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Mali : que faut-il retenir des deux revendications du JNIM près de Bamako ?

8 sept.
3 min de lecture

Le JNIM a revendiqué deux opérations près de Bamako les 2 et 5 septembre. Sans confirmation indépendante, ces actions sont, selon un expert des groupes jihadistes, à inscrire dans les « opérations » de routine du groupe et ne traduisent pas une grande mobilisation autour de la capitale.




Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), via son organe de propagande Az-Zallaqa, a revendiqué en l’espace de quelques jours deux opérations qui auraient visé les forces maliennes à proximité de Bamako.


La première, annoncée le 2 septembre, concerne une embuscade contre un convoi de l’armée malienne. La seconde, communiquée le 5 septembre, porte sur la prise d’un poste de contrôle militaire présenté comme situé près de la capitale.


À ce stade, aucune confirmation ne permet d’établir les circonstances et l’exactitude des faits. Les communications d’Az-Zallaqa restent imprécises sur leur localisation, leur déroulement et leur bilan. À noter également qu’à ce jour, le groupe n’a pas diffusé de revendications détaillées accompagnées d’images, comme il a l’habitude de le faire pour plusieurs de ses attaques.


Deux revendications en trois jours


Dans sa communication du 2 septembre, le JNIM affirme avoir tendu une embuscade à un convoi de l’armée malienne près de Bamako.


Trois jours plus tard, le groupe a revendiqué la prise d’un poste de contrôle militaire, également présenté comme situé dans l’environnement de la capitale.


Ces deux communications interviennent alors que le JNIM revendique régulièrement des opérations contre les forces maliennes dans différentes régions du pays.


Une activité déjà signalée autour de Bamako


Les deux revendications interviennent dans un contexte où le JNIM a déjà mené ou revendiqué des opérations dans le centre et le sud du Mali.


Le dernier rapport de l’Équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, transmis en août 2026, fait état d’une extension de l’activité du groupe jusqu’à l’environnement de Bamako et Kati.


Le 25 avril 2026, une offensive coordonnée avait notamment touché plusieurs régions du Mali. À Kati, ville de garnison située à proximité de Bamako, le rapport indique qu’environ 200 combattants du JNIM avaient lancé un assaut.


Le rapport précise également que le ministre malien de la Défense avait été tué lors d’un attentat-suicide au moyen d’un véhicule piégé.


Cette offensive avait toutefois entraîné d’importantes pertes parmi les combattants du JNIM, selon le même rapport.


Mais selon un expert des groupes jihadistes interrogé par i-Sahel, ces deux actions doivent être inscrites « dans les opérations » de routine du groupe. Leur revendication à proximité de Bamako ne signifie donc pas, selon cette source, qu’une importante mobilisation de combattants serait actuellement engagée autour de la capitale.


Une activité qui s’étend vers le sud


Le rapport des Nations unies fait également état de la poursuite du recrutement du JNIM dans le sud-ouest du Mali.


L’organisation a notamment mis en avant un porte-parole s’exprimant en bambara pour communiquer sur ses activités dans le sud du pays. Cette communication accompagne les efforts du groupe pour développer son audience auprès des populations locales.


Le rapport souligne parallèlement que les dirigeants du JNIM restent prudents concernant son expansion géographique et privilégient la cohésion interne ainsi que les opérations en cours.


Des capacités de coordination documentées


L’Équipe de surveillance relève par ailleurs la capacité du JNIM à coordonner ses différentes katibas.


Le groupe utilise notamment des systèmes commerciaux de communication par satellite. Plusieurs dizaines de terminaux seraient utilisés par des commandants et combattants locaux, facilitant les échanges entre différentes composantes de l’organisation.


Le rapport décrit ainsi un réseau capable de conduire des opérations sur plusieurs zones du Mali tout en maintenant une coordination entre ses différentes structures.


Des ressources financières importantes


Le financement des opérations du JNIM constitue également un élément documenté par le rapport de l’ONU.


Selon les estimations citées, une rançon d’environ 50 millions de dollars versée en 2025 pour la libération d’un otage aurait notamment contribué au financement de l’offensive menée par le groupe au Mali.


Une partie de cette somme aurait été redistribuée entre différentes katibas du JNIM, tandis qu’une autre aurait été transférée à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).


i-Sahel


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