Ce que l'on sait du nouveau Boeing présidentiel qui remplace l'appareil endommagé lors de l'attaque de Sénou
- Infos du Sahel

- 31 juil.
- 4 min de lecture
Près de deux ans après l'attaque du 17 septembre 2024 contre l'aéroport de Sénou, les autorités maliennes ont présenté le nouveau Boeing 737 destiné aux déplacements officiels. Coût, caractéristiques techniques, financement : voici ce que l'on sait de cet appareil acquis pour 15,6 milliards de FCFA.

Les autorités maliennes ont officiellement présenté le nouvel avion de commandement de la République, un Boeing 737 modernisé destiné aux déplacements du président de la République et des plus hautes autorités de l'État. L'appareil vient remplacer l'ancien avion présidentiel, gravement endommagé lors de l'attaque du 17 septembre 2024 contre l'aéroport international Modibo Keïta de Sénou, une opération revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM).
À travers un reportage diffusé par la télévision nationale, le gouvernement a dévoilé les caractéristiques techniques de l'appareil, les raisons de son acquisition ainsi que les éléments financiers liés à cette opération.
Une acquisition consécutive à l'attaque de Sénou

Le 17 septembre 2024, Bamako a été frappée par une double attaque coordonnée visant deux sites stratégiques : l'École de gendarmerie de Faladiè et l'aéroport international Modibo Keïta de Sénou.
Au petit matin, une dizaine d'assaillants ont attaqué l'École de gendarmerie de Faladiè, en périphérie de la capitale. Selon les informations recueillis à l'époque par i-sahel, ils sont parvenus à pénétrer dans l'enceinte de l'établissement avant d'incendier le dortoir des élèves gendarmes. Plusieurs militaires avaient perdu la vie lors de l'assaut.
Dans le même temps, un second groupe a attaqué l'aéroport de Sénou. Des vidéos diffusées par les assaillants après l'opération les montrent à l'intérieur de l'infrastructure aéroportuaire, dont l'accès avait été temporairement restreint.
Ces images montrent notamment des combattants prenant des selfies sur le site avant d'incendier un réacteur de l'avion présidentiel. D'autres équipements aéronautiques, dont un drone, ont également été endommagés.
Dans la soirée, le JNIM a revendiqué la double attaque, affirmant que dix de ses combattants avaient participé à l'opération. Le groupe a également communiqué sur le bilan de l'attaque, évoquant notamment des pertes parmi les forces maliennes et leurs alliés. De son côté, l'armée malienne a confirmé des pertes humaines ainsi que des dégâts matériels importants.
Les inspections ont révélé l'ampleur des dégâts
Après l'attaque, l'ancien avion présidentiel est resté immobilisé. Les autorités expliquent désormais que les dommages subis dépassaient les seuls dégâts visibles sur les images diffusées après l'assaut.
Selon Fousseyni Diawara, les inspections techniques réalisées sur l'appareil ont révélé des problèmes importants touchant la structure de l'avion ainsi que l'un de ses moteurs.
« À la suite des attaques complexes du 17 septembre 2024, l'avion présidentiel a été sérieusement endommagé. Les inspections ont détecté des failles au niveau de la structure et au niveau d'un moteur, ce qui rendait vraiment l'avion présidentiel immobile et difficile à réparer », a-t-il déclaré.
Les autorités évoquent également les difficultés liées au contexte international et aux contraintes d'approvisionnement dans le secteur aéronautique, qui ont influencé le calendrier d'acquisition du nouvel appareil.
Un Boeing 737 modernisé
Le nouvel avion présenté par les autorités appartient à la même catégorie que l'ancien appareil : un Boeing 737.
Toutefois, selon le colonel-major Lassana Togola, coordonnateur du Groupement aérien de la Présidence de la République, l'appareil a bénéficié d'importantes améliorations.
« L'avionique que vous voyez a été complètement changée et rénovée », a-t-il expliqué, précisant qu'une grande partie du panneau supérieur du cockpit avait également été modifiée.
La cabine intérieure a été réaménagée afin d'améliorer les conditions de voyage des délégations officielles, avec notamment des espaces dédiés au confort des passagers.
L'appareil dispose désormais d'une autonomie annoncée de 11 500 kilomètres, soit environ 14 heures de vol.
Selon les responsables du Groupement aérien de la Présidence, cette capacité permettrait par exemple d'effectuer un vol direct vers Moscou ou de rejoindre certaines destinations en Asie avec une seule escale technique.
L'avion affiche une vitesse moyenne d'environ 950 km/h et une altitude de croisière pouvant atteindre 40 000 pieds, soit près de 12 300 mètres.
Un coût d'acquisition de 15,6 milliards de FCFA
Le volet financier a également occupé une place importante dans la présentation officielle.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a indiqué que l'acquisition du nouvel aéronef avait coûté 15 milliards 600 millions de FCFA.
Selon lui, cette dépense doit être analysée en tenant compte des compensations financières liées à l'ancien appareil.
L'assurance de l'avion présidentiel endommagé aurait ainsi versé 6 milliards de FCFA au Trésor public malien. Les autorités estiment également pouvoir récupérer entre 3 et 4 milliards de FCFA grâce aux pièces de rechange et accessoires de l'ancien aéronef.
Sur cette base, le ministre estime que le coût réel supporté par l'État serait ramené à environ 5,6 à 6 milliards de FCFA.
Alousséni Sanou rappelle par ailleurs que l'ancien avion présidentiel avait représenté un investissement de plus de 20 milliards de FCFA, selon les chiffres communiqués à l'époque.
Un nouvel outil de commandement pour l'État malien
Pour les autorités, ce nouvel appareil ne constitue pas uniquement un moyen de transport, mais un outil stratégique destiné à garantir les déplacements officiels dans un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires et diplomatiques.
Avec une autonomie renforcée, des équipements modernisés et une capacité accrue pour les missions internationales, le Boeing 737 doit permettre au Mali de disposer d'une plus grande flexibilité dans l'organisation des déplacements de ses dirigeants.
La présentation de cet avion permet également de revenir sur les conséquences matérielles de l'attaque du 17 septembre 2024. Si les images de l'époque avaient montré un appareil touché par les flammes sur le tarmac de Sénou, les autorités indiquent aujourd'hui que les expertises techniques ont conclu à des dommages rendant son remplacement nécessaire.
Près de deux ans après cette attaque, le Mali tourne ainsi une nouvelle page avec l'entrée en scène d'un nouvel avion présidentiel destiné à assurer les missions de commandement et de représentation de l'État.
i-sahel




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