autorités, cette progression traduit les effets des opérations de reconquête et de sécurisation menées par les Forces de défense et de sécurité (FDS), qui ont permis le retour progressif des populations, le redéploiement de l'administration publique dans plusieurs localités ainsi que la reprise du ravitaillement de zones précédemment affectées par l'insécurité.
Le ministère souligne également les efforts engagés en matière de logistique, d'équipement et de renforcement des capacités opérationnelles des forces combattantes.
Interrogé sur la portée de cet indicateur, le général Célestin Simporé a précisé que les 74,53 % correspondent aux espaces où les populations et les services de l'État exercent normalement leurs activités. Il a toutefois insisté sur le fait que les secteurs non comptabilisés dans ce taux ne sont pas soustraits à l'action des forces armées.
« Il n'y a pas une portion de notre territoire où nos Forces de défense et de sécurité ne peuvent pas aller. Nous pouvons aller partout et nous y allons », a-t-il affirmé.
Une activité jihadiste qui demeure soutenue
Si les autorités mettent en avant une progression du contrôle territorial, le contexte opérationnel reste marqué par une activité persistante des groupes armés.
Le dernier SITREP d'I-Sahel consacré aux activités revendiquées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) montre que l'organisation est demeurée active dans au moins six régions du Burkina Faso entre juin et juillet 2026 : le Centre-Nord, l'Est, le Nord, le Centre-Est, la Tapoa et la Boucle du Mouhoun. Le document recense plus d'une dizaine d'opérations revendiquées, comprenant des embuscades, des attaques contre des positions militaires, des engins explosifs improvisés (EEI), des prises d'armement et des actions de harcèlement contre les forces de sécurité.
L'analyse met notamment en évidence une concentration des opérations dans la région du Centre-Nord, où plusieurs attaques revendiquées illustrent la volonté du groupe de maintenir une pression constante sur les dispositifs militaires burkinabè, tout en conservant une capacité d'action sur d'autres fronts.
Le SITREP revient également sur les attaques coordonnées du 30 juin 2026 contre Gayéri, Solhan et Sebba. Selon le communiqué de l'État-Major général des armées repris dans le document, la riposte des Forces de défense et de sécurité, appuyées par les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et des moyens aériens, aurait permis de neutraliser plus de 400 combattants, de récupérer 353 armes et de saisir plus de 250 motos, tandis que trois soldats burkinabè ont perdu la vie. Le rapport précise toutefois que ces chiffres, comme les revendications du JNIM, ne peuvent être vérifiés de manière indépendante.
Une guerre d'usure
Les chiffres présentés par le gouvernement témoignent d'une progression graduelle de la présence effective de l'État dans plusieurs secteurs du pays. Dans le même temps, les données compilées par I-Sahel montrent que les groupes jihadistes conservent une capacité à conduire des opérations simultanées sur plusieurs théâtres, en s'appuyant sur leur mobilité et sur des modes opératoires variés.
Cette situation illustre la nature du conflit auquel le Burkina Faso reste confronté : une guerre d'usure, dans laquelle les avancées territoriales revendiquées par les autorités coexistent avec une pression opérationnelle persistante exercée par les groupes armés. Les indicateurs présentés lors de cette évaluation semestrielle traduisent ainsi une amélioration progressive du contrôle territorial, sans pour autant signifier un recul durable de la menace jihadiste sur l'ensemble du territoire.
i-sahel




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