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Burkina Faso : « Si quelqu'un merde, je vais le mater », menace le capitaine Traoré

En déplacement dans la région du Yaadga, le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a prononcé un discours marqué par de vives attaques contre l'imam Mohamed Ishaq Kindo, une mise au point sur son accession au pouvoir et un avertissement sans détour à l'adresse de ses collaborateurs. Le chef de l'État a réaffirmé qu'il n'existait, selon lui, « ni numéro 1, ni numéro 2 » au sein de la transition.




Le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a tenu un discours particulièrement offensif lors de son déplacement dans la région du Yaadga. Revenant sur plusieurs sujets d'actualité, il a défendu la gestion de l'affaire de l'imam Mohamed Ishaq Kindo, rejeté toute comparaison entre son arrivée au pouvoir et les événements de 1987, avant d'adresser un avertissement direct à toute personne qui s'écarterait de la ligne qu'il dit avoir fixée.


Évoquant l'imam Mohamed Ishaq Kindo, arrêté en mai dernier, Ibrahim Traoré a affirmé que celui-ci avait effectué une sortie publique « fracassante » au cours de laquelle il l'aurait traité de « pala ». Selon le président, le religieux « a lu la loi, il l'a comprise », mais aurait volontairement laissé croire que le gouvernement interdisait la prière dans les services publics. « On peut prier dans son bureau, sur son tapis, dehors. Rien n'interdit cela », a-t-il soutenu, expliquant que les dispositions contestées concernent uniquement les occupations de la voie publique nécessitant une autorisation préalable.


Le chef de l'État burkinabè a qualifié l'imam de « foncièrement mauvais » et de « foncièrement malhonnête », l'accusant d'avoir cherché à « manipuler les écervelés qui vont le suivre ». Il a également rappelé que Mohamed Ishaq Kindo aurait créé une « police islamique » en 2019 et estimé que les autorités de l'époque n'avaient pas osé y mettre fin.


Selon Ibrahim Traoré, l'arrestation de l'imam a ensuite donné lieu à une campagne de soutien sur les réseaux sociaux menée par des étudiants se réclamant des « Rouges Vifs » et d'autres sympathisants. Il a également évoqué ce qu'il présente comme un « plan » impliquant une personne désignée sous le prénom de « Daniel » ainsi qu'une possible implication des syndicats. « Celui qui cherche ses problèmes, il aura ses problèmes », a-t-il lancé.


Le président a ensuite répondu à ceux qui établissent des parallèles entre sa prise de pouvoir et les événements de 1987, citant Blaise Compaoré et Thomas Sankara. « Le contexte que nous vivons, ce n'est pas le contexte de 1987 », a-t-il déclaré, affirmant qu'il n'avait pas été porté au pouvoir par un tiers. « Quand j'ai quitté avec mes hommes, j'étais en tête. Il n'y avait pas un seul soldat devant moi », a-t-il assuré, ajoutant qu'il se trouvait « à moins de 100 mètres » lorsque « la 14,5 a tourné ».


Rejetant toute idée de hiérarchie parallèle au sein de la transition, Ibrahim Traoré a affirmé : « Il n'y a ni numéro 1, ni numéro 2, ni numéro combien. Il n'y a pas de numéro 2. Il n'y a pas deux capitaines dans un bateau. »


Le dirigeant burkinabè a enfin adressé une mise en garde à son entourage. Après avoir rappelé que « tous ceux qui travaillent avec moi connaissent ma ligne de conduite » et qu'ils « suivent la mission », il a conclu par une formule sans ambiguïté : « C'est pour ça qu'on est là. Et si quelqu'un merde, je vais le mater. Sans état d'âme. »


i-sahel

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