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Mali-Algérie : de la reprise du dialogue à une nouvelle feuille de route

il y a 2 jours
3 min de lecture


Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb est arrivé à Bamako lundi 14 septembre 2026, à l’invitation de son homologue malien Abdoulaye Maïga.


Porteur d’un message du président Abdelmadjid Tebboune à Assimi Goïta, il effectue cette visite avec une importante délégation. Elle intervient trois semaines après le déplacement de Maïga à Alger et marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays.


Pour Abdoulaye Maïga, le calendrier est en lui-même révélateur. « Exactement 21 jours » après sa visite à Alger, il accueille à Bamako son homologue algérien.


Le Premier ministre malien a rappelé que les deux chefs d’État avaient chargé leurs gouvernements de traduire leur vision commune en actions concrètes.


Cette vision repose notamment sur l’ambition d’une région « prospère, sécurisée » et libérée de « toute forme d’hégémonie, de terrorisme et de néocolonialisme ».


Pour Bamako, le rapprochement avec Alger ne doit donc pas se limiter à une reprise des contacts diplomatiques. Il doit déboucher sur une dynamique durable.


Passer du dialogue aux actions concrètes


La visite de Sifi Ghrieb intervient après une période de quinze mois de fortes tensions entre Bamako et Alger. La normalisation annoncée en juillet avait permis de rouvrir le dialogue et de rétablir progressivement les relations bilatérales.


Le déplacement du Premier ministre algérien donne désormais une dimension institutionnelle à cette reprise. Après la rencontre entre Maïga et Tebboune à Alger le 24 août, les deux gouvernements cherchent à transformer le rapprochement politique en coopération effective.


Sifi Ghrieb a lui-même présenté sa visite comme une nouvelle étape dans une relation qu’il a décrite comme ancienne, fondée sur l’histoire, la solidarité et le bon voisinage. Selon lui, les échanges de haut niveau traduisent la volonté politique d’Abdelmadjid Tebboune et d’Assimi Goïta de relancer les relations entre les deux pays.


Le Premier ministre algérien a également évoqué la nécessité de consultations approfondies sur les différents axes de coopération, mais aussi d’une coordination face aux défis communs auxquels fait face la région.


Une feuille de route pour les prochaines étapes


L’un des éléments les plus importants de cette visite réside dans la volonté affichée de passer à une nouvelle phase. Alger et Bamako veulent identifier des secteurs prioritaires et établir une feuille de route commune.


C’est précisément sur ce terrain que le rapprochement sera désormais jugé. Après les déclarations politiques et la reprise du dialogue, la question est celle de leur traduction en projets, mécanismes de coopération et résultats concrets.


Abdoulaye Maïga insiste de son côté sur le lien entre sécurité et développement. Pour le Premier ministre malien, une sécurité durable ne peut être dissociée des questions de prospérité et de développement.


Cette approche rejoint la dynamique déjà observée dans les relations entre l’Algérie et d’autres pays du Sahel. Avec le Niger, Alger a parallèlement renforcé sa coopération sécuritaire tout en développant des projets dans les télécommunications, la formation et l’énergie.


Alger veut consolider son retour dans le Sahel


Le rapprochement avec Bamako ne constitue donc pas un épisode isolé. Il s’inscrit dans une séquence plus large de réengagement algérien au Sahel, alors qu’Alger cherche à maintenir des relations étroites avec ses voisins méridionaux.


Le cas malien reste toutefois particulier. Les quinze mois de tensions ont laissé des dossiers sensibles, notamment autour de la question des groupes armés du nord du Mali et de la présence de Mahmoud Dicko en Algérie. Ces sujets n’ont pas disparu avec la normalisation et pourraient continuer à peser sur la relation.


Pour autant, le message porté par la visite de Sifi Ghrieb est celui d’un changement de séquence. Bamako et Alger ne cherchent plus seulement à rétablir le dialogue, ils veulent désormais lui donner un cadre et une direction.


La prochaine étape sera donc de voir si cette nouvelle feuille de route permet de transformer le rapprochement politique en coopération durable. Pour les deux capitales, l’enjeu est désormais de faire vivre dans la durée la « dynamique » évoquée par Abdoulaye Maïga.


i-Sahel

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