Au Sahel, l'Algérie muscle son influence sécuritaire
- Infos du Sahel

- 10 août
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En l'espace d'un mois, l'Algérie a enchaîné trois gestes forts au Sahel : la normalisation de ses relations avec le Mali après quinze mois de rupture, la libération d'un ressortissant allemand détenu au Niger, puis, ce dimanche, la remise à l'Armée nigérienne d'un don de quatre hélicoptères. Une séquence qui confirme la montée en puissance du rôle sécuritaire d'Alger dans la région, appuyée sur une coopération avec Niamey restée continue tout au long de la crise malienne.

L'Algérie a multiplié, ces dernières semaines, les gestes confirmant son rôle de premier plan dans la sécurité au Sahel, entre la normalisation de ses relations avec le Mali, la libération d'un ressortissant allemand détenu au Niger et, ce dimanche, la remise à l'Armée nigérienne d'un don de quatre hélicoptères.
Le don d'hélicoptères au Niger
Le ministère algérien de la Défense nationale (MDN) a annoncé ce dimanche 9 août la remise, à l'Armée nigérienne, d'un lot de matériel militaire comprenant quatre hélicoptères — deux Mi-24V et deux Mi-171, ainsi que des équipements associés. Selon le communiqué du MDN, l'opération a été ordonnée par le général Saïd Chanegriha, Chef d'État-major de l'Armée Nationale Populaire (ANP), en exécution des instructions du président algérien Abdelmadjid Tebboune, dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale stratégique entre Alger et Niamey.
Les quatre appareils ont décollé dans la journée depuis la base de déploiement secondaire d'In Guezzam, en 6ᵉ Région militaire, à destination de l'aéroport de Niamey. Un avion militaire des Forces aériennes algériennes a par ailleurs acheminé vers la même destination des munitions, des pièces de rechange, ainsi que du matériel d'appui, de maintenance et de soutien logistique.
Un précédent immédiat : la libération d'un otage allemand
Cette livraison intervient deux jours seulement après la remise aux autorités algériennes, le 7 août au soir, du ressortissant allemand Ulumaskan Sinan, détenu au Niger pendant environ deux semaines.
Selon le MDN, l'otage, décrit comme en « bonne santé », a été accueilli par les services de sécurité de l'armée puis transporté par avion spécial depuis la même base d'In Guezzam jusqu'à la base aérienne de Boufarik, en vue de sa remise aux autorités allemandes.
Interrogé par la chaîne AL24 News, Sinan a évoqué quatre jours passés dans le désert avec le groupe l'ayant enlevé, avant d'être détenu douze à treize jours supplémentaires par un second groupe, dans des « conditions très difficiles ». Il a salué une « opération spéciale et de grande qualité » et remercié le gouvernement, l'armée et la présidence algériens. Ni le communiqué du MDN ni son témoignage ne précisent l'identité des groupes armés impliqués, ni le lieu et la date exacts de l'enlèvement.
Une relation avec Niamey jamais interrompue
Ces deux opérations, toutes deux articulées autour de la base d'In Guezzam, s'inscrivent dans la continuité d'une coopération algéro-nigérienne qui ne s'est jamais relâchée, y compris lorsque les relations entre Alger et Bamako, partenaire du Niger au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), étaient au plus bas.
Le président nigérien Abdourahamane Tiani s'était rendu à Alger en février 2026, suivi de la tenue de la Grande Commission mixte en mars, de la signature de plusieurs accords de coopération et de l'inauguration, en juin, d'une centrale électrique de 40 mégawatts financée dans ce cadre.
En toile de fond, la sortie de crise avec le Mali
Cette séquence intervient un mois après l'annonce, le 10 juillet 2026, du retour des ambassadeurs et de la réouverture des espaces aériens entre l'Algérie et le Mali, mettant fin à quinze mois de rupture diplomatique ouverte par la destruction d'un drone malien à Tinzaouaten en avril 2025.
Contrairement à Bamako, resté en rupture ouverte durant toute cette période, le Niger, tout comme le Burkina Faso, n'a jamais cessé d'approfondir ses liens avec Alger, une position qui a pu en faire des interlocuteurs discrets dans la résolution de la crise malienne, sans qu'aucun élément ne permette à ce stade de l'établir formellement.
En somme, ces trois épisodes, normalisation avec Bamako, libération d'un otage occidental, don de matériel militaire lourd, dessinent le profil d'une Algérie qui consolide méthodiquement son influence sécuritaire au Sahel, s'appuyant sur des partenariats bilatéraux stables et sur un dispositif opérationnel de plus en plus visible dans le Grand Sud algérien.
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