Bénin : qui de Talon ou Boni Yayi pour diriger le nouveau Sénat ?
- Infos du Sahel

- 6 août
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Le Sénat béninois élit ce jeudi son premier Bureau. Deux anciens présidents, désormais inéligibles à la magistrature suprême, font figure de favoris pour occuper le fauteuil de président de la nouvelle chambre.

À quelques heures, voire minutes de l'élection du premier Bureau du Sénat, ce jeudi 6 août 2026, deux noms reviennent avec insistance dans les spéculations politiques à Cotonou. Il s'agit de Patrice Talon et de Thomas Boni Yayi, tous deux anciens chefs de l'État et membres de droit de la nouvelle chambre haute.
Une nouvelle carrière institutionnelle après la présidence
Romuald Wadagni, ancien ministre de l'Économie et des Finances sous Patrice Talon, a été élu président de la République avec 94,05 % des voix lors du scrutin du 12 avril 2026. Selon Jeune Afrique, ces résultats provisoires ont été proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (Cena) dans la nuit du 13 au 14 avril 2026. Romuald Wadagni a pris ses fonctions le 24 mai 2026, succédant à Patrice Talon au terme de ses deux mandats constitutionnels.
Conformément à l'article 113-3 de la Constitution, les anciens présidents de la République élus siègent de droit au Sénat. Patrice Talon a intégré l'institution le 30 juillet dernier à ce titre, aux côtés de Nicéphore Soglo et de Thomas Boni Yayi. Ce dernier a opéré un revirement notable en acceptant, le 22 juillet 2026, d'occuper le siège que la Constitution lui réserve. Selon Bénin Web TV, il s'était pourtant montré l'un des opposants les plus véhéments à la création du Sénat lors de la révision constitutionnelle de fin 2025.
Une porte définitivement fermée vers la présidence
Fait déterminant pour comprendre les spéculations actuelles, ni Patrice Talon ni Thomas Boni Yayi ne pourront un jour retourner à la magistrature suprême. L'article 44 de la Constitution, tel que modifié par la loi n°2025-20 du 17 décembre 2025, dispose qu'aucune personne « ayant été élue deux fois président de la République et ayant exercé comme tel deux mandats » ne peut être candidate à la présidence. Boni Yayi a dirigé le pays de 2006 à 2016, Talon de 2016 à 2026. Tous deux ayant effectué deux mandats complets, cette disposition les écarte définitivement de toute nouvelle candidature présidentielle. Nicéphore Soglo, qui n'a exercé qu'un seul mandat, de 1991 à 1996, n'est en théorie pas concerné par cette clause précise.
Pour ces deux poids lourds de la vie politique béninoise, la présidence du Sénat représenterait donc la plus haute fonction institutionnelle encore accessible. Ce rôle confère, selon la Constitution, la direction d'une chambre dotée de pouvoirs de régulation de la vie politique et d'un droit de regard sur les lois électorales et constitutionnelles.
Des noms qui circulent, rien de tranché
Selon le site Kaweru Infos, plusieurs signaux orienteraient aujourd'hui les regards vers Patrice Talon pour la présidence du Sénat, sans que cela exclue d'autres scénarios. Le nom de Boni Yayi continue lui aussi d'être évoqué, en raison de son expérience à la tête de l'État de 2006 à 2016.
La Constitution impose que le président et le vice-président du Sénat soient obligatoirement choisis parmi les membres de droit, c'est-à-dire les anciens présidents de la République, de l'Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle. Cela place de fait Talon, Boni Yayi et Nicéphore Soglo parmi les rares personnalités éligibles à ce poste.
Le scrutin de ce jeudi, à bulletin secret entre les 25 sénateurs, devrait lever le voile sur ces spéculations.
i-sahel




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