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CEDEAO : cap sur 2027 pour la force régionale


Les chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO ont franchi une nouvelle étape dans la mise en place de leur force régionale de lutte contre le terrorisme. Réunis à Lungi, en Sierra Leone, ils ont adopté une feuille de route révisée visant une pleine capacité opérationnelle d'ici juillet 2027, tout en appelant les États membres à accélérer la mobilisation des ressources nécessaires à son déploiement.



La lutte contre le terrorisme s'est imposée comme l'un des principaux dossiers de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), tenue le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone.


Quelques heures avant l'ouverture du sommet, le commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité de la CEDEAO, Dr Abdel-Fatau Musah, avait souligné que la réussite de la rencontre dépendrait de la capacité des dirigeants ouest-africains à réunir les ressources nécessaires au déploiement de la force régionale.

« Nos chefs d'état-major de la défense ont déjà travaillé sur l'activation de la force. Ce qui est requis désormais, ce sont les ressources afin de déclencher son déploiement », avait-il déclaré, estimant que le terrorisme et l'extrémisme violent constituent aujourd'hui « la menace la plus sérieuse » pour l'espace communautaire.

Le communiqué final adopté par les chefs d'État traduit cette volonté d'accélérer le projet. La Conférence se déclare vivement préoccupée par la détérioration de la situation sécuritaire au Sahel et dans le bassin du lac Tchad, marquée par la multiplication des attaques terroristes, des enlèvements et des déplacements de populations.


Les dirigeants saluent les progrès enregistrés dans la préparation de la force régionale, notamment les contributions annoncées par plusieurs États membres et les travaux déjà réalisés en vue de son activation. Ils exhortent les pays qui ne l'ont pas encore fait à honorer leurs engagements financiers afin d'assurer le financement du dispositif et demandent au président de la Commission d'intensifier les consultations pour accélérer le règlement des arriérés de contributions.


Le sommet a surtout marqué une avancée importante avec l'adoption d'une feuille de route révisée pour la mise en service de la brigade antiterroriste de la CEDEAO. Celle-ci prévoit une montée en puissance progressive devant conduire à une pleine capacité opérationnelle d'ici juillet 2027, échéance désormais fixée par les chefs d'État. La Côte d'Ivoire, le Ghana et le Nigeria sont également chargés de poursuivre leurs consultations afin de convenir du siège du quartier général de la future force régionale.


Les dirigeants ont également décidé d'approfondir le dialogue avec l'Alliance des États du Sahel (AES) afin de mettre en place un mécanisme pragmatique de coopération sécuritaire contre le terrorisme, tout en renouvelant pour trois ans le mandat de l'envoyé spécial de la CEDEAO chargé de cette question, Baba Kamara.


Au-delà de la seule échéance de 2027, les décisions prises à Lungi traduisent la volonté de la CEDEAO de doter l'Afrique de l'Ouest d'un outil régional capable de renforcer la coordination militaire entre les États membres face à une menace terroriste qui continue de s'étendre dans plusieurs parties de la région.


i-sahel

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