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Drones Akinci à Sévaré : le Mali renforce ses moyens face à l'épicentre de la menace jihadiste


Le ministre délégué auprès du Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le général Oumar Diarra, accompagné d'une importante délégation, a procédé ce jeudi 30 juillet 2026 à Sévaré à la remise de drones de type Akinci au Chef d'État-Major général des Armées, le général Elise Jean Dao. Ce dernier a, à son tour, transmis les appareils au Chef d'État-Major de l'Armée de l'Air, le général Alou Boï Diarra.


Cette remise s'inscrit dans la dynamique de modernisation des équipements militaires et de renforcement des capacités opérationnelles des Forces Armées Maliennes (FAMa) face à la menace terroriste. Le général Oumar Diarra a souligné que cette acquisition traduit la volonté constante des plus hautes autorités de doter les FAMa de moyens modernes et performants, permettant d'accroître l'efficacité des opérations sur le terrain et de contribuer à la préservation de l'intégrité du territoire national.


Sévaré, un choix qui n'est pas anodin


Cette cérémonie intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Le 25 avril 2026, une offensive coordonnée du GSIM/JNIM et du Front de libération de l'Azawad (FLA) avait frappé simultanément Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal, coûtant la vie au ministre de la Défense de l'époque, Sadio Camara. Une seconde vague, le 4 juillet 2026, a de nouveau visé Sévaré, la caserne de Sofara, à proximité immédiate, pendant que Gao, Anéfis, Aguel'hoc et Kéniéroba étaient également attaquées. L'appui aérien a joué un rôle déterminant dans la reprise d'Anéfis le 9 juillet, selon l'État-major général des Armées, dont les bilans restent toutefois invérifiés de façon indépendante.


Le centre du Mali, épicentre historique du JNIM


Cette pression sur Sévaré n'est pas un hasard géographique : la branche du JNIM dans le centre du Mali est devenue la plus active depuis la naissance annoncée de la coalition jihadiste en mars 2017. Le mouvement organise son aire d'opération en dix « mantiqa », dont huit sur le seul territoire malien, contre une pour le Burkina Faso et une pour le Niger, une architecture qui reflète le poids central du pays, et en particulier de sa zone centrale, dans le dispositif du groupe.


Une acquisition qui s'inscrit dans une course technologique documentée


L'arrivée des Akinci intervient alors qu'un rapport publié en juillet 2026 par le Policy Center for the New South, cosigné par les chercheurs Rida Lyammouri et Niccola Milnes, dresse un état des lieux préoccupant de la militarisation des drones par les groupes armés du Sahel et du bassin du lac Tchad.


Sur la base de 245 incidents documentés entre septembre 2023 et juillet 2026 au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Nigeria, au Togo, au Cameroun et au Bénin, l'étude relève que quatre groupes, JNIM, FLA, ISWAP et ISSP, ont fait passer l'usage de drones armés de simples largages artisanaux à des capacités bien plus sophistiquées : frappes en vue subjective à charge creuse, drones à fibre optique insensibles au brouillage, et même, pour le FLA, un essaim d'une vingtaine d'appareils employé en mars 2026 contre un camp à Gao.


Le rapport souligne un déséquilibre frappant : sur les 245 incidents recensés, les défenseurs n'ont engagé un système anti-drone que dans dix cas, un seul impliquant une véritable défense aérienne. C'est précisément dans ce contexte de vide capacitaire que la remise des Akinci prend son sens : plutôt qu'un outil de défense anti-drone à proprement parler, le Mali reste, comme l'ensemble de la région selon le rapport, largement dépourvu de systèmes de ce type (CUAS), l'Akinci est un drone armé de surveillance et de frappe qui renforce la capacité offensive et de renseignement des FAMa, dans la lignée de l'appui aérien déjà décisif lors de la reprise d'Anéfis.


Le rapport note d'ailleurs que les avions à réaction rapide constituent, face aux assauts combinés drones-troupes au sol, l'un des rares contrepoids véritablement efficaces documentés dans la région, une piste qui rapproche, sans s'y substituer, la logique de cette acquisition.


i-sahel

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