Renforts russes au Mali : ce que l'on sait du convoi passé par Lomé
- Infos du Sahel

- il y a 6 jours
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Des vidéos montrant le passage d'un important convoi militaire circulent depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux, relayées par des comptes se présentant comme spécialisés dans le suivi de l'insécurité au Sahel. Ce convoi serait rattaché à Africa Corps, le détachement russe déployé au Mali en remplacement de Wagner. Voici ce que l'on sait de cette affaire, et ce qui reste à établir.
Des images filmées depuis un véhicule en mouvement
Les captures proviennent de deux vidéos amateurs, l'une d'environ une minute, l'autre plus courte, filmées depuis un véhicule circulant sur une route en terre bordée d'habitations et de commerces. La localité traversée n'est pas identifiée avec certitude. On y voit une colonne hétérogène progresser au milieu de la circulation civile ordinaire, croisée par des motos et des passants : plusieurs camions militaires kaki à six roues, bâches arrière repliées, dont l'un porte un dispositif visible sur le toit de la cabine ; deux véhicules blindés légers à quatre roues équipés de tourelles armées, l'un d'eux semblant porter un système surmonté d'un dispositif de type missile guidé ; et deux semi-remorques civiles, transportant chacune un véhicule blindé chenillé sur lequel sont assis des militaires. Cette combinaison de blindés roulant par leurs propres moyens et de matériel lourd tracté par des semi-remorques est cohérente avec un déplacement logistique de longue distance.
Un convoi qui serait parti du port de Lomé
Selon les comptes ayant diffusé les vidéos, le convoi serait parti du port de Lomé, au Togo, où des renforts russes seraient arrivés le 9 juillet, avant de progresser vers le Mali en transitant par le Burkina Faso. Cette route, qui contourne les voies d'approvisionnement traditionnelles plus directement exposées aux zones de combat dans le nord du Mali, est régulièrement citée comme un axe logistique utilisé par Bamako et ses partenaires russes.
Une date qui coïncide avec des combats d'ampleur dans le nord du Mali
Le 9 juillet, date avancée pour l'arrivée de ces renforts à Lomé, correspond précisément à une journée de combats intenses sur l'axe Gao-Kidal-Tessalit. Ce jour-là, l'État-major malien annonçait qu'un convoi logistique parti de Gao avait rejoint Anéfis, au terme de sept jours d'affrontements opposant les Forces armées maliennes (FAMa) et Africa Corps à une coalition du Front de libération de l'Azawad (FLA) et du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM).
Bamako revendiquait alors quinze frappes aériennes et une centaine de combattants adverses neutralisés, tandis qu'Africa Corps avançait un bilan bien plus élevé, faisant état de plus de 2 000 combattants mis hors de combat et d'environ 300 véhicules détruits — des chiffres contestés par le FLA et le JNIM. Le quotidien malien L'Indépendant rapportait de son côté, le 13 juillet, plus de 1 000 combattants tués entre le 4 et le 9 juillet et 30 soldats maliens morts, en citant le général Elisée Jean Dao.
Les combats se sont poursuivis depuis. Samedi, un nouveau convoi des FAMa et d'Africa Corps a été pris pour cible dans le secteur de Tabrichat, entre Gao et Anéfis, dans une attaque revendiquée conjointement par le FLA et le JNIM. Là encore, les récits divergent fortement selon les parties : le FLA affirme avoir infligé de lourdes pertes, avec morts, blessés et prisonniers ; Africa Corps revendique une frappe de drone ayant neutralisé les assaillants avant l'embuscade ; l'armée malienne assure que des frappes aériennes ont permis au convoi de poursuivre sa mission, tout en annonçant la destruction d'un dépôt logistique de la coalition à Kardjiba.
Plusieurs sources évoquent par ailleurs des militaires maliens capturés puis exécutés après s'être rendus, une information qu'aucune source indépendante n'a pu confirmer à ce jour, pas plus qu'une vidéo circulant sur les réseaux et montrant des hommes en tenue militaire abattus au sol.
Ce que l'attribution à Africa Corps signifierait
Africa Corps est une structure rattachée au ministère russe de la Défense, qui a progressivement pris le relais de la société paramilitaire Wagner au Mali après la mort de son fondateur Evguéni Prigojine en 2023. Ce partenariat constitue, pour Bamako, un pilier de sa stratégie sécuritaire face aux groupes armés jihadistes actifs dans le nord et le centre du pays.
Si l'attribution du convoi photographié à cette structure se confirmait, elle s'inscrirait dans la continuité d'un renforcement logistique visant à soutenir les opérations en cours sur l'axe Gao-Kidal, où les FAMa et Africa Corps revendiquent la reprise de contrôle d'Anéfis, tandis que le FLA et le JNIM affirment au contraire avoir conservé l'initiative militaire.
i-sahel




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