CEDEAO : Diomaye Faye et Birame Diop passent aux choses sérieuses
- Infos du Sahel

- il y a 5 jours
- 3 min de lecture

Un mois et demi après leur installation à la tête de la CEDEAO, le président Bassirou Diomaye Faye et le général d'armée Birame Diop ont tenu, ce jeudi matin au Palais, leur première audience de travail depuis l'entrée en fonction effective de ce dernier à la présidence de la Commission. Une rencontre qui vient concrétiser les grandes orientations fixées lors du sommet de Freetown en juillet.
Un tandem installé à Freetown, désormais à la manœuvre
Le président sénégalais avait été porté à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement lors de la 69ᵉ session ordinaire de la CEDEAO, tenue à Freetown en Sierra Leone, succédant à Julius Maada Bio. Le général Birame Diop y avait quant à lui été désigné à la tête de la Commission pour le mandat 2026-2030, une double responsabilité sénégalaise à la tête de l'organisation.
Selon le communiqué de la Présidence, le général Diop a profité de cette audience pour remercier le chef de l'État « pour le choix porté sur sa personne, ainsi que l'ensemble des chefs d'État de la CEDEAO qui ont confirmé ce choix ».
Des dossiers techniques qui prolongent les orientations de Freetown
Si le sommet de Freetown avait surtout fixé un cap politique, rapprochement avec l'AES, sécurité, réformes institutionnelles, les échanges de ce jeudi ont porté sur des chantiers plus techniques, mais tout aussi structurants pour l'avenir de l'organisation : le lancement de l'ECO, la future monnaie communautaire, le taux de versement des prélèvements communautaires par les États membres, la fluidification de la circulation des personnes et des biens, ainsi que l'opérationnalisation de la brigade de lutte contre le terrorisme.
Ce dernier point s'inscrit directement dans la continuité du discours d'investiture de Bassirou Diomaye Faye à Freetown, où il avait appelé à accélérer
l'opérationnalisation de la Force en attente de la CEDEAO et à renforcer la mutualisation des moyens entre États membres face à l'expansion des groupes jihadistes, qui exercent une pression croissante sur les États côtiers du golfe de Guinée.
Le partage des rôles se précise
Cette audience illustre également la répartition des responsabilités entre les deux hommes, telle qu'elle avait été détaillée à l'issue du sommet : au président Diomaye Faye la définition des grandes orientations politiques de la Conférence ; au général Birame Diop, à la tête de la Commission basée à Abuja, la mise en œuvre concrète de ces décisions, préparation des budgets, coordination des politiques sectorielles, supervision des institutions communautaires.
Les sujets abordés ce jeudi, de la monnaie unique à la lutte antiterroriste, relèvent précisément de ce registre opérationnel que le général Diop, fort de son expérience d'ancien ministre sénégalais des Forces armées, doit désormais piloter.
Une organisation sous pression de résultats
Cette rencontre intervient alors que la CEDEAO reste engagée sur plusieurs fronts parallèles : la décrispation progressive avec les pays de l'AES, déjà perceptible à travers la reprise de la coopération sécuritaire entre le Bénin et le Burkina Faso ou le renforcement des liens entre le Mali et le Nigeria ; et le dialogue mené en parallèle par l'Union africaine auprès de Bamako et Ouagadougou, avec laquelle les priorités sécuritaires et institutionnelles de la CEDEAO présentent de nombreuses convergences.
En somme, cette première audience de travail entre les deux dirigeants sénégalais marque le passage d'une phase d'orientation, actée à Freetown, à une phase de mise en œuvre concrète, sur des dossiers dont dépendra, à terme, la capacité de la CEDEAO à traduire son ambition d'une « CEDEAO des peuples » en résultats tangibles pour ses quelque 300 millions de citoyens.
i-Sahel




Commentaires