Mali : exécutions présumées, prisonniers et frappes aériennes, ce que l'on sait des combats de Tabrichat
- Infos du Sahel

- 19 juil.
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Les affrontements survenus le 18 juillet à Tabrichat, dans la région de Kidal, continuent de susciter des récits divergents. Les Forces armées maliennes (FAMa), Africa Corps, le Front de libération de l'Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) revendiquent chacun le succès de l'opération. Au-delà des communiqués officiels, plusieurs sources d'i-sahel rapportent l'exécution présumée de militaires maliens capturés et la participation du fils d'Iyad Ag Ghali aux combats.

Les combats qui ont opposé samedi les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs partenaires d'Africa Corps à une coalition regroupant le Front de libération de l'Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), dans le secteur de Tabrichat, continuent de donner lieu à des récits contradictoires.
Le FLA affirme avoir tendu une embuscade à un convoi parti d'Aguel'hoc et d'Anéfis en direction de Gao. Le mouvement soutient que l'opération, menée avec la participation d'une unité du JNIM, s'est soldée par d'importantes pertes dans les rangs des forces maliennes et de leurs partenaires, évoquant des morts, des blessés, des prisonniers ainsi que la destruction et la capture de plusieurs véhicules militaires.
Le JNIM, par l'intermédiaire de son organe de communication Az-Zallaqa, revendique également une attaque menée en coordination avec le FLA contre un convoi des FAMa et d'Africa Corps, sans publier de bilan détaillé.
De leur côté, les autorités maliennes présentent une lecture différente des événements. L'État-major général des Armées affirme que les frappes aériennes conduites à Tabrichat puis près d'Ersane ont permis de neutraliser plusieurs combattants de la coalition JNIM-FLA, de détruire quatre pick-up armés et de permettre au convoi de poursuivre sa mission.
Dans un second communiqué publié quelques heures plus tard, l'armée malienne annonce également avoir détruit un dépôt logistique attribué à la coalition dans la zone de Kardjiba, à l'est de Gourma-Rharous. Selon Bamako, le site contenait des milliers de fûts de carburant ainsi que plusieurs dizaines de caisses de motos.
Africa Corps affirme, pour sa part, avoir mené une frappe de drone contre un groupe de combattants du FLA présenté comme préparant une embuscade dans le secteur de Tabrichat. La structure russe indique que les combattants auraient quitté les lieux en abandonnant des morts et des blessés, sans fournir de bilan chiffré.
Au-delà de ces communications officielles, plusieurs sources concordantes d'i-sahel apportent de nouveaux éléments sur l'issue des combats.
Selon ces sources, plusieurs militaires maliens auraient été capturés par les combattants du JNIM au cours de l'embuscade. Une partie d'entre eux aurait été exécutée après s'être rendue, tandis que d'autres auraient été remis au Front de libération de l'Azawad.
Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux, que i-sahel n'a pas été en mesure d'authentifier de manière indépendante, montre plusieurs hommes en tenue militaire allongés au sol avant que certains ne soient abattus. Selon une source contactée par i-Sahel, plusieurs des militaires visibles sur ces images étaient déjà morts, tandis que d'autres étaient grièvement blessés au moment des tirs. En l'absence de vérification indépendante, il n'est toutefois pas possible de confirmer que cette vidéo a été tournée à Tabrichat ni d'en établir les circonstances exactes.
Les mêmes sources indiquent également que Hamza, présenté comme l'un des fils du chef du JNIM, Iyad Ag Ghali, aurait participé aux combats aux côtés des jihadistes.
Les combats de Tabrichat s'inscrivent dans la continuité directe de la bataille d'Anéfis, qui s'est déroulée durant sept jours autour de ce verrou stratégique de l'axe Gao-Kidal-Tessalit. Cette séquence avait déjà donné lieu à des récits difficilement conciliables entre le Front de libération de l'Azawad (FLA), les Forces armées maliennes (FAMa) et Africa Corps, chacun revendiquant l'ascendant sur le terrain.
Le 10 juillet, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, avait reconnu que le mouvement n'était pas parvenu à prendre le contrôle d'Anéfis « au cours de cette phase des opérations », tout en affirmant que ses combattants avaient conservé l'initiative et infligé de lourdes pertes aux forces adverses.
Le même jour, l'État-major général des Armées maliennes annonçait au contraire qu'un important convoi logistique en provenance de Gao avait rejoint Anéfis après des opérations aéroterrestres ayant permis de sécuriser l'itinéraire malgré plusieurs embuscades attribuées au JNIM et au FLA.
Bamako revendiquait alors quinze frappes aériennes menées à Anéfis, Tabrichat et Koulébala, la destruction de douze véhicules ainsi que la neutralisation de près d'une centaine de combattants.
Dans son propre bilan publié le même jour, Africa Corps avançait des chiffres sensiblement plus élevés, affirmant avoir mis hors de combat plus de 2 000 combattants adverses et détruit environ 300 véhicules. La structure russe revendiquait également la neutralisation de plusieurs responsables du FLA et du JNIM, dont M'Barack Ag Akli, ainsi qu'une blessure infligée à Iyad Ag Ghali, des affirmations contestées par les mouvements concernés.
Le 11 juillet, le FLA qualifiait les affrontements du 9 juillet de « bataille historique », assurant avoir infligé aux forces maliennes et à leurs alliés leurs pertes humaines et matérielles les plus importantes dans la région, tout en reconnaissant la mort de plusieurs de ses combattants et la perte de certains véhicules.
Quelques heures plus tard, l'État-major malien annonçait de son côté la prise de contrôle totale d'Anéfis et la poursuite d'opérations de ratissage contre les groupes armés affiliés au JNIM et au FLA. Pour cette même période, Bamako faisait état d'un bilan beaucoup plus limité que celui avancé par Africa Corps, évoquant une frappe aérienne, un véhicule de combat détruit et cinq combattants neutralisés.
i-sahel




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