Mali : 300 combattants du MSA rejoignent l'armée, retour sur un mouvement pas comme les autres
- Infos du Sahel

- 5 août
- 4 min de lecture
Le MSA, mouvement touareg né en 2016, voit 300 de ses anciens combattants rejoindre les FAMa. L'occasion de retracer son parcours, celui du GATIA, et le nouveau cadre de paix qui les distingue nettement du FLA.

Trois cents anciens combattants du Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA) ont terminé leur formation militaire et s'apprêtent à intégrer les Forces armées maliennes (FAMa), selon un communiqué du gouvernement. Cette annonce s'inscrit dans une série de cérémonies similaires organisées ces derniers mois, avec des mouvements aux parcours très différents.
Plusieurs promotions en quelques mois
Ce n'est pas un cas isolé. Le 4 août 2026, à Tombouctou, 394 recrues sont sorties du Centre de mise en condition opérationnelle après six mois de formation, selon Malijet. Le même jour, à Soufouroulaye, dans la région de Mopti, 254 autres recrues ont terminé leur parcours : 87 anciens éléments de Dan Na Ambassagou, 30 Dozos et 137 ex-combattants de mouvements peuls, précisent Malijet et NetAfrique.net, des profils du centre du Mali, très différents de ceux du MSA, mouvement touareg implanté dans le Nord.
Ce programme, appelé DDRI (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Intégration), a été officiellement lancé le 20 novembre 2025 à Ménaka, avec une forte mobilisation des combattants du MSA dès ce jour-là, selon le site Africa Scoop.
Dès février 2025, l'armée annonçait, d'après Maliweb, un objectif de 2 000 ex-combattants à intégrer dans l'année, issus notamment du GATIA, du MAA et d'autres groupes proches du pouvoir. Une phase spécifique à Gao visait 512 combattants de la région, selon Bamada.net. Au total, 1 617 anciens combattants auraient rejoint les FAMa en 2025, selon un décompte relayé par Seneweb.
Le MSA, né d'une rupture avec le MNLA
Le MSA a été créé le 2 septembre 2016, près de Ménaka, par des combattants qui ont quitté le MNLA et la CMA, selon les explications données à l'époque par ses fondateurs à Jeune Afrique. Ses deux figures fondatrices sont Moussa Ag Acharatoumane, ancien porte-parole du MNLA, et Assalat Ag Habi, ancien colonel de l'armée malienne. Le mouvement rassemble surtout deux communautés touarègues de la région de Ménaka, les Daoussahak et les Chamanamas.
Contrairement au MNLA, le MSA a très vite choisi de combattre les groupes jihadistes plutôt que de réclamer l'indépendance du Nord, une évolution documentée par le site de cartographie des groupes armés du Conseil européen sur les relations internationales (ECFR). Dès 2017, il s'est allié au GATIA pour sécuriser Ménaka. Son chef, Moussa Ag Acharatoumane, siège aujourd'hui au Conseil national de transition, faisant office d'Assemblée nationale. En mai 2026, il avait qualifié les attaques coordonnées du 25 avril 2026, menées par la coalition JNIM/FLA, de tentative de déstabilisation, saluant la réaction des FAMa, selon des propos rapportés par Bamada.net.
Le GATIA, une milice née après la défaite de Kidal
Le GATIA a été fondé le 14 août 2014, peu après la défaite de l'armée malienne à Kidal face au MNLA et à ses alliés, selon un récit détaillé publié par Jeune Afrique en 2015. Son fondateur est le général El Hadj Ag Gamou, officier de l'armée malienne issu de la communauté touarègue imghad. Après la reprise de Kidal par l'armée il a été nommé gouverneur par Bamako jusqu'à la reconquête de la ville nordiste le 25 avril dernier par les rebelles et le JNIM. Dès sa création, le mouvement s'est présenté comme loyaliste, favorable au gouvernement et opposé à toute indépendance du Nord, comme le rappelle également le site West Africa Maps.
De 2014 à 2017, le GATIA a combattu la CMA à plusieurs reprises, notamment à Anéfis et à Kidal, avant qu'un accord de paix ne mette fin à ces affrontements en 2017, selon la cartographie de l'ECFR. Il reste aujourd'hui présent à Ménaka et a étendu ses activités vers le Gourma, au sud de Tombouctou, toujours selon cette même source.
La fin de l'accord d'Alger et le nouveau dialogue malien
Cette intégration de combattants s'inscrit dans un changement plus large. L'accord de paix signé à Alger en 2015 entre Bamako et les groupes armés du Nord a été déclaré caduc par les autorités de transition le 25 janvier 2024, comme l'ont rapporté France 24 et Jeune Afrique. Les décrets qui l'organisaient ont été officiellement abrogés le 27 mars 2024, selon Jeune Afrique.
Le même jour, un décret du président Assimi Goïta a créé un comité chargé d'organiser un « dialogue inter-malien », présenté comme une solution purement malienne, sans médiation étrangère, toujours selon Jeune Afrique. Après plusieurs mois de consultations, une Charte nationale pour la paix et la réconciliation a été remise au chef de l'État le 23 juillet 2025. Ce jour-là, Assimi Goïta a rejeté une offre de médiation du président algérien, estimant que les accords précédents avaient tous échoué, d'après un compte rendu diffusé par allAfrica.
Une différence importante avec le FLA
Le MSA et le GATIA viennent tous deux de la mouvance touarègue née des rébellions de 2012. Mais ils n'ont rien à voir avec le Front de libération de l'Azawad (FLA), un mouvement plus récent qui, allié au JNIM, mène depuis le 25 avril 2026 des attaques contre les FAMa, l'Africa Corps et les pays de l'Alliance des États du Sahel, comme le confirment les déclarations de Moussa Ag Acharatoumane rapportées par Bamada.net.
Pendant que le FLA reste en guerre contre Bamako, le MSA et le GATIA font partie des mouvements dont d'anciens combattants rejoignent aujourd'hui l'armée malienne.
Ce qui reste à préciser. Le communiqué gouvernemental ne dit pas où seront affectés les 300 combattants du MSA, ni la durée exacte de leur formation. Le nombre précis de combattants du GATIA déjà intégrés dans les promotions précédentes n'a pas non plus été communiqué.
i-sahel




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