AES : installé, à quoi servira le nouveau Parlement confédéral ?
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Le Parlement de la Confédération des États du Sahel (AES) a été officiellement installé ce lundi 24 août 2026 à Niamey, à l'occasion de la séance d'ouverture de sa toute première session.

Le Parlement confédéral compte 45 députés, à raison de 15 représentants par État membre, Burkina Faso, Mali et Niger. Avec cette installation, les députés confédéraux disposent désormais d'un cadre officiel pour se réunir en sessions, délibérer et émettre des avis sur les grandes questions intéressant la Confédération.
Le Premier ministre représentait le chef de l'État
C'est le Premier ministre nigérien qui a représenté à cette cérémonie le président Abdourahamane Tiani. Il a qualifié cette installation d'« étape majeure dans la consolidation de l'architecture institutionnelle » de la Confédération et dans le renforcement de la coopération entre les trois pays membres.
Le chef du gouvernement nigérien a signé le livre d'or des sessions confédérales des Parlements de l'AES, avant de prendre part à la photo de famille aux côtés des députés nouvellement installés.
Ce que cette installation change concrètement
Selon Ali Mahamane Lamine Zeine, la mise en place effective de cette chambre « traduit notre volonté commune de rapprocher davantage les institutions de nos populations, de porter leurs aspirations et d'accompagner la construction d'un espace fondé sur la souveraineté, la solidarité, la sécurité, le développement et une diplomatie commune ».
Ce que dit le texte fondateur sur les prérogatives du Parlement
Le cadre juridique de cette nouvelle institution repose sur le Protocole additionnel au Traité portant création de la Confédération des États du Sahel, relatif aux Sessions confédérales des Parlements, signé le 23 décembre 2025 à Bamako. Ce texte de 27 articles, répartis en huit chapitres, précise les attributions du Parlement confédéral, selon l'Assemblée législative de transition du Burkina Faso, qui l'a ratifié le 12 mai 2026.
Son article 6 stipule que les Sessions confédérales des Parlements « délibèrent et émettent un avis sur tout sujet dont elles sont saisies par le Collège des Chefs d'État et sur toute question intéressant la vie de la Confédération ». Il s'agit donc d'un pouvoir principalement consultatif, et non d'un pouvoir législatif contraignant : le Parlement confédéral rend des avis, il ne vote pas de lois s'imposant aux États membres.
Le texte prévoit également plusieurs mécanismes de coordination avec les autres organes de la Confédération.
L'article 19 aménage une communication entre le Collège des chefs d'État et les Sessions confédérales. L'article 20 accorde un droit d'accès aux sessions et aux commissions de travail aux membres des Sessions confédérales du Conseil des ministres, tandis que l'article 21 permet aux députés confédéraux d'organiser des séances de travail avec ces mêmes ministres. Enfin, l'article 22 donne compétence au Parlement pour assurer l'information des populations au sein de la Confédération, une mission confirmée par l'Agence de presse africaine, qui évoque également un rôle de contrôle de l'action des organes de la Confédération et de relais des préoccupations des peuples.
Sur le plan pratique, les députés confédéraux, désignés pour la durée de la législature de leur Parlement national, se réunissent en session ordinaire deux fois par an, sur convocation du président de la Confédération. Les sessions sont présidées par le président du Parlement de l'État qui assure la présidence tournante de la Confédération.
Une nouvelle brique dans l'édifice institutionnel de l'AES
L'Alliance des États du Sahel a été créée le 16 septembre 2023, avant d'être érigée en Confédération le 6 juillet 2024.
Depuis, plusieurs chantiers communs avaient déjà vu le jour : une force unifiée d'environ 5 000 hommes destinée à la lutte contre le terrorisme, ainsi que la Banque confédérale pour l'investissement et le développement (BCID-AES), dotée d'un capital initial de 500 milliards de FCFA.
Dans le domaine de l'information, les trois États avaient également engagé la mise en place d'outils communs : une télévision confédérale, AES TV, basée à Bamako, une radio confédérale dont le siège se trouve au Burkina Faso, et une agence d'information confédérale en cours de création à Niamey.
L'installation du Parlement confédéral vient compléter cet ensemble institutionnel déjà engagé, en dotant la Confédération d'une chambre représentative propre.
« Un espace davantage intégré, souverain »
Pour le Premier ministre, cette installation « témoigne de la détermination de nos trois États à poursuivre, ensemble, l'édification d'une Confédération forte, souveraine et au service de nos peuples », dans la continuité de « la construction progressive d'un espace davantage intégré, souverain et résolument tourné vers les aspirations de nos peuples ».
i-Sahel




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