Burkina Faso : que sait-on du cadre de l’EIS tué dans les affrontements de Darkoye et Bangao ?
- Infos du Sahel

- il y a 4 heures
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Le JNIM a détaillé mardi 18 août, en début de soirée, sa revendication après les affrontements de la veille avec l’État islamique au Sahel (EIS) à Darkoye et Bangao, dans la province de l’Oudalan. Le groupe affirme avoir tué trois combattants de l’EIS, dont un chef surnommé « Abou Sayyid », et avoir récupéré un fusil-mitrailleur, des munitions et une moto.
Cette revendication apporte de nouveaux éléments sur la mort présumée d’un important cadre de l’EIS, dont l’identité fait l’objet de plusieurs appellations.
Le JNIM revendique trois morts
Dans sa communication, le JNIM affirme avoir tué trois combattants de l’EIS lors d’un accrochage à Bangao, le 17 août. Le groupe présente l’un d’eux comme un chef surnommé « Abou Sayyid ».
La revendication est accompagnée de photographies montrant notamment un fusil-mitrailleur, des munitions et une moto, présentés comme du matériel récupéré après les combats.
Le JNIM ne précise pas la fonction exacte occupée par Abou Sayyid au sein de l’EIS et ne le présente pas explicitement comme l’émir du groupe au Burkina Faso.
Ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Une vidéo fait circuler le nom d’Abou Zeid
Après les combats, une vidéo de 18 secondes a circulé sur les réseaux sociaux. Elle montre un cadavre entouré d’hommes armés. Dans la séquence, des combattants prononcent en fulfuldé le nom d’« Abou Zeid ».
Une source bien informée a indiqué à i-Sahel que le corps visible sur la vidéo est probablement celui d’Abou Zeid. Selon cette source, des combattants du JNIM affirment également qu’il s’agit de lui.
Mais une autre source, bien renseignée sur les groupes jihadistes au Sahel, se montre plus prudente. Elle dit ne pas pouvoir confirmer cette identification et évoque plutôt le nom d’Abou Sidi, qu’elle présente comme le successeur de Sadou Tongomayel au sein de l’EIS.
La même source souligne que le fait que le combattant tué soit l’émir de l’EIS au Burkina Faso reste à confirmer.
Abou Zeid, Abou Sidi, Abou Sayyid : trois noms pour un même homme ?
La revendication du JNIM apporte un élément qui pourrait permettre de rapprocher ces différentes appellations.
Le groupe parle en effet d’un chef surnommé « Abou Sayyid ».
Il est donc possible que Abou Zeid, Abou Sidi et Abou Sayyid désignent le même combattant, avec des différences liées aux surnoms, aux transcriptions ou à la manière dont son nom est prononcé et rapporté par les différentes sources.
Cette hypothèse n'est toutefois pas encore établie.
Ce qui apparaît désormais plus clairement, c’est que le JNIM affirme avoir tué un cadre présenté comme un chef de l’EIS lors des combats de Bangao.
Un nouvel épisode dans la guerre entre le JNIM et l’EIS
Ces affrontements s’inscrivent dans une rivalité ancienne entre les deux principales organisations jihadistes actives dans le Sahel.
Le 14 juillet, i-Sahel avait déjà documenté cette confrontation après l’élimination de Sadou Diallo Samahouna, présenté par le JNIM sous le nom de « Saad Fada » comme un responsable de la mobilisation de l’EIS.
Dans un enregistrement audio de plus de 14 minutes, le porte-parole du JNIM au Burkina Faso, Ousmane Dicko, alias Owais Al Ansari, affirmait que Sadou avait participé à la préparation d’une offensive contre le JNIM.
Selon lui, plus de 200 combattants de l’EIS auraient été regroupés à la frontière entre le Bénin et le Niger pour préparer cette attaque.
Le JNIM avait alors présenté l'élimination de Sadou comme une opération visant à empêcher cette offensive.
Les combats de Darkoye et Bangao montrent que cette rivalité se poursuit.
Une situation déjà observée par i-Sahel
Ces nouveaux affrontements interviennent également quelques jours après une étude publiée par i-Sahel sur l’activité de l’EIS au Sahel.
L’analyse de 30 numéros d’Al-Naba, la revue de propagande de l’État islamique, avait montré une particularité du Burkina Faso : les attaques revendiquées par l’EIS contre les forces régulières burkinabè étaient rares, alors que les affrontements avec le JNIM apparaissaient régulièrement.
Cette situation avait notamment alimenté des accusations du JNIM et des rumeurs faisant état d’un éventuel accord tacite entre l’EIS et les autorités burkinabè.
L’étude d’i-Sahel concluait cependant qu’il n’était pas possible, sur la base des éléments disponibles, de confirmer ou d’écarter l’existence d’un tel accord.
Les affrontements de Bangao apportent un nouvel exemple de la confrontation directe entre les deux groupes, sans permettre à eux seuls de tirer d’autres conclusions.
Une mort qui pourrait compter
Si l’identité du cadre tué et son importance au sein de l’EIS sont confirmées, sa disparition pourrait avoir des conséquences sur l’organisation du groupe au Burkina Faso.
Pour l’heure, plusieurs éléments sont établis : le JNIM revendique trois morts dans les rangs de l’EIS, dont un chef surnommé Abou Sayyid ; une vidéo fait circuler le nom d’Abou Zeid ; une source évoque Abou Sidi, présenté comme le successeur de Sadou Tongomayel.
En revanche, le statut d’émir de l’EIS au Burkina Faso n’est pas confirmé.
i-Sahel poursuit ses vérifications et reviendra prochainement sur cette guerre entre le JNIM et l’EIS avec des éléments exclusifs.
i-sahel




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