Burkina Faso : que cherche à prouver l’EIS avec ses images de la bataille de Ganadaouri ?
Dimanche 1er novembre, l’État islamique au Sahel (EIS) a publié des photos présentées comme les conséquences de la bataille de Ganadaouri, plusieurs jours après les combats. i-Sahel y a compté au moins 120 cadavres, sans pouvoir confirmer de manière indépendante qu’il s’agit de victimes des affrontements décrits par le groupe. Le JNIM n’a pas encore réagi.

Dans une revendication diffusée ce dimanche 1er novembre, l’EIS publie des photos qu’il présente comme « les conséquences de la bataille sanglante qui a opposé les soldats du Califat aux milices renégates d’Al-Qaïda près du village de “Ganadaouri”, dans la région d’Oudalan, au nord du Burkina Faso ». Par « milices renégates d’Al-Qaïda », le groupe désigne le JNIM.
Au moins 120 cadavres comptés, sans confirmation indépendante
Dans les images diffusées par l’EIS, i-Sahel a compté au moins 120 cadavres. Ce chiffre est un minimum, établi à partir des seules photos publiées par le groupe. i-Sahel n’a pas pu confirmer de manière indépendante qu’il s’agit de dépouilles de combattants tués lors des affrontements rapportés par l’EIS.
La revendication met aussi en avant des images montrant plusieurs fantassins à bord de motos. Des combattants y sont également montrés en position de combat, armés de kalachnikovs. Des centaines d'armes et des motos supposément saisies sont également exposées.
Que cherche à prouver l’EIS ?
Tout semble indiquer qu’en publiant ces images, l’EIS cherche à prouver ses revendications. Plusieurs comptes liés au JNIM sur les réseaux sociaux remettent en effet en question l’authenticité des chiffres avancés par le groupe, en particulier ceux des pertes qu’il affirme avoir infligées à l’autre camp.
De son côté, le JNIM n’a pas encore réagi aux revendications de l’EIS sur le Burkina Faso. La dernière fois que le groupe a communiqué sur ses affrontements avec l’EIS, d’après le recensement d’i-Sahel, remonte au 18 août 2026. Son média Az-Zallaqa avait alors publié un communiqué sur les combats de la veille à Darkoye et Bangao, dans l’Oudalan. Le JNIM affirmait avoir tué trois combattants de l’EIS, dont un cadre présenté sous le nom d’« Abou Sayyid », et récupéré une mitrailleuse, des munitions et une moto. Une photo de ce matériel avait été diffusée par le groupe.
Ce que l’EIS avait déjà revendiqué
Les combats de Ganadaouri avaient déjà fait l’objet d’une revendication relayée par l’agence Amaq. L’EIS affirmait avoir tué plus de 400 combattants du JNIM, dont des commandants de terrain, lors d’affrontements d’environ une heure et demie. Il disait aussi avoir incendié 300 motos et saisi un véhicule, plus de 460 mitrailleuses de différents types, 13 lance-roquettes et 104 autres motos. L’hebdomadaire Al-Naba avait ensuite avancé que le JNIM avait mobilisé plus de 3 000 combattants et que des dizaines d’hommes avaient été capturés.
Une rivalité suivie par i-Sahel
Ces combats s’inscrivent dans la rivalité entre l’EIS et le JNIM, documentée par i-Sahel dans son enquête « JNIM–EIS : les secrets d’une guerre dans une guerre ». Le recensement des communiqués des deux groupes entre août 2025 et août 2026 avait permis d’identifier 11 revendications de l’EIS contre le JNIM et cinq du JNIM contre l’EIS dans le corpus étudié.
I-Sahel






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