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De la tension à l'accord : comment Bulock a débloqué le dossier frontalier Sénégal-Gambie

Deux semainre après un incident militaire qui avait tendu les relations entre Dakar et Banjul, le Secrétariat permanent sénégalo-gambien annonce un accord définitif sur la délimitation de la frontière commune. Retour sur une séquence qui, de la crise à la résolution, illustre la mécanique

diplomatique bilatérale entre les deux pays.




Le 16 juillet 2026, un incident survenu au poste militaire frontalier de Bulock, dans la région de West Coast en Gambie, avait ravivé les tensions entre Dakar et Banjul.


Selon un communiqué du gouvernement gambien publié à l'époque, une partie de la clôture délimitant une installation militaire des Forces armées gambiennes avait été démolie « sans consultation préalable » par des éléments des Forces armées sénégalaises. Banjul avait qualifié l'action de « provocatrice et totalement inacceptable ».


Deux semaines plus tard, c'est un tout autre message que délivre le Secrétariat permanent sénégalo-gambien : un accord définitif a été conclu pour une délimitation claire et consensuelle de la frontière entre les deux pays, selon un communiqué diffusé jeudi.


Un différend ancien, révélé au grand jour par Bulock


Au lendemain de l'incident, le gouvernement sénégalais avait apporté des précisions sur son contexte, rappelant que la zone concernée faisait depuis plusieurs années l'objet de discussions entre les autorités compétentes des deux États. Dakar évoquait alors des « empiètements » affectant son intégrité territoriale, ainsi que des installations et activités jugées incompatibles avec une gestion concertée de la frontière, tout en précisant que les échanges engagés jusque-là n'avaient pas permis d'aboutir à un règlement définitif des questions frontalières en suspens.


De son côté, Banjul avait insisté sur son attachement aux relations historiques entre les deux pays, fondées sur la coopération en matière de défense, de sécurité, de commerce et de gestion des frontières, tout en appelant les autorités sénégalaises à traiter toute question frontalière exclusivement par les mécanismes bilatéraux prévus, notamment le Comité militaire conjoint.


Deux mois de responsabilité partagée


Il faut noter que dès les premières heures de la crise, les deux gouvernements avaient choisi une ligne commune, celle de la retenue et du dialogue. Les autorités gambiennes avaient salué le « professionnalisme et la retenue » de leurs propres forces sur le terrain, tandis que Dakar réaffirmait son attachement au règlement pacifique de la situation par le dialogue et les mécanismes bilatéraux existants.


Les deux pays avaient conjointement appelé leurs populations à éviter toute spéculation et à laisser les cadres diplomatiques et militaires compétents poursuivre leurs travaux dans un esprit de responsabilité et de respect mutuel.


Un accord porté par les commissions nationales des frontières


C'est dans la continuité de cet engagement que s'inscrit l'accord annoncé fin juillet. Selon le Secrétariat permanent sénégalo-gambien, ce dénouement a été rendu possible conformément aux instructions des chefs d'État des deux pays, qui ont privilégié le dialogue, la concertation et l'esprit de fraternité.


Le Secrétariat a adressé ses félicitations à Alieu Njie, président de la Commission nationale des frontières de la République de Gambie, ainsi qu'au général de division Cheikh M. L. B. Camara, président de la Commission nationale de gestion des frontières de la République du Sénégal, pour les efforts ayant permis l'aboutissement de cet accord, les deux mêmes institutions déjà mobilisées, un mois plus tôt, pour gérer les suites de l'incident de Bulock.


Reprise des travaux le 15 août 2026


Concrètement, les activités conjointes de réaffirmation et de densification de la frontière sud reprendront à compter du 15 août 2026, sur le tronçon reliant Touba Tranquil–Dar Salam à Saré Yoro Guèye–Jahanka, précise le communiqué.


Si le lien de causalité entre l'incident de Bulock et la conclusion de cet accord n'est pas explicitement établi par les communiqués officiels, la chronologie, deux semaines à peine sépare la crise de sa résolution, et la continuité des acteurs impliqués suggèrent que l'épisode a pu agir comme un catalyseur, poussant les deux parties à accélérer un processus de délimitation frontalière en discussion depuis plusieurs années.


i-sahel

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