La grâce accordée à un Français facilitée par un « pays frère », selon Bamako
- Infos du Sahel

- il y a 3 jours
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Le Gouvernement de la Transition malien a mis en avant, ce jeudi, le rôle joué par un « pays frère » dans l'obtention de la grâce présidentielle accordée à Yann Christian Bernard Vezilier, ressortissant français condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté extérieure de l'État.

Dans un communiqué du ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du Gouvernement, Bamako indique avoir voulu « saisir cette occasion pour saluer un pays frère dont les bons offices, exercés avec discrétion et dans le respect scrupuleux de la souveraineté du Mali, ont contribué à l'obtention de cette grâce ».
Le communiqué ne nomme pas ce pays.
Selon le texte, le président de la Transition, le général d'armée Assimi Goïta, a accordé cette grâce par décret daté du 13 août 2026, mesure assortie de l'éloignement immédiat de l'intéressé du territoire malien. Le Gouvernement précise que cette clémence « ne remet pas en cause les faits établis » lors du procès de M. Vezilier, décrit comme « contradictoire » et respectueux des « droits de la défense ».
Les circonstances de l'arrestation non détaillées par Bamako
Le communiqué du Gouvernement de la Transition ne précise ni la date, ni le lieu, ni les circonstances de l'arrestation de M. Vezilier, ni les faits précis ayant motivé sa condamnation pour « atteinte à la sûreté extérieure de l'État ».
Cette annonce intervient dans un contexte de relations diplomatiques dégradées entre la France et le Mali depuis plusieurs années, marqué notamment par le retrait des troupes françaises de l'opération Barkhane en 2022, la suspension des médias français RFI et France 24, puis de TF1 et LCI, ainsi que par le rapprochement de Bamako avec Moscou dans le domaine militaire.
Relations tendues entre Paris et Bamako
Les autorités de transition maliennes ont, à plusieurs reprises, accusé la France d'ingérence dans les affaires intérieures du pays, tandis que Paris a critiqué la gestion sécuritaire de la junte malienne face à l'insurrection jihadiste.
Le communiqué présente la grâce accordée à M. Vezilier comme une nouvelle illustration de l'attachement du chef de l'État malien « à la paix et au dialogue », insistant sur le rôle de médiation discrète évoqué à l'égard du pays tiers impliqué, sans en préciser davantage la nature ni les modalités.
Le texte rappelle par ailleurs que la justice malienne « poursuit son rôle » dans l'ensemble des procédures en cours, dans le strict respect de l'État de droit.
Le communiqué, signé par le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, ne précise ni l'identité du « pays frère » évoqué, ni la nature exacte de son intervention.
Cette annonce intervient le même jour que celle de la libération de 82 militaires des Forces armées maliennes (FAMa), retenus en otage depuis le 25 avril 2026 par des groupes armés affiliés à la coalition JNIM/FLA.
L'État-major général des Armées avait indiqué, plus tôt dans la journée, que ces militaires étaient désormais en sécurité et pris en charge par les services compétents, présentant leur libération comme l'aboutissement d'un processus engagé dès leur capture. Le Front de libération de l'Azawad (FLA) avait de son côté confirmé cette libération, la qualifiant de geste « strictement humanitaire ».
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