Guinée : les échanges avec Cellou Dalein Diallo au cœur de la révocation d’Algassimou Diallo
- Infos du Sahel

- 21 août
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Les raisons de la révocation du magistrat Algassimou Diallo ont été dévoilées jeudi soir à la télévision nationale. Les autorités lui reprochent notamment des échanges avec l'opposant Cellou Dalein Diallo, présentés comme liés à des manœuvres de déstabilisation de la Guinée.

Deux jours après sa suspension, Algassimou Diallo a été révoqué de la magistrature par le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM).
Dans sa décision, le CSM estime que les faits reprochés au magistrat sont établis et constituent des « manquements graves aux devoirs de son état, à l'honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat ».
Des échanges avec Cellou Dalein Diallo
Alors que les motifs de sa suspension n'avaient pas été rendus publics, le ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a apporté des précisions jeudi soir sur les antennes de la RTG.
Selon les explications fournies par les autorités, le dossier repose notamment sur des échanges attribués à Algassimou Diallo avec l'opposant Cellou Dalein Diallo. Ces conversations sont présentées comme portant sur des initiatives susceptibles de contribuer à une déstabilisation du pays.
Les autorités évoquent également un contexte marqué par des considérations à la fois politiques et ethniques, éléments qui auraient été examinés par la formation disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature.
Cellou Dalein Diallo, figure historique de l’opposition guinéenne et ancien Premier ministre, est aujourd’hui en exil. Celui-ci a notamment été candidat à plusieurs élections présidentielles et a longtemps dirigé l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).
Il est depuis plusieurs années en confrontation politique avec les autorités guinéennes. Il a quitté le pays alors qu’il faisait notamment l’objet de poursuites dans le dossier de la vente d’Air Guinée et s’est opposé au processus politique engagé après le coup d’État de 2021.
Une sanction maximale
Après examen du dossier, le Conseil supérieur de la Magistrature a conclu que les faits justifiaient la sanction la plus lourde prévue contre un magistrat : la révocation.
Cette décision intervient seulement quelques jours après la suspension d'Algassimou Diallo, dont les raisons demeuraient alors inconnues.
Comme l'avait indiqué I-Sahel après l'annonce de cette suspension, le magistrat était exposé à une sanction plus lourde pouvant aller jusqu'à sa radiation. La décision rendue par le Conseil supérieur de la Magistrature confirme finalement la gravité du dossier aux yeux des autorités guinéennes.
Ancien procureur près le Tribunal de première instance de Dixinn et figure du procès du 28 septembre 2009, Algassimou Diallo n'appartient désormais plus au corps de la magistrature guinéenne.
i-sahel



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