Gambie : à quatre mois du scrutin, un premier accrochage entre le candidat Bensouda et l'administration
- Infos du Sahel

- il y a 3 jours
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Après avoir affirmé sur "Coffee Time with Peter Gomez" que le système financier intégré de l'État n'avait pas fonctionné au Kanifing Municipal Council depuis deux ans, le maire Talib Ahmed Bensouda, tout juste investi candidat à la présidentielle, se voit publiquement contredit par le Département du Comptable général.

Fraîchement investi, le 8 août 2026, candidat de la Coalition 2026 pour l'élection présidentielle gambienne du 5 décembre, le maire de Kanifing et leader du parti UNITE, Talib Ahmed Bensouda, se retrouve au cœur d'une controverse d'un tout autre ordre : la fiabilité de sa propre gestion administrative.
Une déclaration sur les ondes qui fait réagir
Interrogé sur l'émission Coffee Time with Peter Gomez, Talib Ahmed Bensouda a affirmé que le Système Intégré de Gestion Financière (SIGF), l'outil comptable utilisé par les institutions publiques gambiennes, n'avait pas fonctionné au sein du Kanifing Municipal Council (KMC) au cours des deux dernières années.
Le Département du Comptable général (Accountant General's Department, AGD) a réagi par un communiqué de clarification, affirmant le contraire des propos du maire. Selon l'AGD, le KMC a bien continué à traiter des transactions via le SIGF durant cette période.
Ses administrateurs système ont interrogé la plateforme et généré, pour le KMC, trois types de rapports : les livres de caisse (dépenses récurrentes, dépenses d'investissement et recettes), le grand livre général, ainsi qu'un rapport détaillé des engagements et des dépenses.
L'ensemble de ces documents seraient à jour jusqu'au mois d'août 2026, ce qui démontrerait, selon l'AGD, que le système est bel et bien opérationnel et activement utilisé au sein de la municipalité.
Deux hypothèses avancées par l'administration
Face à cette contradiction, l'AGD avance deux explications possibles, sans trancher laquelle est la bonne : soit le maire Bensouda « n'est peut-être pas pleinement informé » de l'utilisation réelle du SIGF au sein de sa propre collectivité, soit la supervision de la fonction comptable au sein du KMC « ne fonctionne pas efficacement ». Dans les deux cas, l'administration renvoie implicitement la responsabilité vers la gestion interne de la municipalité plutôt que vers un défaut du système national.
Le communiqué souligne par ailleurs que les ministères, départements et agences (MDA), des institutions pourtant plus vastes et plus complexes qu'une municipalité, fonctionnent actuellement avec succès grâce au même système.
L'AGD rappelle que toute entité rencontrant un problème avec le SIGF est tenue de le signaler à ses administrateurs système via les structures d'assistance établies, suggérant qu'aucun signalement de ce type n'aurait été fait par le KMC.
Un différend qui s'ajoute à d'autres tensions internes
Ce n'est pas la première fois que la gestion administrative et financière du KMC sous la mandature de Talib Bensouda fait l'objet de contestations.
L'ancienne directrice générale du KMC, Sainabou Martin Sonko, aujourd'hui à la tête de l'Area Council de Kerewan, avait déjà accusé publiquement le maire, dans une interview sur la même émission, de manipulation et d'avoir instrumentalisé des accusations de corruption à des fins politiques internes.
Un premier test de campagne
Cette controverse intervient à un moment sensible pour Talib Bensouda, tout juste désigné porte-drapeau de la Coalition 2026 et candidat déclaré de l'opposition face au pouvoir en place, à quatre mois d'un scrutin présidentiel fixé au 5 décembre 2026.
Le maire avait présenté, quelques jours avant cette polémique, un plan économique ambitieux visant à porter le PIB gambien de 3 à 15 milliards de dollars et à réformer la politique fiscale du pays.
La contradiction publique apportée par l'AGD, une administration relevant du pouvoir en exercice, sur un sujet aussi technique que la comptabilité de sa propre municipalité, illustre la manière dont les dossiers de gestion locale pourraient s'inviter, dans les prochains mois, dans les échanges entre le camp au pouvoir et l'opposition à l'approche de la présidentielle.
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