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Tchad-Niger : un entretien à Moscou pour « désamorcer la crise »

il y a 4 jours
2 min de lecture

En marge du 3e Sommet Russie-Afrique de Moscou, les ministres tchadien et nigérien des Affaires étrangères se sont entretenus des relations bilatérales, a rapporté vendredi la diplomatie tchadienne. Cette rencontre intervient peu après la frappe de drone d'Agadez, que Niamey impute au Tchad, et la réponse de N'Djaména.




Le Tchad et le Niger veulent-ils éviter l'escalade autour de l'incident d'Agadez ? Au regard des actes posés dernièrement par les deux pays, on serait tenté de le croire.


En effet, les chefs de la diplomatie tchadienne et nigérienne se sont entretenus en marge du 3e Sommet Russie-Afrique, tenu à Moscou, a rapporté vendredi la diplomatie tchadienne. Le ministre tchadien des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et des Tchadiens de l'étranger, Ahmat Kogri, et son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l'extérieur, ont échangé sur plusieurs sujets d'intérêt commun, « notamment les perspectives d'apaisement des tensions ».


Le texte tchadien situe cet entretien dans un contexte « marqué par des tensions latentes entre N'Djaména et Niamey ». Il y voit un témoignage de « l'importance du dialogue diplomatique dans la prévention des crises » et affirme que « le dialogue demeure la voie la plus sûre vers l'apaisement ». Il ajoute que c'est « justement la voie choisie par les chefs de diplomatie du Tchad et du Niger pour désamorcer la crise ».


Après l'échange d'accusations d'Agadez


Cette rencontre intervient peu après l'épisode d'Agadez. Le 26 octobre, le gouvernement nigérien a accusé le Tchad, avec l'appui de la France, d'être à l'origine d'une frappe de drone survenue le 24 octobre à Emi Lulu, dans la région d'Agadez, qui a fait deux morts civils selon Niamey. Il a annoncé la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Union africaine et demandé une enquête internationale. Le lendemain, N'Djaména a rejeté ces accusations « avec la plus grande fermeté » et demandé à Niamey de présenter publiquement les éléments dont il dit disposer. Tout en souscrivant à une enquête internationale indépendante, le Tchad se disait ouvert à un échange direct « sur des faits établis ».


Dans ce contexte, la diplomatie tchadienne reconnaît la nécessité de « dissiper les incompréhensions, prévenir toute escalade et préserver les intérêts communs ».


Rappelant les « liens de fraternité et de coopération » qui unissent les deux pays, le texte tchadien conclut que la stabilité des deux États « participe à l'équilibre de l'ensemble de la région ».


Un fil de contacts depuis le 20 octobre


Cet entretien prolonge une séquence de contacts déjà perçue comme un possible signe de dégel. Le 20 octobre, l'ambassadeur du Niger au Tchad, Anacko Mohamed, avait été reçu en audience par le ministre tchadien des Affaires étrangères. Quelques semaines plus tôt, la méfiance prévalait, après les affirmations du capitaine Roger Gabriel, non étayées par des preuves formelles, sur une possible intervention venue du Tchad lors de la mutinerie des 28 et 29 août.


i-Sahel

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