Mali : Dioura, ce que disent l'armée et le JNIM une semaine après l’attaque

Une semaine après l’attaque contre une position des Forces armées maliennes (FAMa) à Dioura, dans la région de Mopti, les versions publiées par l’armée malienne et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) divergent fortement.
Le groupe jihadiste a publié une nouvelle revendication de l’assaut jeudi 17 septembre, tandis que l’État-major général des Armées (EMGA) met en avant les opérations de riposte menées depuis le 10 septembre. Les bilans avancés par les deux parties restent difficiles à vérifier de manière indépendante.
Ce que revendique le JNIM
Dans un communiqué diffusé le 17 septembre, après une brève revendication le jour de l'attaque, le JNIM affirme avoir mené le 10 septembre au matin une « attaque qualitative » contre une position de l’armée malienne à Dioura.
Le groupe affirme avoir mis hors de combat 150 militaires, dont un colonel et un capitaine, et avoir capturé 93 autres éléments. Il revendique également la destruction de 15 véhicules militaires et de plus de 100 motos.
Le JNIM affirme par ailleurs avoir saisi six véhicules militaires, dix motos et un important stock d’armes et de munitions. Sa revendication mentionne notamment des armes de calibre 14 mm, des Douchka, des PKM, 233 Kalachnikovs, des RPG, des mortiers et une pièce d’artillerie SPG.
Au-delà du communiqué écrit, le JNIM a également diffusé des images présentées comme montrant une partie du butin saisi lors de l’attaque, ainsi que plusieurs cadavres. Ces éléments visuels accompagnent la revendication et présentent notamment des équipements militaires, des armes et des corps attribués à l’attaque.
Ce qu’avaient annoncé les FAMa le jour de l’attaque
Le 10 septembre, l’EMGA avait communiqué sur les opérations menées à Dioura et dans plusieurs autres secteurs du pays.
Concernant Dioura, l’armée malienne avait fait état de « plusieurs dizaines » de terroristes neutralisés, ainsi que de véhicules et de motocyclettes détruits. Elle n’avait pas communiqué de bilan précis concernant les pertes au sein des FAMa.
Le même communiqué faisait état de frappes contre deux bases de groupes armés près de Ouan, dans la région de San, et contre un regroupement à l’est de Sikasso.
Depuis, l’EMGA a publié plusieurs comptes rendus d’opérations présentées comme faisant partie de la riposte à l’attaque ou de la poursuite des opérations dans les secteurs concernés.
Une semaine d’opérations autour de Dioura
Le 14 septembre, l’armée affirme avoir neutralisé un groupe situé à environ 54 kilomètres à l’ouest de Dioura. Elle rapporte également une frappe contre un site logistique et de munitions près de Tessalit.
Le 15 septembre, les FAMa font état de frappes contre des points de repli au nord de Dioura, où auraient été repérés du matériel militaire, des motocyclettes et des drones kamikazes. D’autres frappes auraient visé des points de concentration au sud-est de Mondoro.
Le 16 septembre, l’EMGA affirme avoir neutralisé un groupe équipé de moyens de communication satellitaire au nord-est de Guélédié, dans la région de Mopti. L’armée rapporte également des opérations contre plusieurs points de repli à Kidal et dans ses environs.
Le 17 septembre, l’EMGA annonce de nouvelles frappes au sud-ouest de Dioura ainsi que contre plusieurs points de retranchement dans et autour de la ville.
Les incidents précédant Dioura
L’attaque de Dioura intervient après plusieurs incidents signalés au Mali au cours de la première quinzaine de septembre.
Les 2 et 5 septembre, le JNIM avait revendiqué deux opérations présentées comme ayant visé les forces maliennes à proximité de Bamako. La première concernait une embuscade contre un convoi de l’armée malienne, la seconde la prise d’un poste de contrôle militaire présenté comme situé dans l’environnement de la capitale.
Le 8 septembre, deux autres incidents avaient été signalés. Près de Kaka, dans la région de Mopti, le JNIM avait revendiqué une embuscade contre une patrouille composée de membres du Corps africain russe, de militaires maliens et de milices alliées. Le groupe avait affirmé avoir tué 13 combattants et récupéré des armes, des munitions, des motos et des véhicules. Il avait également diffusé des images de matériel et de plusieurs corps présentés comme ceux de combattants russes.
Le même jour, à Aguelhoc, dans la région de Kidal, le JNIM avait affirmé avoir effectué des tirs de mortier contre les forces maliennes et russes. Africa Corps avait également communiqué sur l’incident, affirmant que plusieurs obus avaient touché une mosquée et endommagé la salle de prière.
Ces incidents faisaient suite aux actions signalées autour d’Aguelhoc les 30 et 31 août, lorsque le FLA avait affirmé avoir frappé un camp abritant des éléments des FAMa et du Corps africain russe, tandis que le JNIM revendiquait une attaque au mortier contre un camp situé au sud d’Aguelhoc. L’EMGA avait, de son côté, annoncé des opérations à l’ouest d’Aguelhoc.
i-Sahel





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