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Anefis, jour par jour, selon les parties au conflit




Une bataille de sept jours dans la région d'Anéfis, verrou stratégique de l'axe Gao-Kidal-Tessalit, a donné lieu à des récits difficilement conciliables entre le Front de libération de l'Azawad (FLA), l'État-major général des Armées maliennes et le groupe paramilitaire russe Africa Corps. Les derniers communiqués publiés, entre le 10 et le 11 juillet, marquent une nouvelle divergence, cette fois sur l'issue même des combats.


Vendredi 10 juillet : l'aveu du FLA face à un convoi que Bamako dit sécurisé


Dans un message diffusé vendredi matin, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a reconnu pour la première fois depuis le début des combats que l'objectif de prendre le contrôle d'Anéfis n'avait pas été atteint « au cours de cette phase des opérations ». Il affirme toutefois que ses combattants ont conservé l'initiative et infligé un prix élevé à l'adversaire, sans que cela ne remette en cause, selon lui, les « acquis » du mouvement.


Le même jour, l'État-major malien publie un communiqué qui contredit directement l'un des points les plus disputés de la semaine : le sort des convois de renfort. Selon ce texte, un important convoi logistique parti de Gao serait arrivé à Anéfis dans la nuit du 9 juillet, les actions aéroterrestres ayant permis de sécuriser l'itinéraire malgré plusieurs embuscades attribuées au JNIM, au FLA et à leurs affiliés, avec recours à des drones kamikazes. L'État-major affirme que les FAMa avaient, quarante-huit heures plus tôt, « nettoyé » les positions adverses à Anéfis. Le bilan avancé pour les dernières vingt-quatre heures fait état de 15 frappes aériennes à Anéfis, Tabrichat et Koulébala, de 12 véhicules détruits et de près d'une centaine de combattants neutralisés.


Le communiqué détaillé d'Africa Corps, également publié vendredi, revendique un bilan cumulé sur l'ensemble de la période bien plus lourd : plus de 2 000 combattants adverses mis hors de combat, environ 300 véhicules détruits et la neutralisation de plusieurs cadres du FLA et du JNIM, dont le numéro deux du FLA Mbarek Ag Akli, ainsi qu'une blessure infligée à Iyad Ag Gali. Le groupe affirme n'avoir subi aucune perte irrémédiable dans ses rangs.


Samedi 11 juillet : le FLA revendique une « bataille historique », les FAMa annoncent le contrôle total de la ville


Un nouveau communiqué du FLA, daté du 11 juillet à Kidal, revient longuement sur la journée du 9 juillet, qualifiée de « confrontation décisive » face à ce que le mouvement présente comme la force la plus importante mobilisée par Bamako et ses alliés, avec un soutien aérien de l'Alliance des États du Sahel. Le FLA affirme avoir infligé à l'adversaire ses pertes humaines et matérielles les plus lourdes dans l'histoire de la région, évoquant l'abandon sur place de véhicules et d'équipements devenus, selon ses termes, le « butin » de ses combattants. Le mouvement reconnaît en contrepartie la perte de plusieurs de ses combattants et d'un certain nombre de véhicules, adressant ses condoléances aux familles et promettant de poursuivre la lutte jusqu'à la « libération du territoire de l'Azawad ».


De son côté, l'État-major général des Armées maliennes publie ce même 11 juillet un communiqué distinct indiquant que les FAMa, en coordination avec leurs partenaires, ont désormais pris le contrôle total de la localité d'Anefis et poursuivent des opérations de ratissage contre les groupes armés affiliés au JNIM et au FLA. Pour la période du 10 au 11 juillet spécifiquement, l'État-major fait état d'un bilan nettement plus limité qu'Africa Corps : une frappe aérienne, un véhicule de combat détruit et cinq combattants neutralisés.


La succession de ces communiqués, publiés à quelques heures d'intervalle par les trois parties, illustre la persistance d'un écart considérable entre les bilans chiffrés avancés — du simple aveu d'objectif manqué formulé par le FLA à la revendication d'une « bataille historique » le lendemain, en passant par des bilans de pertes qui varient d'un facteur de plusieurs centaines selon la source. Aucun de ces éléments n'a pu, à ce stade, être vérifié de manière indépendante. Le silence du JNIM sur cette bataille, alors qu'il avait combattu aux côtés du FLA lors de la reprise de Kidal en avril, demeure également inexpliqué.


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