Sénégal : le président Faye saisit le Conseil constitutionnel contre la réforme portée par le camp de Sonko
- Infos du Sahel

- 8 juil.
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Le bras de fer institutionnel entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko a franchi une nouvelle étape mardi, avec la saisine du Conseil constitutionnel par le chef de l'État contre la réforme constitutionnelle adoptée fin juin par les députés.
Le texte, porté par les parlementaires du Pastef et adopté le 29 juin par l'Assemblée nationale à une large majorité, renforce les pouvoirs du Parlement face à l'exécutif et interdit au président de la République d'exercer une fonction dirigeante dans un parti politique — une disposition que plusieurs observateurs considèrent comme visant directement le chef de l'État, également président de la coalition au pouvoir. La réforme prévoit en outre le remplacement du Conseil constitutionnel par une Cour constitutionnelle élargie, passant de sept à neuf membres. Des élus de l'opposition avaient dénoncé, au moment du vote, ne pas avoir pu s'exprimer pleinement sur le contenu du texte.
Le 7 juillet, Bassirou Diomaye Faye a saisi le Conseil constitutionnel d'un recours en inconstitutionnalité, par l'intermédiaire de son avocat Cheikh Ahmadou Ndiaye. Le recours, enregistré sous le numéro 6/C/26 et déposé en procédure d'urgence, dénonce une violation de la procédure de révision constitutionnelle et demande aux sages de statuer dans un délai de huit jours.
Cette démarche intervient dans un contexte de tensions déjà installées entre les deux dirigeants, arrivés ensemble au pouvoir en 2024. Ousmane Sonko avait été démis de ses fonctions de Premier ministre le 22 mai 2026, deux jours avant la démission du président de l'Assemblée nationale d'alors, El Malick Ndiaye. Le président Faye avait ensuite nommé Ahmadou Al Aminou Lô à la Primature, tandis qu'Ousmane Sonko, redevenu député, était élu à la présidence de l'Assemblée nationale le 26 mai. Un premier recours visant sa réintégration au Parlement, déposé par dix-huit députés de l'opposition, avait été rejeté par le Conseil constitutionnel le 17 juin pour incompétence, sans examen sur le fond.
En réaction à la nouvelle saisine présidentielle, des députés du Pastef ont dénoncé dans un communiqué ce qu'ils qualifient de revirement du chef de l'État, rappelant qu'il avait auparavant évoqué l'organisation d'un référendum plutôt qu'un recours devant les juges.
Le Conseil constitutionnel doit désormais se prononcer sous huitaine sur la validité de la procédure d'adoption de la réforme, une décision qui déterminera l'équilibre des pouvoirs entre la présidence et une Assemblée nationale dominée par le parti de l'ancien Premier ministre.




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