FSG-A a-t-il renoncé à son recrutement en Afrique ?
Depuis la publication de l'enquête d'i-Sahel sur cette société de drones suédo-ukrainienne, plusieurs publications et informations ont disparu de son compte Instagram, tandis que son nombre d'abonnés a bondi de près de mille en quelques jours. Une nouvelle offre, cette fois pour l'Indo-Pacifique, a par ailleurs été repérée.

Une évolution notable a été constatée par i-Sahel ce vendredi 25 septembre sur le compte Instagram de Fjärrstridsgrupp Alfa (FSG-A), la société suédo-ukrainienne d'opérateurs de drones dont notre rédaction avait documenté, il y a quelques jours, l'offre de recrutement pour des missions à la frontière Ghana-Burkina Faso.
Ce qui a changé sur le compte
Plusieurs changements ont été constatés par i-Sahel depuis notre dernière consultation. La photographie montrant huit combattants armés devant un pick-up, dont l'arrière semblait avoir disparu sur l'image, précisément le détail relevé par i-Sahel comme signe possible de retouche ou de génération par intelligence artificielle, a été retirée. Une autre publication, montrant un homme assis en train de manipuler une manette de drone avec un aéronef flouté visible au-dessus de lui, a également disparu.

Le texte de l'offre de recrutement, qui accompagnait auparavant l'une des publications, a lui aussi été retiré. Deux liens ont par ailleurs disparu de la biographie du compte, dont celui menant vers « Lisa 26 », l'outil de simulation de champ de bataille que notre rédaction avait consulté et documenté.
À relever également, la biographie du compte a été reformulée, passant de « FSG-A - Opérateurs de Suède en Ukraine/Afrique » à « Opérateurs suédois en Afrique. Forgés dans le conflit moderne ». Est-ce que cela signifierait que la piste Afrique est abandonnée par les initiateurs de la page ? Nous ne sommes pas en mesure de l'affirmer au stade actuel. En attendant, le nombre d'abonnés a pris l'ascenseur, affichant une progression sensible, passant de 6 404 à 7 398 followers en quelques jours seulement.
Une nouvelle offre repérée, cette fois pour l'Indo-Pacifique
Lors de cette même visite du compte, i-Sahel a détecté un statut mis en ligne 16 heures plus tôt, distinct des précédentes captures déjà documentées. Ce nouveau statut prend la forme d'une « directive opérationnelle » de recrutement, formulée dans un langage nettement plus militaire que l'offre repérée initialement.

Le texte, intitulé « Directive opérationnelle : cadre d'instructeurs (janv./févr. 2027) », prévoit un déploiement au premier trimestre 2027, pour cinq opérateurs individuels. Contrairement à l'offre précédemment documentée par i-Sahel, centrée sur la frontière Ghana-Burkina Faso, cette directive vise cette fois le « théâtre Indo-Pacifique », une zone géographique totalement différente.
Il est à relever que la directive cible nommément des « vétérans du GUR / des forces spéciales (SSO) et des ingénieurs drones » — une référence directe à la Direction du renseignement militaire ukrainien (GUR) et aux forces spéciales ukrainiennes (SSO), organismes officiels de l'État ukrainien. Le poste est présenté comme « strictement » un rôle d'instructeur.
Parmi les critères de sélection détaillés : un minimum de trois ans d'expérience de combat active en Ukraine, deux à trois ans d'expérience dédiée au pilotage de drones FPV, ainsi qu'une spécialisation en architecture FPV et voilure fixe avancées, contre-mesures de guerre électronique, adaptation au climat tropical/jungle, et intégration de charges explosives.
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La directive précise une procédure de candidature : envoi d'un CV « assaini » à une adresse mail, accompagné d'un « dossier média » comprenant des images vérifiées de frappes confirmées et de vols tactiques complexes. Le document exige explicitement que tous les fichiers soient dépouillés de leurs données EXIF et métadonnées avant transmission, une précaution destinée à empêcher toute identification de lieu, de date ou d'appareil à partir des fichiers envoyés.
Des tentatives de vérification restées sans réponse
Les tentatives d'i-Sahel de joindre le ou les administrateurs du compte Instagram de FSG-A pour obtenir des précisions sur ces changements sont, à ce stade, restées vaines. Par ailleurs, nos recherches visant à retrouver une trace de cette société sur d'autres plateformes ou registres n'ont, pour l'heure, rien donné.
En tout cas, cette évolution intervient après la publication, quelques jours plus tôt, d'une enquête d'i-Sahel partie d'un tweet, supprimé plus tard, du journaliste français Georges Malbrunot. Notre rédaction avait alors remonté jusqu'au compte Instagram puis au site internet de FSG-A, rédigé en ukrainien, qui présentait la société comme une unité d'élite d'opérateurs de drones fondée par des Suédois et composée de vétérans du front ukrainien, aujourd'hui reconvertis sous contrat en Afrique pour « protéger les intérêts occidentaux ».
L'offre de recrutement proposait un poste de « Spécialiste en reconnaissance expéditionnaire et en ciblage », rémunéré 360 dollars par jour, pour une zone d'opération définie comme la « Frontière Nord Ghana / Sud Burkina ».
Notre enquête avait aussi relevé qu'en dehors de ce compte et de ce site, aucun autre élément ne permettait d'établir l'existence réelle de cette société.
Ni les autorités burkinabè, ni les autorités ghanéennes, ni les autorités suédoises n'avaient réagi, à ce stade, ni à l'enquête d'i-Sahel.
i-Sahel





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