Sifi Ghrieb à Bamako : ce que cette visite dit du rapprochement Mali-Algérie

Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb est attendu à Bamako ce lundi 14 septembre 2026, à l’invitation de son homologue malien Abdoulaye Maïga. À la tête d’une forte délégation, il sera porteur d’un message du président Abdelmadjid Tebboune au général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition et chef de l’État, selon la Primature malienne.
Cette visite intervient quelques semaines après le déplacement d’Abdoulaye Maïga à Alger, le 24 août, dans le cadre de la relance des relations entre les deux pays. À Bamako, Sifi Ghrieb sera reçu par Assimi Goïta et aura une séance de travail avec Abdoulaye Maïga.
Un rapprochement après quinze mois de tensions
La visite intervient après une longue période de tensions entre Bamako et Alger. Les relations entre les deux pays s’étaient fortement dégradées autour de plusieurs dossiers, notamment la question des mouvements armés du Nord et les accusations réciproques d’ingérence.
Le dialogue a toutefois repris progressivement au cours des derniers mois. La visite d’Abdoulaye Maïga à Alger, le 24 août, avait marqué une nouvelle étape dans cette séquence. Le Premier ministre malien avait alors évoqué les engagements pris par Abdelmadjid Tebboune, notamment sur le respect de la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures du Mali.
La venue de Sifi Ghrieb à Bamako montre que ce rapprochement se poursuit désormais au niveau gouvernemental. Elle doit permettre aux deux capitales de transformer la reprise du dialogue politique en coopération concrète.
Certains dossiers sensibles restent néanmoins en arrière-plan. C’est notamment le cas de Mahmoud Dicko, installé en Algérie depuis décembre 2023, dont la présence avait contribué à alimenter les tensions entre les deux pays.
Un rapprochement qui s’inscrit dans une dynamique régionale
Le rapprochement avec Bamako intervient alors qu’Alger renforce parallèlement ses relations avec d’autres pays du Sahel, notamment le Niger.
Ces derniers mois, la coopération algéro-nigérienne s’est intensifiée dans le domaine sécuritaire. Alger a notamment apporté un soutien militaire à Niamey en août, avec le déploiement de moyens aériens et la livraison d’hélicoptères.
Mais la relation dépasse désormais le seul cadre sécuritaire. La coopération entre l’Algérie et le Niger s’étend également aux télécommunications, à travers des accords entre opérateurs des deux pays, à la formation et à l’énergie. Cette évolution traduit une volonté d’Alger de renforcer une relation durable avec son environnement sahélien.
Le Mali occupe une place particulière dans cette stratégie. Pays voisin de l’Algérie et acteur central de l’espace sahélien, il constitue un partenaire avec lequel Alger cherche désormais à renouer après la période de crise.
Alger cherche à retrouver une place au Sahel
La visite de Sifi Ghrieb à Bamako intervient ainsi dans une séquence plus large de repositionnement de l’Algérie dans la région.
Pour Bamako, le rapprochement permet de renouer avec un voisin stratégique après quinze mois de tensions. Pour Alger, il s’agit de rétablir un canal politique avec un pays central du Sahel, alors que les relations avec Niamey connaissent également un approfondissement.
La question sera désormais de savoir jusqu’où les deux capitales peuvent aller dans cette normalisation. La rencontre de lundi devrait permettre de mesurer si le dégel politique peut déboucher sur une coopération plus structurée, notamment dans les domaines sécuritaire, économique et énergétique.
La Primature malienne affirme en tout cas que les deux pays veulent consolider leur coopération dans les domaines d’intérêt commun, dans un esprit de « bon voisinage, de fraternité et de solidarité agissante ».
i-Sahel





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