AES : seulement 17% d'échanges internes, l'angle mort avant le nouvel accord-cadre avec la CEDEAO
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ne réalisent que 17% de leur commerce entre eux, alors que l'AES s'apprête à négocier un nouvel accord-cadre avec la CEDEAO.

C'est un chiffre qui interroge la solidité du projet confédéral. À peine 17% des échanges commerciaux du Mali, du Burkina Faso et du Niger avec l'espace UEMOA se font entre eux. Le reste, soit plus de 2 000 milliards de FCFA, part vers d'autres pays de l'Union.
Ce constat, tiré de données de l'UEMOA pour 2021/2022, a été présenté par le Premier ministre malien, le général Abdoulaye Maïga, à l'ouverture de la 5ᵉ réunion des ministres chargés de l'Industrie et du Commerce de l'Alliance des États du Sahel (AES), ce lundi 28 septembre 2026 à Bamako.
Le moment choisi pour cette mise au point n'est pas neutre. L'AES s'apprête en effet à négocier un nouvel accord-cadre avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qu'elle a quittée il y a deux ans. Et cette échéance rend le chiffre d'autant plus gênant : comment peser dans une négociation régionale quand le commerce entre ses propres membres reste aussi faible ?
Le paradoxe est d'autant plus frappant que les rapports économiques publiés par la CEDEAO elle-même racontent une tout autre histoire, vue de l'extérieur. En Côte d'Ivoire, par exemple, la part de l'AES dans les exportations vers la sous-région est passée de moins de 40% en 2014 à près de 66% en 2023. Le Togo, lui, envoie 44% de ses exportations régionales vers les trois pays sahéliens. Autrement dit, l'AES pèse lourd dans le commerce de ses voisins côtiers, mais peine encore à faire circuler ses propres marchandises entre Bamako, Ouagadougou et Niamey.
Face à ce constat, le Premier ministre malien a esquissé une feuille de route en deux temps : d'un côté, fluidifier les corridors routiers et supprimer les obstacles non tarifaires qui freinent encore la circulation des marchandises ; de l'autre, produire davantage et transformer localement les matières premières, plutôt que de continuer à dépendre des importations extérieures.
Deux chantiers présentés comme la condition pour que l'AES aborde ses futures discussions avec la CEDEAO non pas en position de dépendance, mais en position de force.
i-Sahel





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