top of page

Ce que Tebboune a promis à Bamako

i-Sahel revenait, ce lundi 24 août, sur l'audience accordée par le président algérien Abdelmadjid Tebboune au Premier ministre malien Abdoulaye Maïga à Alger, et sur la formule marquante de la rencontre : « Nous sommes condamnés à cheminer ensemble. » Au-delà de cette déclaration d'intention, le compte rendu détaillé livré par le chef du gouvernement malien contient un engagement plus précis, qui mérite qu'on s'y arrête : la promesse d'une non-ingérence algérienne dans les affaires intérieures du Mali.




Reçu à Alger par le président Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a livré, à l'issue de l'audience, un compte rendu détaillé de leurs échanges.


Si la formule sur un Mali et une Algérie « condamnés à cheminer ensemble » a largement retenu l'attention, un autre passage de sa déclaration éclaire plus précisément les termes du rapprochement en cours entre les deux pays.


La promesse centrale : « L'Algérie ne s'ingérera jamais »


Abdoulaye Maïga a en effet rapporté un engagement précis pris par le président algérien : « Je voudrais également rappeler le point de vue de Son Excellence le président Abdelmadjid Tebboune, lorsqu'il a réitéré que l'Algérie ne s'ingérera jamais dans les affaires intérieures de nos pays. »


Selon le Premier ministre malien, le respect de la souveraineté et la non-ingérence constituent des « conditions pré-requises », le socle même de la vision partagée par les deux dirigeants pour faire de la région « un havre de paix », débarrassée « de toute forme de néocolonialisme, de toute forme d'hégémonie » et « de toute forme également de terrorisme ».


Un engagement dont la portée dépasserait, selon Abdoulaye Maïga, le seul Mali. Il a affirmé que cette vision est « également partagée » par le président nigérien Abdourahamane Tiani et le président burkinabè Ibrahim Traoré, au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), plaçant ainsi la promesse de non-ingérence algérienne comme un principe valable pour l'ensemble des trois capitales de l'Alliance.


Une clarification qui n'est pas anodine


Ce rappel n'a rien d'un simple exercice de style diplomatique. Il intervient après quinze mois de rupture entre Bamako et Alger, ouverte par la destruction d'un drone malien à Tinzaouatene en avril 2025, mais aussi après des années de défiance plus ancienne, marquées par les accusations récurrentes de Bamako sur un soutien algérien présumé aux mouvements armés du nord du Mali, accusations qu'Alger a toujours démenties.


Cette promesse, comme le rapportait déjà i-Sahel le jour même, s'inscrit dans un contexte plus large, à savoir histoire commune convoquée par les deux chefs d'État, géographie partagée, lutte commune contre le néocolonialisme, foyers de savoir de Tombouctou, et d'un contact diplomatique déjà amorcé le 9 août par un échange téléphonique entre les deux Premiers ministres.


Elle ouvre également la voie à une prochaine étape, la visite officielle du président Assimi Goïta à Alger, acceptée par ce dernier mais dont la date reste, à ce stade, à déterminer par les canaux diplomatiques habituels.


i-Sahel

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
  • Instagram
  • Facebook
  • Nous suivre sur Twitter
  • LinkedIn
  • YouTube
  • TikTok
bottom of page